Faites vos jeux, rien ne va plus !

Publié le par DAN

  Le casino Marie Christine (A-1 sur plan) doit son nom à la reine d'Espagne, exilée en France, qui passait ses étés au Havre où elle avait fait construire, en 1859,  une villa appelée «mon désir» qui sera transformée en Hôtel en 1878 .

Revendu à un casinotier, le nouveau propriétaire fait construire un premier casino en 1882 au bas du parc de l'hôtel. Le boulevard maritime n'étant pas terminé (il ne le sera qu'en 1888), c'est à l'aide d'une planche de 36 mètres de long que l'on accédait à la plage.

En 1910, un nouveau casino sort de terre construit par Gustave Rives, l'architecte parisien au service de Dufayel, concepteur du Nice Havrais. Pendant le premier conflit mondial le casino servira d'hôpital militaire.

Le 15 septembre 1940, lors d'une réception donnée par les allemands, il sera bombardé faisant plusieurs victimes.

Puis à la libération il est de nouveau bombardé. Il sera en partie restauré, et rouvrira ses portes en 1946. Mais les dommages de guerre ne sont pas versé, et les difficultés financière sont préoccupantes, aussi ferme-t-il ses portes le 21 juin 1960, entrainant sa démolition.

Ce casino cher aux personnes l'ayant connu (j'en fait partie) fera place à un immeuble appelé «le ponant». Beaucoup de cartes postales ont été éditées à son sujet, je vous invite à regarder l'album photos en page d'accueil, où j'en publie quelques - unes, plus celles, notamment de l'intérieur,  que nous a confiées un lecteur (B58), que je remercie vivement ici.

J'ai "reconstruit" ce casino à la place qu'il occupait, et fait une superposition qui met en lumière le gâchis qu'a représenté sa démolition, car, aujourd'hui, ce casino aurait pu s'appeler :  

"PASINO" ! *

*l'actuel casino, situé dans l'ancien bâtiment de la bourse, porte ce nom issu de la contraction du nom du propriétaire "Partouche" et du mot "Casino".

 


casino (2)Le casino Marie-Christine au temps de sa splendeur. (coll DAN)



casino (3)Le même endroit en 2010. (photo DAN)



casino (5)Le premier casino au du XXe siècle. (coll DAN)



casino (4)Pendant la guerre 14-18, le casino servit d'hôpital. (coll DAN)

 


casino (construction)La construction du casino en 1909-1910. (coll DAN)



modèle (2) surimpression phase 1Le casino dans les années 1950. (coll DAN)



modèle surimpression phase 1A la place du casino aujourd'hui . (photo DAN)

 


fusion 4 recadré à 50%Une superposition des deux photos. (photo montage DAN)



surimpression phase 1Reconstitution du casino dans son emplacement d'origine. (photo montage DAN)


 

papier à entête du casino Papier à lettre du casino. (coll B58)


 

ordre de fermeture du casino 2 septembre 1939L'ordre de fermeture des salles de jeux. 2 septembre 1939. (coll B58)

 

 

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Merci de votre visite . 



 

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B58 09/05/2012 14:06


Bonjour, voici de nouveaux objets provenant du casino que je viens d'arriver à identifier, ceux-ci ont la particularité d'être des accessoires du théâtre pour l'opéra "Monsieur de la Palisse" de
Claude Terrasse.


Monsieur de La Palisse


Opéra-bouffe en 3 actes


Livret de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet


Représenté pour la première fois à Paris, sur le théâtre de Variétés le 2 novembre 1904


RÉSUMÉ


« C’est le petit-fils de l’ancêtre populaire qui nous est ici présenté sous les traits du baron Placide ; il
professe que les femmes ne servent qu’à compliquer l’existence. Aussi assurera-t-il sa tranquillité en épousant la veuve Héloïse de la Verdure, laide et de tout repos ; Or, voici qu’à la veille
du mariage survient son frivole cousin, le comte Bertrand, accompagné de Dorette, sa maîtresse, et chargé d’une grave mission au congrès de Séville. Mais une entorse à cloué celui-ci au logis.
Pour sauver l’honneur du nom, le baron remplacera le comte, d’autant qu’Héloïse a révélé une incandescence troublante. Il part avec Dorette. À Séville, alors que Dorette flirte avec le gouverneur
Diégo, il s’enflamme pour Inésita. La nièce délurée du magistrat. L’inclination de La Palisse pour Inésita a bouleversé ses théories platoniques », et, après le succès de la mission diplomatique,
l’action se dénoue après mille péripéties dans une auberge sur la frontière franco - espagnole où tous les personnages se retrouvent.


AIRS CÉLÈBRES


2. Chanson de la Verdrillon


5. Chanson de Monsieur le La Palisse


8. La Valise diplomatique


9. Couplets d’Inésita, « Avant-hier, près d’Ia Plaza »


10. Chanson des châteaux en Espagne [VALSE]


12. Duo du tambour


Personnages :


Baron placide De la Palisse ;
Don Diego ;
Comte bertrand De la Palisse ;
Dominguez ;
Pepito ;
Augustin ;
Saltabadil ;
Lopez ;
Un douanier ;
Beni Zouzou ;
Inesita ;
Dorette ;
Heloise De la Verdure ;
Augustine ;
Francoise ;
Lola ;
Biscotin ;
Zephyrine ;
Biscotine ;
Mathurine ;
Zephyrin ;
Mathurin ;
Premier postillon ;
Deuxieme postillon


 








 Cet opéra a été représenté au casino en 1932, la coïncidence fait que le seul article concernant une représentation du casino que j'ai trouvé au archives du Havre est justement celui sur
Monsieur de la Palisse. On peut même être plus précis dans la date puisque la première représentation comme cela est indiqué à la fin de l'article a eu lieu alors que le président venait de se
faire assassiner. Il s'agit ici de Paul Doumer, assassiné le 6 mai 1932, donc il y a 80 jour pour jour. Une autre coincidence fait que Monsieur Doumer, de 1925 à 1932, est venu s'installé dans la
Nièvre à Cosne sur Loire et donc cela fait qu'il était tout comme moi, un cosnois. D'ailleurs, il y a quelques jours justement tout le monde parlait de cela chez nous. Comme quoi, le monde est
vraiment petit parfois.



DAN 09/05/2012 15:29



Bonjour B58. Cet opéra bouffe est en effet très connu, tout du moins pour des gens de ma génération, car pour les jeunes c'est moins sûr. Voila des représentations comme n'en fait plus hormis
peut être au théâtre de l'hôtel de ville et encore.
Pour Paul Doumer j'ignorais qu'il habitait Cosne sur Loire dans les derniers temps de sa vie, en effet tout ceci font des coïncidences, j'en ajouterai une autre, c'est aussi à Cosne sur Loire que
j'ai réalisé mon dernier documentaire, dans l’usine Henkel, fabriquant des mastics (entre-autres) pour automobile.
En tous cas voila une représentation d'opéra bouffe auquel j'aurais bien voulu assister, dans le casino bien entendu !


Bonne fin de journée B58 et encore merci pour vos documents !



B58 19/04/2012 12:21


Re-bonjour, voici une petite digression mais très utile pour comprendre les évènements qui ont conduit à la démolition du casino. En effet, j'ai souvent évoqué le fait que c'est la réussite de la
reconstruction du casino d'Etretat qui a poussé à envisager la construction d'un nouveau casino au Havre. Voici donc l'histoire de cette reconstruction elle aussi mouvementée.


Pour commencer, voici une photo du casino d'Etretat prise dans les années 1930. Ce casino moins majestueux que le Marie-Christine venait d'être réaménagé de la même manière que celui du Havre
avant que la guerre ne se déclare, c'est à dire avec salle de boule et de baccara, restaurant, dancing, salle de spectacle, ...





 


En 1942, les soldats de l'armée allemande décident de renforcer la défense des côtes françaises. Pour se faire, à Étretat, ils entreprennent la démolition des bâtiments du front de mer. L'hôtel
de la Roche Blanche est dynamité, quant au casino, toute la partie avant, constituée des grandes verrières ainsi que l'entrée principale sont démolies. A la Libération, le bâtiment est en piteux
état. Les fenêtres ont été murées, les installations sont hors d'usage, il ne reste que l'arrière du bâtiment en ruine. Il faudra du temps et beaucoup d'argent pour remettre le tout en
fonctionnement. Pour ajouter au malheur, le casino Marie-Christine du Havre, établissement fonctionnant de pair avec le casino d'Étretat ainsi que les clubs des tennis d'Étretat ont eux aussi été
très endommagés. Or les dommages de guerre dû par l'administration ne sont pas délivrés, ni même les autorisations de reconstruire. Le directeur doit prendre un choix difficile pour définir les
priorités de reconstruction. Début 1946, le couperet tombe, le casino du Havre sera le premier à être reconstruit, étant l'un des plus grands établissements de la côte normande, son directeur
compte sur une remise en état rapide pour pouvoir financer celle d'Étretat. Malheureusement, alors que les réparations débutent en mars 1946 au Havre, aucune nouvelle des dommages de guerre. Le
directeur est alors obligé d'emprunter un million de francs pour débuter les travaux. Cela retardera d'autant plus la reconstruction d'Étretat. En 1948, tandis que les travaux sont sur la bonne
voie au Havre, la reconstruction d'Étretat est envisagée, la petite station balnéaire n'ayant toujours pas de casino. En février 1948, un dossier est établi pour permettre de terminer la
reconstruction du casino et des bains au Havre ainsi que pour débuter celle d'Étretat.





 


Tragédie, le dossier est accepté pour Étretat mais pas pour le Havre. De plus, dans ce contexte, aucune réelle reconstruction ne peut avoir lieu à Étretat, les dommages de guerre étant versés au
compte goutte. Les ruines du premier casino restent alors en l'état et un casino provisoire est aménagé dans une cabane en bois construite sur la terrasse à l'emplacement des l'ancienne entrée.


Comme on peut le voir sur les cartes postales ci-dessous, les nouveaux locaux du casino sont très rudimentaires dans la petite baraque.





Voici ensuite, l'une des première
affiche du casino réouvert, deux ans et douze jours après le casino du Havre. 





 


Le temps passe, en 1954, un nouveau dossier est mis sur pied pour le Havre et Étretat, où un projet d'envergure est établi par les architectes Mauge et Verdoïa. Toute la partie restante de
l'ancien casino serait ainsi démolie. Sur les sous-sols préservés, le cinéma, les salles de jeux seraient reconstruites à neuf dans le nouveau style balnéaire d'après guerre. En mai 1955, la
décision du ministère est connue, les travaux peuvent commencer. Au grand damne du directeur, le dossier pour le Havre traînera dans les couloirs de l'administration alors que celui d'Étretat est
accepté. En octobre, la première tranche de travaux est terminée et l'ancienne salle de boule est démolie. Le nouveau casino sera reconstruit sur le modèle du Marie-Christine avant guerre avec
salle de boule et de baccara, cabaret, salle de cinéma, dancing, ... L'inauguration aura lieu lors de la saison 1956. Au fur et à mesure que le casino d'Étretat reprenait vie, le casino du Havre
sombrait peu à peu. C'est le fait qu'une reconstruction totale à neuf ait été facilitée par les services du ministère qui a poussé le directeur à envisager pour la première fois la démolition du
Marie-Christine devenu inadapté en raison de l'absence de salle de spectacle et la reconstruction d'un nouveau casino vers la Porte Océane.


Voici deux lettres où l'on peut suivre les étapes de la reconstruction à Etretat.








Enfin, voici un article du 27 mars 1956 avec en titre l'inauguration du nouveau casino d'Etretat.





Et pour terminer deux vues du projet final dont une provenant d'une affiche.






DAN 19/04/2012 12:39



Re-bonjour B58. Je ne soupçonnais pas que ces deux casinos étaient aussi étroitement liés dans leur histoire. Là je dois bien dire que j'apprends complètement celle du casino d'Etretat, ou, à
part vous même qui m'en avez parlé, je n'ai jamais cherché à en savoir plus, étant décidé à ne me consacré qu'au Havre où la tâche est déjà ardue. Mais c'est un tort car si l'on veut comprendre
l'un, il faut aussi comprendre l'autre puisque cela a des répercussions sur les deux. Mais là franchement celui du Havre n'a pas eut de chance avec les dommages de guerre.
En tous cas merci B58 pour ces précisions et pour ces belles illustrations ! !
bonne journée !



B58 12/03/2012 23:24


Bonsoir, voici les différentes étapes de construction du premier casino Marie-Christine. Le premier bâtiment a été construit en 1882, il n'était composé que d'un bâtiment avec à droite la partie
consacrée au théâtre et à gauche, les salons et les jeux. Le casino a été construit à part de l'hôtel en contrebas de la propriété. Son entrée se faisait au départ par la Rue des Brindes.
L'explication de cet isolement est que dès 1882, le projet de boulevard maritime a été établi. Ainsi, le casino à l'emplacement où il a été construit a été prévu pour se trouver au final le long
du boulevard. Cette position peu avantageuse au départ se transformera pas la suite en un réel avantage. A la même époque, les bains Marie-Christine sont créés mais, rien à voir avec
l'établissement qui naîtra plus tard sur la plage, les cabanes étaient alignées sur la terrasse du casino mais à l'intérieur de la propriété.





 En 1889, les bains Marie-Christine, sous la forme qu'ils auront jusqu'en 1960 sont installés sur la plage.





Les installations ne bougerons pas jusqu'en 1893. L'explication est assez simple, le casino étant isolé, jusqu'en 1888, date de mise en service du boulevard, ce n'est qu'à partir de cette époque,
qu'il commence à faire de gros bénéfices et à attirer les foules. Durant l'entre saison 1893-1894, de gros travaux sont entrepris pour agrandir le casino avec en outer quelques transformation sur
le bâtiment de base pour la partie réservé au théâtre et ses dépendances. Sur la terrasse côté boulevard, notamment, est créé un bâtiment qui sera destiné à accueillir les jeux. Ce petit bâtiment
était au départ séparé du bâtiment primitif. De plus, un restaurant est créé dans le coin de la propriété mais contrairement au reste de l'établissement, il sera construit en briques. Vers le
restaurant, sera construit un kiosque destiné pour les auditions musicales.





Entre 1894 et 1895 de nouveaux travaux sont réalisés sur la salle de spectacle, le restaurant est agrandi par une salle avec vue panoramique sur la mer.





 Pour remplacer le kiosque, une rotonde est ajoutée au bâtiment primitif le long du couloir qui longe la salle de théâtre, à l'étage, elle servira de salon de conversation et de lecture avec
sa vue sur la mer.











 Dans le même temps, la salle des petits chevaux est encore agrandie, elle le sera également en 1900 et sera ainsi rattaché au bâtiment de base. Ainsi, à partir de 1900, on a enfin le casino
tel qu'il est sur les différentes cartes postales qui ont pu être faites à son sujet.



DAN 13/03/2012 07:56



Bonjour B58
voilà un rappel historique du premier casino qui est le bienvenu, car j'ai peu traité ce sujet dans cet article, concentrant mon intention sur le suivant. Pour l'amateur de cartes postales que je
suis, celles ayant pour sujet ce premier casino auront dorénavant un regard plus attentif de ma part car j'y rechercherai les détails dont vous nous faites part ici.
Ce bâtiment est aussi symbolique de ce que deviendra le bord de mer avec la construction du boulevard maritime qui deviendra le boulevard Albert 1er.
Merci pour toutes ces précisions qui seront appréciées des lecteurs n'en doutons pas.
Bonne journée B58 !  



B58 23/01/2012 23:27


Bonsoir, pour une fois pas de casino à l'horizon, mais juste une remarque.  2012 est une année à paquebot. Ces paquebots, si chers au Havre, mélant à la fois des moments joyeux mais
aussi de nombreuses tragédies. Au niveau international, malheureusement, cela peut encore se constater avec le naufrage du Concordia. Mais 2012 est aussi la date du centenaire du naufrage du
Titanic. A un niveau plus havrais, cette année marque aussi l'anniversaire de plusieurs grands évènements de la CGT. Dans l'ordre, on a d'abord les 50 ans du voyage inaugural du France (19
janvier 1962). Puis il y a 70 ans, le 9 février 1942, le Havre est en deuil après avoir perdu son "prince", le Normandie. Enfin pour terminer sur une note plus gaie, il y a 85 ans, le 22 juin
1927, c'était le voayge inaugural de l'Ile de France qui est l'un des transatlantiques à la carrière la plus longue et avec le plus de rebondissements. Mais peut être que je prend un peu d'avance
et qu'il y a quelques reportages en perspective ?

DAN 24/01/2012 00:14



Bonsoir B58. En effet vous prenez un peu d'avance car avec mon ami et complice Nicéphore nous préparons le première venue au Havre du Paquebot France , avec des photos inédites. (mais l'article
n'est pas encore terminé)
Quant au Normandie viens de sortir en fin d'année 2011 l'excellent livre de Max Bengtsson intitulé :
"LE HAVRE La fabuleuse histoire de la Transat" ( aux imprimerie SNAG ) dans lequel l'Histoire du Normandie est relatée, donc inutile de faire un e
"redite".
Pour le centenaire du naufrage du Titanic, il y a d'autres blogs plus consacrés à la marine qui pourraient en faire un article, à eux de prendre le relais.
Pour le Concordia il y a plusieurs blogs qui en ont déjà parlé, j'ai d'ailleurs eu les meilleures informations de ce naufrage grâce à eux.
Quant au paquebot Ile de France, là vous me donnez des idées, mais sachez que j'ai une petite cinquantaine d'articles "sous le coude", et qu'un article demande parfois plusieurs semaines de
recherche, (sans compter sur la restauration de certaines photos qui, sans cela, seraient complètement illisibles) car mon ami nicéphore étant encore en activité je suis seul à faire ce blog.
Sans compter également les très nombreuses demandes de renseignements venant aussi bien des lecteurs que des universitaires et, depuis peu, d'autres historiens.
Alors cela fait beaucoup de travail pour un retraité comme moi, surtout si l'on y ajoute ma rubrique hebdomadaire dans le journal local "Le Havre-Infos ".
Et à propos de renseignements, il y a mon excellent ami Marc Georges, grand spécialiste du cinéma au Havre, qui vas vous contacter (ou l'a peut être déjà fait) à propos du casino et des séances
de cinéma qu'on a pu y donner à l'intérieur., vous pouvez lui réserver le meilleur accueil car c'est un homme très sympa et très sérieux puisqu'il a travaillé avec des scénaristes et des
cinéastes très connus.
Bref, comme vous le voyez, une retraite bien remplie.
Bonne journée B58 



B58 22/01/2012 23:46


Cela va durer jusqu'en janvier 1930. A ce moment et bien qu'ayant réalisé un bénéfice de 20.000 Frs, il va s'installer comme commissaire-priseur au 22 Rue Pierre Corneille à Rouen.





Il profitera de son expérience acquise en droit des sociétés lors de sa vie pour devenir conseil dans ce domaine auprès de nombreuses sociétés.


A la même époque, la société du casino du Havre dirigée par Madame Lafaye, veuve Bertrand et Monsieur Brachet connaît quelque soucis, tout comme l'hôtel Frascati à partir de 1932 et s'amplifiant
par la suite. La cause semble être qu'à partir de 1932, le Havre s'est doté d'une nouvelle gare, les horaires des trains transportant les passagers pour les transatlantiques à partir de ce moment
sont synchronisés avec le départ des paquebots. Le nombre des touristes, ... diminue donc, posant des problèmes aux établissements vivant de cela.


Soit, en 1934, les propriétaires de la société du casino ont décidé de vendre avant que la situation ne devienne trop critique et Marcel, ayant vu cela et fort de son expérience s'est alors porté
acquéreur.


Soit, l'hypothèse qui est la plus vraisemblable est que Madame Bertrand et Monsieur Brachet soient venus demander conseil à Marcel et que celui-ci leur ait fait une proposition d'achat. Se lancer
dans une affaire comme le casino du Havre n'ait pas chose aisée, mais ayant désormais une expérience du monde des affaires et du droit des sociétés ainsi qu'une expérience dans le tenue de salle
de jeux, cette affaire devenait alors tentante.


En tout cas, l'achat des parts du casino est effectué par acte sous seing privé en date à Paris du 5 mars 1934 et renouvelé par acte authentique le 14 mars 1934. A partir de là, il est devenu
propriétaire de 1345 parts de la société sur 1400. Il change le siège social de la société, de Paris pour le fixer au casino où il prévoit de venir s'installer. Il prend également les fonctions
de gérant de la société et de directeur-responsable du comité des jeux.








 


Le jour même de l'achat de ses parts, le 15 mars, il est déjà sollicité pour signer un avenant au cahier des charges. Ensuite, même s'il aurait aimé être le seul associé, les structures de
l'époque ne le permettant pas, il doit trouver un associé pour acheter les 55 parts de Monsieur Brachet. Il demande alors à son frère de lui trouver quelqu'un. Finalement, c'est Robert Tremblay,
marchand de biens habitant à Yvetot dans la même rue que son frère, qui va acheter les 55 parts le 22 mai 1934 par acte sous seing privé et le 14 juin 1934 par acte authentique. Marcel ne viendra
s'installer définitivement au casino que début décembre.

DAN 23/01/2012 09:40



Bonjour B58. Voici le parcours d'un homme entreprenant et plein de ressources. On suit sa progression professionnelle avec intérêt, car en effet, rien ne prédestinait Marcel Baudard à devenir le
directeur du casino.
On se rend compte que la vie des grands entrepreneurs est faite de risques pris à bon escient, ils n'hésitent pas à quitter une profession  qui aurait pu leur donner une vie agréable et à
l'abri du besoin.
Son parcours est parsemé d'activité diverses tout à fait surprenantes qui vont de l'agriculture au cercle des sports de Rouen. C'est tout à fait étonnant et ça pourrait faire  un scénario
qui ne le serait pas moins.
Bien sûr l'aventure du casino Marie Christine sera le point d'orgue de cette vie hors norme et c'est là, entre autres, qu'on regrette que ce casino ait fini de la manière que l'on sait.
Merci B58 pour toutes ces précisions matière indiscutable pour l'écriture d'un ouvrage.
Bonne journée et à bientôt B58 



B58 22/01/2012 23:37


Mon commentaire ayant été coupé, je continue.


 


Le 13 décembre 1884, est né à Rouen Marcel Anicet Clair Baudard. Il était le cadet d'une famille modeste, originairement des notaires installés à Evreux. Son père, Gustave Anicet Baudard, lui
même notaire était marié à Clarisse Léontine Huet. Sa soeur aînée, Léontine Gustavie était née en 1876 et avait épousé Louis Georges Sannier, commissaire-priseur à Elbeuf tandis que son frère
aîné, Gustave Léonce François, né en 1878, était devenu notaire en 1909 à Yvetot. Après ses études, Marcel est devenu commissaire-priseur lui aussi à Elbeuf au 85 Rue de la Barrière et demeurait
au numéro 81 de la même rue. Le 9 juillet 1921, à l'âge de 37 ans, il décide de partir pour Rouen et s'installe au 3 Rue de la Malanderie. Là, il va chercher à plusieurs affaire et à y associer
son frère, comme par exemple pour la vente du château de Saint Saëns. Ainsi, il va se trouver en contact avec Hippolyte Guignard et va arriver à Paris. Ce dernier va lui permettre de se lancer
dans un nouveau projet relatif aux dommages de guerre. En effet, suite aux accord de Wiesbaden du 31 juillet 1922, il a été créé par le ministère des régions libérées une charge de mandataire
pour les prestations en nature pour tous les départements atteints par les évènements de guerre. Cela est tentant, mais il faut d'une part créer une société et d'autre part trouver un associé.
N'étant pas spécialiste en droit des sociétés, assez peu répandu à l'époque il va chercher conseil auprès de son frère. Finalement, le 12 août, c'est Maître Rémond, notaire au Havre et ami de son
frère qui va trouver la solution après avoir interroger son principal clerc, spécialiste en droit des sociétés. La solution retenue sera la constitution d'une société en nom collectif. Les
statuts sont rédigés le 18 septembre et l'associé sera Monsieur Raymond Harel, ancien consul général et armateur. Pour exploiter la charge, Marcel a dû se porter caution de la société à
concurrence de 500.000 Frs. Le traitement des associés est de 1.000 Frs par mois. A côté, il continue de chercher des affaires florissantes pour y participer. Sa plus grosse affaire commence en
novembre 1922. Pour faire simple, cette affaire consiste en l'achat de 68.000 m² de terrain dans le 16ème Arrondissement. Il s'agissait de terrains dépendant du couvent de l'Assomption et dont le
prix était de 20.000.000 Frs. Pour réaliser l'opération, les associés devaient constituer une nouvelle société, l'acquisition devait se faire d'une part avec des capitaux propres et d'autre part
avec le concours « d'un groupe financier solide, très connu à Paris ». Une fois les terrains acquis, deux opérations étaient possible, ou revendre les terrains une fois viabilisés et
lotis, ou alors lotir les terrains, construire et les revendre ensuite. Dans la première possibilité, la moins rentable, les terrains seraient revendus 500 Frs le m² alors que le prix d'achat
était de 300 Frs le m². Le 20 décembre, Monsieur Harel a une option sur l'affaire et les plans sont mis au point.





 


Les courriers suivant ne font plus mention de rien, l'affaire se sera sans doute réalisée car sinon, dans les lettres de janvier, il en serait question. Les mois passe tout comme quelques petites
autres affaires de terrains. Courant 1923, Lucien Liogier, greffier de paix de Sotteville lès Rouen cherche pour le compte de la Compagnie du Soleil, compagnie d'assurance, une personne pour
devenir fondé de pouvoir de la société et s'occuper du secteur d'Yvetot. Marcel accepte en août. Dans le même temps, avec son frère et ses associés, il va dès octobre entamer le processus pour
acquérir une fabrique. Le 3 décembre 1923, la société Baudard et Harel est dissoute suite à l'arrivée à son terme du mandat. Jusqu'en 1928, Marcel va rester fondé de pouvoir pour la compagnie du
Soleil à Rouen au 80 de la rue aux ours.





Pendant cette période, il va en parallèle se lancer à grande échelle dans l'agriculture, chose commencée depuis longtemps et accrue à partir de 1922. Puis en octobre 1928, il va s'occuper du
cercle des sports de Rouen situé 10, Rue aux ours. A priori, ce serait également le cercle interallié.











 

DAN 23/01/2012 09:25



Bonjour B58, je vous répond dans le commentaire suivant...



B58 22/01/2012 23:30


Bonsoir, comme promis, il y a quelques temps, j'ai pu retracer en gros d'après quelques lettres le parcours qui a conduit Marcel Baudard à acheter le casino alors que rien ne le
prédestinait à cela. Au fur et à mesure de ces recherches, plusieurs constats assez amusants sont ressortis. D'une part, sa progression s'est faite un peu sur le même schéma que Dufayel, un
enchaînement de petits évènements qui mis bout à bout permettent d'aboutir à une meilleure situation. D'autre part et c'est ce qui est le plus cocasse, c'est que tout ce qui lui a permis
d'acquérir le casino (gestion des dommages de guerre, promoteur immobilier) et aussi ce qui le perdra. Mais trêve de bavardage voici l'histoire pourtant éloignée du Havre de ce que l'on pourrait
appeler "comment acheter le casino du Havre".


 

DAN 22/01/2012 23:40



Bonsoir B58. Voila un préambule plus qu'alléchant, les ingrédients et les acteurs sont en place alors que l'histoire commence, à bientôt B58



B58 11/01/2012 22:21








 


Mais aussi, le Nice Havrais tel que projeté sur la gravure de 1906 avait tous ses
bâtiments ressemblant à des éléments du Palais de la Nouveauté. Les deux exemples les plus visibles sont d'une part l'immeuble du Nice Havrais et les grandes barres qui l'entourent mais également
le casino Marie-Christine qui est ici une réplique quasi exacte de l'entrée du magasin au 26 Rue de Clignancourt.








En comparaison, un projet plus avancé du casino.





 


Enfin voilà d'une part, une revue sur la construction du Nice Havrais, notamment
celle du Palais des Régates (on peut voir sur certaines photographies le pavillon de Dufayel, comme sur la gravure précédente) :


http://lib.ugent.be/fulltxt/RUG01/000/895/607/RUG01-000895607-1906-101_2011_0001_AC.pdf


 


Mais aussi un lien vers un petit livre groupant de nombreuses photographies sur le
Nice Havrais et sa construction. Ces photos sont très précises et très intéressantes et on peut noter que d'une part dès la deuxième page et avant tout autre photo d'un bâtiment, c'est le projet
du casino Marie-Christine qui est présenté et plus loin une photo du casino dans ses premières années, ce qui démontre une nouvelle fois la volonté de Dufayel d'incorporer le casino au Nice
Havrais.


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84363565/f1.zoom

DAN 12/01/2012 00:50



Beaucoup de choses à dire, tout d'abord bravo pour l'histoire de Dufayel dont nous avons fêtés le centenaire du Nice Havrais l'année dernière. J'ai fait à cette occasion un tableau du restaurant
qui à succédée au grand magasin à côté du palais des régates.
Dans l'exposition qui était consacré à Dufayel il y a tous les éléments que vous venez de raconter ici, mais votre récit , donne plus de précision encore, donc un document à conserver.
Quant aux liens ils sont extraordinaires, le premier, ce livre avec la construction du palais dé régates, je vais essayé d'extraire ces pages pour m'en faire un document plus facilement
consultable.
Pour l'autre lien c'est la photo du boulevard maritime vers Sainte Adresse qui est intéressante, car peu de cliché nous montre cet endroit avant la construction du Nice Havrais, donc, là aussi,
un document à conserver.
Quand aux plans celui du casino De Deauville comparé à celui du Havre, à première vue le Marie-Christine était le plus grand si, toutefois ils sont à la même échelle.
Tout ceci pourra faire un excellent livre  sur, non seulement l'histoire du casino, mais aussi l'histoire , très liée, avec le Nice Havrais.
Merci B58 pour toutes ces précisions et à bientôt !



B58 11/01/2012 22:13


Conscient des limites financières de la commune, il propose alors de faire l’avance
des 60 000 francs de travaux, remboursables sur cinq ans sans intérêt. En avril 1907, l'avenue des régates et reliée à l'avenue Désiré Dehors et enfin, en juin 1907, le palais des régates est
inauguré. Mais le 15 du même mois, le gouvernement promulgue une loi sur la police des jeux de hasard. Il faut désormais l'autorisation de l'autorité municipale et la signature d'un cahier des
charges entre le concessionnaire et la municipalité pour ouvrir une maison de jeux. La loi précise en outre que c'est à titre dérogatoire que les casinos pourront être ouverts dans les stations
balnéaires, thermales et climatiques. Or Dufayel sait que Saint-Adresse ne rentre pas dans ces conditions et donc qu'il sera quasi impossible pour la ville de faire les démarches pour entrer dans
ces conditions. Dufayel abandonne alors l'idée d'ouvrir un casino dans le Palais des régates. Le Havre quant à lui possède déjà deux casinos et pour Dufayel, cela signifie qu'il y a très peu de
chances que les casinos soient interdits. Loin de baisser les bras, il pense que l'ouverture d'un casino y est possible. De plus d'après les premiers projets, le Nice Havrais devait s'étendre
jusqu'à la villa Dufayel donc en englobant le casino Marie-Christine. A l'emplacement de ce dernier était prévu un immense bâtiment sur le plan de l'entrée du Palais de la Nouveauté et qui
n'avait pas encore d'affectation dans le plan de Dufayel. La solution s'offrait donc à lui, le casino serait donc dans ce bâtiment, à l'emplacement du casino actuel. Plusieurs avantages se
trouvent réunis. D'une part, le boulevard Maritime est devenu un grand pôle attractif pour les touristes, ..., l'emplacement est déjà occupé par un casino et donc le remplacer par un casino ne
devrait pas poser beaucoup de problèmes et bien entendu, le bâtiment projeté étant encore plus grand que le palais des Régates, le nouveau casino serait donc assez important pour écraser celui de
Trouville. Dufayel n'ayant pas la possibilité d'investir de suite de grandes sommes dans ce projet, il prend contact avec la municipalité havraise. Dufayel a précisé au maire qu'il n'avait pas
l'intention de créer un casino à proximité de ses propriétés (il a légèrement déformé la vérité), si la ville du Havre en possède un susceptible de donner satisfaction à ses clients. Pour mettre
la pression sur le Havre, il ajoute qu'il n'hésitera pas à établir lui même un casino si la ville du Havre n'en crée pas un ou si il est à une trop grande distance de Saint-Adresse. Le choix du
Marie-Christine est donc le seul possible pour la municipalité qui ne souhaite pas perdre les ses avantages notamment les redevances qu'elle touche des casinos. La municipalité s'est donc
adressée à Messieurs Vivier et Dumien pour la réalisation d'un tel projet. Cela tombe bien puisqu'en juillet, les litiges entre Monsieur Vivier et Frascati atteignent des proportions inquiétantes
et il est de plus en plus difficile pour lui de rester à Frascati. C'est dans ce contexte que le 16 août 1907, Messieurs Vivier et Dumien demande au conseil municipal l'autorisation de créer un
nouveau casino au Havre, à l'emplacement du casino Marie-Christine. L'implication de Dufayel dans le projet ne va pas s'arrêter là puisque ayant établi un premier projet pour cet emplacement, il
va imposer son architecte pour la réalisation dudit projet. Mais le problème est que les discussions vont traîner en longueur et c'est certainement avec la faillite du Frascati que cela va
accélérer les choses. Ernest Daniel a dû décéder au début de l'année 1909 et lorsque le projet de construction est adopté par le conseil municipal le 26 mai 1909, il faudra alors avoir recours à
un autre architecte. Dufayel a donc fait appel à son ami de toujours Gustave Rives. Ce dernier élabore les plans du nouveau casino sur la base du premier projet en septembre 1909 et la
construction peut commencer dans la foulée.


 


Il est à remarquer que Dufayel a réussi son projet puisqu'il a fait vaciller les
deux concurrentes de l'autre côté puisque le casino Marie-Christine ouvert en 1910 est plus grand, plus imposant et plus attractif que son concurrent de Trouville, notamment car il dispose de
toutes les dernières améliorations. Face à cette situation où la toute puissante Trouville semble enfin vaciller, Deauville rompt ses chaînes et profite de la situation pour entamer la
construction d'un casino en juin 1911. A la même période, Trouville fait de même mais en élaborant un projet encore plus grand. Les deux casinos seront construits en 14 mois contre 10 mois pour
le Marie-Christine. Le casino de Deauville est inauguré le 13 juillet 1912, une semaine avant Trouville. Bien qu'ayant un casino plus grand, cette dernière est malgré tout supplantée par sa
concurrente. Après avoir profité de deux années formidables, Le Havre et le Nice Havrais vont peut à peu perdre du terrain non sans dommages pour le Marie-Christine et le
Frascati.


Voici un lien pour voir comment était le casino de Deauville à son ouverture
:


http://lib.ugent.be/fulltxt/RUG01/000/895/607/RUG01-000895607-1912-175_2011_0001_AC.pdf


Plusieurs choses sont à constater, d'une part, il y a de nombreuses ressemblances
entre le Marie-Christine et la casino de Deauville, il n'y a qu'à comparer les façades ou même les plans.








 

DAN 12/01/2012 00:26



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B58 11/01/2012 22:07


 


II) Le Nice-Havrais, l'autre grand projet de
Dufayel


En 1888, le Boulevard Maritime est terminé le long de la plage et dès lors les projets de grandes villas
fleurissent. Deux années après, un architecte caennois, Henri Toutain va réaliser la construction de la Villa Maritime pour madame de Aldecoa. Les travaux de peinture seront réalisés par le père
de Georges Braque alors entrepreneur en peinture. En 1895, la villa alors plus grande de du boulevard est racheté par Dufayel pour y faire un pied à terre, pour lui qui est d'origine normande. Ce
n'est qu'une dizaine d'années plus tard que le projet commence à se dessiner. Tout aurait commencé par un petit événement a priori sans grande importance.


Pour resituer l'action, en 1861, Deauville est fondée par le Duc de Morny, demi-frère de Napoléon III et homme
d'affaire. Cette ville nouvelle inaugure le 15 juillet 1864 un casino pour concurrencer la ville voisine, Trouville. Cette dernière, ayant peur de voir son monopole disparaître dans le secteur
(Le Havre n'ayant pas encore de casino), la municipalité de Trouville décide alors d'agrandir et d'embellir son établissement.


Casino de Deauville





Casino de Trouville





 


La mort du Duc de Morny en 1865 va mettre un coup d'arrêt au développement de Deauville qui va alors perder du
terrain sur sa voisine. La chute du second empire le 5 septembre 1870, va même entraîner la désertion du lieu et le casino est démoli, ce qui laisse Trouville dans une position dominante. Au
début du 20ème, Trouville grâce à son casino va attirer la grande bourgeoisie parisienne tandis que Deauville reste en marge et accueille les grands équipements sportifs avec hippodrome, golf et
terrain de polo. Cette rivalité entre les deux villes va déboucher sur un contrat par lequel Deauville accepte d'interdire sur les jeux d'argent sur sa commune contre une redevance d'un tiers des
redevances du casino trouvillais. Le Havre, dans cette histoire ne représente pas bien grand chose en ce début de siècle. Le Frascati, doté d'un casino, attire également certain bourgeois et
certaines personnalités de l'époque, tout comme l'hôtel et le casino Marie-Christine, cela est moindre par rapport à ce qui se passe de l'autre côté et Le Havre garde sa réputation de ville
portuaire et n'arrive pas à devenir station balnéaire.


Ainsi donc, dans ce contexte, les parisiens fortunés se retrouvent au casino de Trouville. Dufayel ne fait pas
exception à la règle. Là, lui qui n'est pas très apprécié de ces bourgeois fait l'objet d'une réflexion du maire de Trouville. Ce manque de respect dans la salle des jeux du Casino fâche
profondément Dufayel qui plutôt que de répondre, va alors fonder un projet plus pervers pour se venger. Il décide alors de créer une station mondaine, avec Palais des Régates, baccara et
roulettes, espérant ainsi ruiner Trouville. Son premier choix se fait sur la ville voisine Deauville. Mais cette dernière refuse ce projet d'extension certainement à cause du pacte passé avec
Trouville. Une nouvelle fois Dufayel est très vexé. Puisque Deauville ne veut pas de lui et bien, il repassera la Seine. Le Havre pourrait ainsi lui permettre de réaliser son rêve, concurrencer
Deauville et Trouville. Homme intelligent, Dufayel a remarqué le déplacement de l'activité des bains de mer, que le boulevard Maritime commence à concentrer la bourgeoisie havraise aux dépens de
Frascati. Cette partie de la ville a alors plusieurs avantages comme notamment une grande plage, le tout excentré du port. Saint-Adresse, dans le prolongement du boulevard Maritime n'est encore
qu'un petit village dont les pentes vers la mer sont encore dans leur état naturel. En 1905, un jugement règle enfin la succession de Désiré Dehors, qui jusqu'à son décès en 1888 était lotisseur
de terrains en bord de mer à Saint-Adresse. Dufayel déjà rôdé aux grands projets, rachète la totalité des terrains sis au lieu-dit « Saint Denis Chef de Caux », soit 15 hectares aux
héritiers pour la somme de 550.000 Frs. L'acquisition est réalisée le 15 février 1905 devant le notaire. Il semblerait qu'une autre acquisition ait eu lieu le 21 et 22 janvier 1906. Six mois
avant la réalisation de la vente, Dufayel demande l'accord d'Henri Dehors, héritier de Désiré Dehors pour que son architecte, Ernest Daniel se mette au travail afin d'établir le projet de la
future station balnéaire. Le premier projet d'importance à être lancé est celui du casino-palais des Régates. Ce projet est d'abord donné à Monsieur Auguste Boeswilwald, architecte havrais. Puis
en 1906, c'est Ernest Daniel qui y est associé à son tour. L'ingénieur chargé de la construction sera Monsieur A Deschaux tandis que l'entreprise sera l'entreprise Thireau et Morel et Cie. En
février 1906, les travaux de voirie sont adjugés à Henry Jean qui va élargir les rue, 8 kilomètres de voies nouvelles en étages sortes de terre, ainsi qu'un nouvel escalier, il va rendre viable
les terrains en amenant le gaz, l'eau et l'électricité ainsi que le tout à l'égout sur une longueur de 7 kilomètres et l'éclairage public. Pour permettre l'accès de la Hève, Dufayel va même
donner le terrain nécessaire à l'installation du tramway. En avril 1906, les travaux du Palais des Régates commencent sur un ancien parc à huître. Mais le terrain à flanc de falaise n'est pas
propice à la construction et le mouvement des marées risque d'aggraver le phénomène d'érosion. Cela explique pourquoi dans le même temps, il a fallu créer une immense digue en béton armé de 150
mètres de long et de 11 mètres de haut, maquée par des planches de bois. Cette digue servira d'estacade pour les promeneurs. Le sous-sol du palais est terminé en juillet et la première pierre du
futur casino peut être posée. Les travaux vont bon train. En septembre 1906, quinze villas sont en construction. Le palais du commerce devant jouxter le palais des régates est à son tour lancé.
Dès octobre, le palais des régates est en cours d'achèvement, il ne reste plus que le toit terrasse à réaliser. En décembre, la digue est rallongée de 150 mètres et dans les mois qui suivent, les
constructions s'enchaînent. En janvier 1907, Dufayel qui a déjà dépensé 2.000.000 Frs demande au maire de Saint-Adresse de construire une nouvelle voie pour desservir le quartier, en outre, il
lui promet que le palais des régates sera inauguré avant la pentecôte. Conscient des limites financières de la commune, il propose alors de faire l’avance des 60 000
francs de travaux, remboursables sur cinq ans sans intérêt. En avril 1907, l'avenue des régates et reliée à l'avenue Désiré Dehors et enfin, en juin 1907, le palais des régates est inauguré. Mais
le 15 du même mois, le gouvernement promulgue une loi sur la police des jeux de hasard. Il faut désormais l'autorisation de l'autorité municipale et la signature d'un cahier des charges entre le
concessionnaire et la municipalité pour ouvrir une maison de jeux. La loi précise en outre que c'est à titre déroga

DAN 12/01/2012 00:26



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B58 11/01/2012 21:36


Bonsoir, voici maintenant le lien entre Dufayel et le casino.


 


I) Le palais de la Nouveauté, l'origine de la fortune de
Dufayel


En 1824, né dans une famille de cultivateurs modestes Jacques François Crespin. Cet homme est à l'origine d'une
idée qui va révolution la vente, le « commerce par abonnement », la vente par crédit. En 1856, il monte à la capital est ouvre avec sa femme, entre le 11 et le 15 boulevard Ornano futur
boulevard Barbès un magasin auquel il donnera le nom de Palais de la Nouveauté. Le magasin étant situé dans les quartiers populaires et avec le système de la vente à crédit, l'entreprise se
développe rapidement. 


A partir de 1869, poussé à la fois par la prospérité de son
magasin et par la transformation de Paris commencée en 1852, Crespin commence a racheté les terrains situés derrière pour agrandir le magasin. Jusqu'en 1887, cela représentera une surface totale
de 10 587 m² pour un prix total de 2 341 020 Frs. En 1871, Crespin va engager un homme qui va tout changer. Cet homme né le 1er janvier 1855 à Paris, n'est autre que Georges Dufayel. Lui même né
dans une famille modeste et d'origine normande, Dufayel n'est donc qu'un simple commis lorsqu'il entre au service de Crespin au Palais de la Nouveauté, là on travaillait déjà son père. Très vite,
il va faire preuve d'une grande ingéniosité en exploitant le même filon que son maître, c'est à dire travailler avec les pauvres uniquement à la différence des grands magasins concurrents situés
dans les beaux quartiers. Le créneau est porteur et favorisé par la vente à crédit. Le magasin va commencer à prendre à partir de ce moment des proportions de plus en plus imposantes. En 1872,
les architectes Alfred et Stéphan Le Bègue, auteur du premier magasin, encadre la construction des immeubles au 15 et 16, boulevard Barbès qui seront agrandis en 1874. Le rez-de-chaussée et
l'entresol seront alors consacrés au magasin et les étages loués. Le numéro 11 est construit par les mêmes en 1874 et en 1880, c'est le tour du 22 bis, rue de Clignancourt. L'année 1880, voit
Dufayel devenir directeur du palais de la Nouveauté. Plus tard, en 1883, les bâtiments situés rue de la Nation. Ceux-ci sont démolis partiellement et à la place sont installées écuries et remises
pour les voitures. L'année 1887 va marquer un second tournant pour Dufayel, puisqu'il va être associé aux affaires par Crespin, il entre la même année à l'affichage national et international
Hanser et Cie, société que Crespin venait de racheter. A partir de là et jusqu'en 1892, des travaux importants sont entrepris aux numéros 30 à 34 de la rue de Clignancourt et du numéro 5 à 15 de
la rue Christiani mais aussi à l'angle de ces rues où est construit un immeuble à rotonde surmonté d'une coupole. Aux numéros 7 et 11 de la rue Christiani, les immeubles sont démolis puis
reconstruits toujours sous la houlette des Le Bègue. Crespin fera notamment construire en plus un hall central de 13,60 * 57,82 m et de 14 m de hauteur. L'électricité pour le tout sera fournie
par une centrale installée dans une dépendance. En 1888, Crespin décède laissant aux commandes du Palais de la Nouveauté sa femme et Dufayel. A la suite d'un procès avec la veuve, Dufayel à 33
ans, devient alors actionnaire majoritaire de la société et prend son envol. Désormais aux manettes de l'un des plus grands magasins du monde, Dufayel va voir les choses en
grand.





 


En 1892, il fait appel à un nouvel architecte de sa génération Gustave Rives. Ce dernier va aménager l'entrée
principale du magasin au 26 Rue de Clignancourt. Il dote alors la façade d'un dôme immense surmonté d'un phare pour éclairer les nuits parisiennes.








Dufayel en partant de l'idée de Crespin, basée sur la vente à crédit, son astuce va alors reposer dans la vente
de coupon ou jetons qui autorisent leurs propriétaires à acheter des biens à crédit avec un simple acompte de 20% du prix. Ces jetons seront autorisés dans plus de 400 magasins à travers la
France, succursales du grand magasin parisien. Bien sûr, cette innovation permet à la classe ouvrière d'accéder à des choses qui jusqu'alors pour elle était impensable et amplifié par la
situation du magasin dans les quartiers populaires. Pour toutes les transactions dans ses succursales, Dufayel percevra 18% du prix total. Une autre innovation est la vente sur catalogue avec la
livraison des produits. Afin d'attirer encore plus de visiteurs, un théâtre et d'autres infrastructures sont incorporées au bâtiment. Pour se rendre compte de l'importance du magasin, en 1900, la
clientèle de Dufayel était d'environ 2,4 millions de clients. Pour va étendre encore plus son activité, par Dufayel entre 1901 et 1904 va mettre en place un catalogue immobilier regroupant les
petites annonces de vente, ou de location d'immeubles. En décembre 1905, Dufayel va construire faire sur l'avenue des Champs-Elysées à l'emplacement d'un immeuble acheté par lui en 1902, sa
maison, sur les plans de Rives qui devient son architecte de prédilection. En 1912, les grands magasins Dufayel sont qualifiés de plus grands magasins du monde avec plus de 15.000 employés. Leur
développement est tel que les magasins sont désormais reliés par deux tunnels à des vois ferrées et les annexes contiennent des gares et des écuries de grande importance pour permettre les
livraisons. Dufayel décédera le 28 décembre 1916 à son domicile des Champs-Elysées.

DAN 12/01/2012 00:26



Bonjour B58
Je vais répondre complètement dans le dernier commentaire, à tout de suite  !



B58 09/01/2012 15:59


Bonjour, ce week-end, j'ai commencé une petite recherche dans mes papiers pour répondre à une question relativement importante sur le casino qui est : "comment le commissaire-priseur de
Sotteville-lès-Rouen a t il fait pour en arriver à acheter le casino du Havre". Certains éléments de réponse commencent à apparaître, je ferais donc un peu plus tard le point mais je ne résiste
pas à publier de suite un document. En effet, les dommages de guerre sont ce qui a conduit à la perte du casino mais il semblerait qu'ils aient aussi en quelque sorte également sauvé le casino.
Je m'explique. Dans les années 1920, Marcel Baudard était un commissaire-priseur comme les autres. Mais il va vendre son étude pour pouvoir fonder une société. Cette société
aura pour but  de réaliser les prestations en nature dans les départements touchés par la guerre. Sans doute, cela devait-il correspondre à engager les opérations de reconstruction, ...
relevant des dommages de guerres. A croîre que l'argent fait sur ld dos de la guerre ne profite jamais.



DAN 09/01/2012 17:23



Bonsoir B58.
Autrement dit, Marcel Baudard il était parfaitement au courant sur la procédure à suivre  pour demander des dommages de guerre. Voila qui change quelque peu l'aspect de ce dossier.
Maintenant il faudrait établir le, ou les liens entre Marcel Baudard et le commissaire priseur de Sotteville-lès-Rouen afin de mieux comprendre le rachat  du casino par ce commissaire
priseur.
Une enquête que vous menez de main de maitre si je puis dire, et le plus difficile dans cette affaire ce doit être de faire le tri et d'établir les relations entre les divers documents à votre
disposition. Un vrai travail de fourmi que je vous félicite de réaliser.
Encore bravo pour ce travail et, bien sûr, nous attendons le suite...
Bonne fin de journée B58 ! 



B58 04/01/2012 15:18


Enfin, voici les plans du Ponant même.














 


 

DAN 05/01/2012 00:07



B58
C'est en effet une histoire très complexe que vous nous raconter là, et sous plusieurs aspects relatifs non seulement au casino lui même mais à tout ce qui se cachait derrière et surtout aux yeux
du public.
Pas une seule fois dans ces archives on ne parle d'une réaction de l'opinion public contre cette démolition, j'en veux pour preuve les annonces dans les journaux locaux à différentes années (56
et 60) et qui sont resté sans réaction. Je ne sais pas si de nos jours on laisserait faire de tels agissements bien que les instances dirigeantes trouvent toujours un moyen pour noyer le poisson
et font leur coup en catimini. Leur technique consistant à laisser pourrir une situation embarrassante, pour ensuite dire qu'elle ne pouvait faire autrement que la démolition,  on pourrait
en citer de nombreux exemple qui se sont déroulés ces dernières années, voire ces derniers mois.
Je pense que cela a dû être très troublant de déballer les glaces emballées dans les journaux de l'époque, moi j'aurais gardé le tout, glaces et journaux.
Je possède la carte postale de la vue prise de la digue nord, je n'avais jamais fait attention à cet espace vide où le casino était et où le ponant n'était pas encore, mais je l'avais acheté pour
illustré un article sur l'envahissement des galets sur la plage.
En tous cas voila un dossier de plus en plus passionnant car on entre vraiment dans les coulisses de l'histoire du Havre du Casino et des ses derniers dirigeants  membres de votre
famille.
Je réitère ma question, à quand la publication de ce récit de l'histoire du casino ? Car je suis absolument certain que cela intéresserait beaucoup de havrais de connaître la véritable histoire
de ce casino et de sa fin.
Peut être qu'en 2012 ? ? ?
Bonne fin de soirée B58



B58 04/01/2012 15:12

















 

DAN 04/01/2012 23:47



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B58 04/01/2012 15:04


Ensuite, voici des documents relatifs au Ponant.





Voici le premier compromis concernant la vente du casino.














 

DAN 04/01/2012 23:46



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B58 04/01/2012 14:45


La suite.


 


Ce qui est adopté. Le 29 décembre 1959, d'ailleurs l'autorisation est donnée par le ministre pour l'année à venir. Cette demande n'a été faite que pour l'immeuble situé au 80 boulevard Albert 1er
et ne pouvait donc s'appliquer qu'à cet endroit. Cela posera de nombreux problèmes par la suite pour transférer l'autorisation dans les nouveaux locaux qui ne seront trouvé qu'à la hâte par les
enfants du directeur juste avant la démolition du casino. L'acte de vente est signé au mois de décembre entre le directeur et la SCI du casino Marie-Christine, société qui construira l'immeuble
et qui a été formée avec l'aide du CRIC, il est prévu que la société acquéreur aura la jouissance des lieux à partir du 1er mai 1960. La nouvelle se répand et dans le Havre Libre du 6 janvier
1960, il est écrit «  C'en est fait du casino Marie-Christine qui sera démoli au mois de mai et cédera la place à 48 appartements ». Au casino, comme je l'avais déjà évoqué, tout
continue comme si de rien n'était. Les bals sont prévus jusqu'à fin avril. Le 25 février, le directeur décède à 76 ans, ce qui rend la situation encore plus complexe. Ses deux fils se trouvent
alors face à un léger problème, aucun local de remplacement n'est prévu pour le casino ni même pour déménager le mobilier. Une solution est trouvée et un local au 113 Rue de Paris sert de roue de
rechange. Le 22 mars alors que l'échéance finale approche, un inventaire est dressé de tout le mobilier du casino. A partir de là, le déménagement va commencer petit à petit. Le samedi 30 avril
1960 a lieu le dernier mariage au casino. Le même jour, le Havre Libre titre « la démolition du casino va commencer ». En effet, le 1er mai, la SCI du casino Marie-Christine prend
possession des lieux. Alors que les meubles encore laissés pour le mariage sont enlevés, la démolition commence en commençant par les glaces (petite anecdote, ces glaces seront déplacées puis
enveloppées dans du papier journal le 11 juillet 1960, car la dizaine qui reste, je l'ai déballée en septembre et j'ai gardé les journaux). Alors que la démolition va bon train, inexorablement,
il faut faire tomber le dôme. Le 13 mai à 13 heures, un câble tendu par un bulldozer devait faire s'effondrer le dôme. La nouvelle s'étant vite répandue, de nombreux havrais viennent assister à
cela. Pendant trois jours, les différentes tentatives se solderont par un échec mais finalement le dôme cède. Le Ponant peut alors sortir de terre. Le bâtiment prévu aura donc « une hauteur
de 23 mètres par rapport au niveau du boulevard Albert 1er, sa longueur de 80 m 50 et il se trouverait implanté à 29 mètres de l'alignement dudit boulevard ». L'édifice aura donc un gabarit
inférieur à celui du casino comme cela était prévu sauf en ce qui concerne la partie nord-ouest qui déborde de 4 mètres. Une fois le casino démoli, le mur d'enceinte est gardé et les travaux de
terrassement peuvent commencer. Le terrain sur lequel était construit le casino est très instable, ce qui avait déjà posé de nombreux problèmes en octobre 1909 lors de la construction du casino
et donc le terrassement est les fondations sont essentielles. Sur la carte postale, on voit que le casino a disparu et que l'emplacement du Ponant est vide. En regardant bien on peut apercevoir
le mur d'enceinte qui a été préservé.


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A la suite des travaux et de pluies torrentielles et prolongées qui provoquèrent des éboulements dans trois quartiers du Havre, il se produisit des mouvements de sols dans la partie de la falaise
surplombant le terrain de l'ancien casino. Quelques fissures apparurent même sur les murs des constructions existantes à cette endroit. Au cours d'une réunion provoquée par les promoteurs de
l'opération, des mesures d'urgence furent envisagées pour mettre fin à cet état de chose. Des techniciens consultés estimèrent que le seul moyen efficace consistait à charger le pied du talus
d'une masse de 8.000 tonnes de terre graveleuse. Cet apport nécessite des modifications de l'implantation de l'immeuble, consistant à rapprocher celui-ci du boulevard d'une distance de 7 mètres
environ. Cette distance sera réévaluée à 5 m 80. La mairie n'était pas d'accord pour ramener la distance à 20 mètres du boulevard mais le conseil municipal ne s'oppose finalement pas à cela pour
ne pas empêcher la construction des logements. Sur le plan, on peut voir l'emplacement de l'immeuble avant le glissement de terrain.


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En outre la mairie obtient aussi la confirmation qu'il n'y aura pas l'ajout d'un étage supplémentaire dont la demande avait déjà été refusée par le service de l'urbanisme. Malgré tout cela, le
Ponant sera achevé en 1964. Henri Daigue laissera des plumes dans cette affaire puisque l'entière responsabilité du fiasco lui sera imputée par les tribunaux. Voici la décision de la Cour d'appel
à son sujet, décision qui fait encore jurisprudence aujourd'hui en matière de fondations et de réception des travaux.


 


Jurisprudence : Rouen 31 janv. 1966 inédit: Sté civ. imm. de
construction du Casino Marie-Christine c/H. Daigue : glissement de terrain quelques jours après l'exécution des travaux et avant réception définitive: « attendu qu'à juste titre que les premiers
juges ont retenu contre Daigue la méconnaissance de la mécanique des sols, à savoir l'absence d'études préalables sur les efforts que l'enlèvement des terres allait apporter de haut en bas par
suite de la tendance au glissement de la colline … que l'expert remarque justement que le succès de l'opération n'aurait pu être assuré qu'en prévoyant un planning rigoureux des travaux de
terrassement et de ceux d'infrastructures et de superstructures de l'immeuble que si les pluies ont été abondantes, elles n'ont pas été extraordinaires pour la région et étaient prévisibles ;
Daigue est donc responsable du préjudice dont la réparation fait l'objet du présent litige.


 

DAN 04/01/2012 23:46



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B58 04/01/2012 14:33


Bonjour, après l'histoire ayant aboutie au volcans, voici l'histoire du Ponant. Tout comme hier, il faut remonter bien en arrière pour comprendre cette histoire. 


En parallèle du casino du Havre, le casino d'Étretat a joué un certain rôle dans cette affaire. En effet, étant directeur des deux casinos, il a fallu gérer les reconstructions en même temps, le
casino d'Etretat ayant été dynamité totalement par les allemands dans le cadre du mur de l'Atlantique. Ainsi, en février 1948 étaient adressées au ministère de la reconstruction des demandes pour
obtenir la priorité du versement des dommages de guerre pour d'une part continuer à reconstruire le casino d'Etretat, continuer la reconstruction des bains Marie-Christine et terminer la
reconstruction du casino du Havre en obtenant les fonds nécessaires à la reconstruction du théâtre. Ces dossiers appuyés par le maire du Havre ont donc été envoyé au ministère mais à la surprise
générale, tous les dossiers sont acceptés sauf celui du Marie-Christine. L'achèvement des travaux doit donc cesser. D'ailleurs les ouvriers et les entreprises présentent depuis mars 1946 partent
en juillet 1948. Sans la priorité, il faut donc attendre. En 1954, les choses semblent relancées. Le projet de reconstruction est à nouveau lancé. Dans cette mouvance, le 23 mai 1955, la
reconstruction du casino d'Etretat est elle aussi relancée. Dans ce dernier cas, il s'agit notamment de refondre ce qui a été fait jusqu'à maintenant et d'agrandir le casino. En juin 1955 était
établi par les architectes le dossier de demande de permis de construire pour la partie du théâtre, des loges et du hall. Il est fait de même pour le casino d'Etretat. C'est à ce moment que va se
jouer le principal tournant dans l'histoire du casino. Au 1er septembre, la demande de permis de construire du casino du Havre est toujours au ministère. En revanche, celle pour Etretat a été
rapidement traitée puisqu'en octobre, la salle de boule est démolie à Etretat et la premier partie de la reconstruction est achevée. A partir de là, le directeur va comprendre qu'au ministère,
les projets visant à construire neuf semble préférés aux projets de reconstruction de l'ancien. En ce sens, il va demander à ce que sa demande de permis de construire soit mis en suspens. Il va
alors envisager de construire un nouveau casino puisqu'il semble que se soit le seul moyen d'aboutir à quelque chose. En décembre 1955, il prend d'ailleurs ses dispositions pour que le casino
soit vendu si il lui arrivait malheur. Les architectes nommés pour mener à bien ce nouveau projet sont Charles Fabre et Jean Le Soudier. Je reviendrais plus en détail sur cette partie mais voici
les grandes lignes. Le projet est élaboré début 1956. Des tractations commence avec la ville pour trouver un emplacement. Le 17 octobre, une lettre est envoyée à la mairie pour obtenir
l'attribution d'une partie du terre plein de la plage pour l'élaboration du projet. Dans le même temps, le projet est révélé au grand public. Le 18 décembre, la marie semble accepter. Dans le
Havre Libre du 24 décembre 1956, on peut déjà lire : « Au début de l'année, le pic des démolisseurs va s'abattre sur notre vieux casino Marie-Christine ». Le CRIC, promoteur immobilier
va donc de son côté commencer à avoir des visées sur le terrain du casino.





 


On peut dater ce plan de l'année 1956 par le fait que la résidence à côté du casino existe et par le fait que la Villa Marie-Christine détruite en 1957 figure encore sur le plan. On constate
d'ailleurs qu'il est écrit que la propriété ets vendue. Déjà à l'époque, on peut voir sur le dessin même du casino un grand rectangle déjà nommé « Le Ponant ». Le début de la fin est
lancé. Le CRIC avait pour but d'aménager toute cette partie de la plage. A cette époque, le casino n'est pas vendu au CRIC, en effet, tant que le nouveau projet n'est pas bouclé, il est
impensable de se retrouver dans l'éventualité de se retrouver sans bâtiment our le casino. Le projet tant annoncé pour 1957 prend du retard, la ville traîne. Finalement, en mai 1959, le projet de
reconstruction d'un nouveau casino tombe à l'eau ce qui normalement aurait dû remettre en cause la construction du Ponant. Mais il va alors intervenir une suite d'évènements qui vont tout
changer. Le 22 juin 1959, le Conseil Municipal avait émis un avis défavorable sur le premier projet du Ponant. Le motif était que le gabarit de l'immeuble projeté devait être inférieur à celui du
casino or avec huit étage, le Ponant dépassait cela. Cette servitude visait à préserver la vue vers le large à partir de la terrasse des Brindes. Le 24 juillet, un compromis de vente est signé
entre le propriétaire du casino et le CRIC. Fin août, Henri Daigue réalise les plan du nouveau projet qui ne comportera plus que six étages. Une demande préalable d'entente à la construction d'un
immeuble nouveau est déposée à la mairie. Le 10 septembre 1959, les représentants du CRIC sont reçus par le maire qui approuve totalement le projet ainsi que son conseil d'adjoints. Malgré tout,
la mairie craint qu'une clause du compromis concerne le reconstruction d'un nouveau casino. Cette condition suspensive pourrait remettre en cause le projet du Ponant et la mairie sait qu'elle
n'est pas en mesure dans une telle circonstance capable de réaliser cette condition. Toutefois,une telle clause aurait été normale puisque le risque est que le casino se retrouve sans bâtiment.
Le 11, le premier compromis est envoyé au maire pour le rassurer quant à ce sujet. Fin septembre, le dossier ne comportant pas encore tous les éléments d'information nécessaires, la commission
d'urbanisme remet alors l'étude du projet à une autre cession. Le 2 octobre, le dossier est complet et le CRIC met la pression sur la mairie. Elle souhaite un renouvellement par écrit de l'accord
pour éviter un nouveau dépôt du dossier à la mairie et pour que le projet soit étudié dès le 15 octobre par la commission départementale. Le CRIC avance l'argument que cela risque de retarder
encore le projet. Le 16 octobre, les services départementaux proposent à la mairie d'inclure un additif à son programme d'aménagement de son urbanisme pour tenir de la demande présentée par Henri
Daigue. Ce projet modificatif doit être voté par le conseil municipal et ainsi cela permettra d'accorder le permis de construire. Le CRIC va pousser au maximum la mairie pour que cette décision
soit prise avant fin novembre car sinon selon la condition suspensive du compromis de vente, celui-ci tombera et donc la vente du casino ne pourrait pas se faire. Le conseil municipal examine
alors la question au conseil municipal du 30 novembre. Dans ce projet, le Ponant constituerait le pivot de l'aménagement et serait ainsi le seul immeuble en recul du boulevard pour dégager une
place. Lors du conseil, la question se pose néanmoins de savoir si l'aménagement choisi était le bon. Il est dit que « l'aménagement du boulevard Albert 1er pouvait se traiter de deux
façons. On pouvait le traiter comme le Nice Havrais ou comme le front de mer sud. Dans le premier cas : petits volumes, discontinuité et verdure ; dans le second cas : gros volumes, continuité et
maçonnerie. Cette question sera très vite passé sous silence car comme le CRIC a pu l'argumenter, déjà les conseillers municipaux ne veulent par retarder la construction de 48 logements.
D'ailleurs, la question de reconstruction du casino est, elle aussi très vite passée aux oubliettes. Pour preuve, il était demandé au maire « Où doit être reconstruit le casino ? »,
réponse : « Je n'en sais rien ». Le même adjoint demande alors « sur la place Gambetta, peut être ? », réponse : « Non, mais je vous reparlerai de cette place plus
tard ». L'emplacement du casino est finalement reconnu comme étant exceptionnel mais le conseil municipal donne son approbation au projet. A propos de ce conseil municipal, un autre point a
été voté et qui reste très curieux. L'avis du conseil municipal est demandée pour que soit renouvelée l'autorisation des jeux au casino du 1er novembre au 31 octobre des années 1959 à 1966. Ce
qui est adopté

DAN 04/01/2012 23:46



Bonsoir  B58.Je réponds complètement à ces commentaires sur le dernier -/-



B58 04/01/2012 03:06


Suite et fin.


Ainsi, en 1966 et 1967, Monsieur Gillet établit un projet d'aménagement circulaire de la place Gambetta comprenant des commerces, un parking souterrain et le
théâtre. En 1972, la municipalité décide de surmonter les hésitations du Ministère des Affaires Culturelles et impose l'architecte Oscar Niemeyer. En 1973, une étude de programmation municipale
est réalisée par le Bureau d'études pour les travaux d'équipements culturels et sportifs. Puis Niemeyer entre également en concertation avec les Havrais pour préciser le programme. En 1974, il
présente un avant-projet au grand public, suivi d'un film sur son œuvre et d'un débat. Suite à plusieurs projets dont le fonctionnement est jugé trop avant-gardiste, Niemeyer entreprend un
aménagement global de la place pour être en accord avec la municipalité. En 1976, le projet de ce nouvel ensemble culturel et commercial est interrompu par le Secrétariat d'État à la Culture,
mais une importante campagne publique de pétition menée par le Conseil d'administration de la Maison de la Culture du Havre permet de le relancer en 1977. Les travaux de construction débutent en
1978 et se termine en 1982. Il aura ainsi fallu près de 40 ans pour que le Havre retrouve un théâtre municipal.

DAN 04/01/2012 09:16



-/-


C'est tout simplement, si j'ose dire, un œuvre d'historien que vous avez fait là. On comprend parfaitement la situation et le déroulement de cette histoire depuis son origine jusqu'à la
construction du Volcan par Oscar Niemeyer. Et, coïncidence, j'étais hier avec un autre historien et nous regardions les documents que vous avez laissé  dans vos commentaire ainsi que vos
commentaires eux-même. Vous faites parfaitement la jonction entre le casino Marie-Christine et le théâtre du Volcan. Cette personne tout comme moi, espérons que vous publierez un livre au sujet
du Casino. Nous avons en effet passé pas mal de temps à lire vos commentaires ainsi que les pièces du dossier qui sont adjoints.
Il est certain que ce n'était pas une mince affaire que de retracer cette histoire du casino et de ce qui en a suivi. L'implication de nombreuses personnes en complique encore le récit, mais vous
vous en sortez fort bien et on suit cette affaire de bout en bout sans problème.
Je ne peux rien d'ajouter d'autres tellement votre travail ravi et comble ma curiosité sur l'histoire de ce casino. La personne qui était avec moi n'avait pas vu tous vos documents, et en était
resté à la seule hypothèse d'un bâtiment trop vétuste et non rentable, d'où sa démolition. Mais suite à la lecture de vos commentaires (et il n'a pas encore lu celui-ci) nul doute que son opinion
au sujet de la disparition du casino s'en trouve complètement bouleversé.
Vous avez fait une œuvre remarquable, car connaissant un peu la pile de dossiers à consulter et à analyser, le travail était colossal, trop pour moi peut être, qui s'attache à l'histoire havraise
en générale et dont je ne peux, hélas, m'attarder trop sur les détails au risque de ne plus pouvoir faire ce blog toutes les semaines.
Un grand merci pour tout votre travail, bien qu'un simple remerciement ne suffit pas face au travail fourni.
Alors le souhait de voir tout votre travail un jour édité sera mon souhait pour cette année 2012.
Bonne année B58 !  



B58 04/01/2012 03:04


Encore la suite.


 


Le 18 avril de nouvelles nouvelles arrivent par l'intermédiaire de Monsieur Moulard, Monsieur Beauchet serait partie pour faire le tour de ses casino au Maroc. Il aurait dû revenir au début du
mois d'avril mais cela fait 20 jours qu'il ne donne plus signe de vie. Il semblerait alors que son retour n'intervienne qu'après les fêtes de Pâques. L'intermédiaire perplexe, précise qu'il
attend à tout moment un coup de téléphone de son mandant qui est toujours d'accord et qui aurait emporté avec lui le dossier du casino. Le 19, des nouvelles plus précises arrivent, l'acquéreur
est à Marrakech et rentre le mardi suivant. Monsieur Moulard devra le contacter aussitôt et quand bien même celui-ci se déroberait, un autre acquéreur vient de sa manifester. Par la suite, les
choses se tassent, plus de nouvelles et le 13 juin, coup de théâtre, Monsieur Beauchet annonce qu'il va venir au Havre pour traiter directement avec le notaire. Les négociations échouent et
l'acquéreur renonce à l'affaire. Face à cette situation, le 17 septembre 1962, il est décidé de dissoudre par anticipation la société et de la liquider. Dans la continuité de la liquidation, la
créance de dommages de guerre doit être vendue. L'institut professionnel Lemonier de Caen s'est porté acquéreur. Cette mutation est soumise à l'avis de la ville du Havre. Le 22 octobre 1962, la
ville oppose un refus catégorique et écrit au ministre de la reconstruction dans ce sens. Elle argumente sur le fait que cela risque de faire échouer la reconstruction du théâtre si le projet de
casino ne pouvait aboutir, que l'accord obtenu entre la ville du Havre et Monsieur Beauchet avait fait l'objet de nombreux mois de négociations et que les conditions étaient très favorables à la
ville. Elle précise que chercher un autre acquéreur qui n'aurait pas besoin d'alléger sont apport par l'achat des créances de dommages de guerre retarderait considérablement l'exécution du projet
et cela pourrait être moins favorable à la ville. Cela remet aussi en cause l'aide qui devait être apportée par la direction des arts et des lettres, les tractations ne pourront reprendre
qu'après que le refus du transfert des dommages de guerre soit intervenu. La décision de refus est finalement donnée par le ministère de la reconstruction mais il y a une situation de blocage
créée par le fait que les créances de dommages de guerre sont nécessaires à la reconstruction du casino mais l'acquéreur ne veut pas les acheter aux conditions prévues. Suite à tout ces aléas,
Monsieur Beauchet finit par se désengager. INTERORGA trouve immédiatement un remplaçant aux mêmes conditions, Messieurs Cernay et Cuttoli. Sans doute que se sont les acquéreurs évoqués par les
notaires au mois d'avril. Le 1er avril 1963, il est précisé par la mairie que l'autorisation des jeux doit être demandée par Messieurs Cuttoli et Cernay lors du conseil municipal à venir, en même
temps que sera voté leur participation financière au projet et l'exploitation du casino qui leur sera accordée. Depuis que Monsieur Cuttoli a pris la succession de Monsieur Beauchet dans le
projet, il a proposé d'acheter la créance de dommages de guerre à la société du casino aux même conditions que l'institut Lemonier. Les notaires ont alors demandé à obtenir des garanties
financières pour permettre de traiter efficacement avec lui. Mais après de multiples relances inefficaces, le 2 mai 1963, les notaires obtiennent que Monsieur Cuttoli soit définitivement
considéré comme défaillant. Finalement, le 10 mai, la mairie envoie une lettre au ministère de la reconstruction pour préciser qu'elle ne s'oppose plus au transfert de la créance des dommages de
guerre. Dans cette lettre, la mairie précise que se sont les acquéreurs qui ont renoncé à l'acquisition aux motifs que d'une part, il n'y avait pas de condition suspensive concernant l'obtention
au préalable l'autorisation de jeux et d'autre part au motif qu'ils souhaitent garder la pleine maîtrise des éléments immobiliers et donc de ce fait ne pas rendre la mairie mandataire. De plus,
elle expose les possibilités d'équilibre financier pour l'opération qui existent et précise que l'opération est préférable sans les créances.


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L'opposition de la ville à l'opération de cession des dommages de guerre étant levée, cela va permettre de terminer la liquidation de la société du casino et c'est ainsi que se termine
définitivement l'implication de la société du casino dans le projet de reconstruction du théâtre mais également l'histoire du casino Marie-Christine tout court.


 


IV) La continuation du projet


Partant ainsi sur de nouvelles bases, le 31 mai, un nouveau protocole est élaboré entre la municipalité et Monsieur Cuttoli. Au début du mois d'août, Monsieur Gillet doit établir un nouveau
projet mais il se plaint de l'imprécision des renseignements qui lui sont donnés et du manque d'implication du futur concessionnaire et de la société INTERORGA. Le 27 décembre, la mairie commence
à perdre patience face aux réactions de Monsieur Cuttoli. Il est en effet précisé que face à des demandes précise concernant la caution personnelle et solidaire, les réponses restent très vague.
De plus, ce qui inquiète la mairie est qu'elle vient d'officialiser le projet alors que Monsieur Cuttoli vient de lui dire qu'il n'a pas fini ses négociations avec les organismes financiers pour
obtenir les crédits nécessaires mais également que les conditions que la ville lui imposent lui paraissent difficiles. Le 29 janvier 1964, le conseil municipal donne un avis favorable pour que
soit accordé l'autorisation de jeux mais les tensions s'accroissent car les garanties financières demandées n'arrivent toujours pas. Le 21 février 1964, les formalités administratives pour
commencer les travaux sont en cours et la mairie tout comme l'architecte sont optimistes quant à fixer la date de début des travaux ente le 1er octobre et le 1er novembre. Au mois de mars, aucun
obstacle au niveau départemental n'a été soulevé, le projet est en bonne voie mais Monsieur Cuttoli garde toujours le silence en ce qui concerne les garanties personnelles qu'il doit donner pour
le financement. Le 1er juillet 1964, face à l'attitude de Monsieur Cuttoli, le ton monte, la mairie lui envoie un recommandé pour qu'il respecte ses engagements. Dans un lettre du 10 adressée à
la société INTERORGA, il est précisé « qu'il est absolument indispensable qu'il tienne, cette fois-ci, ses promesses sinon la municipalité aura définitivement une mauvaise opinion du futur exploitant du casino et il est à prévoir que, dans ce cas, les rapports qui devront
obligatoirement continuer d'exister entre celui-ci et la ville seront assez tendus ». Le 20 août, les promesses faites ne sont toujours pas tenus alors que le projet définitif doit être
présenté lors du conseil municipal du mois de septembre. Le 28, une réunion est décidée pour le 15 septembre, pour mettre les choses au point entre les différents acteurs du projet. Le 20
octobre, un rappel est à nouveau envoyé à Monsieur Cuttoli pour ses promesses. Face aux problèmes de financement, le projet de casino va être mis en sommeil, ce qui va compromettre le projet de
reconstruction du théâtre pour l'année 1965. Le 11 juillet 1966, un entretien a eu lieu entre la mairie, Monsieur Cuttoli et INTERORGA pour envisager sous un nouvel aspect la construction du
casino. Pour des raisons d'ordre financier, Monsieur Cuttoli ne peut plus assurer la construction du casino et il cherche alors une location ou une acquisition d'un immeuble pour abriter le
casino. Courant juillet, Monsieur Cuttoli devait reprendre contact avec la mairie pour permettre l'insertion de son projet dans le nouveau projet élaboré par les architectes. Tenant compte de ses
expériences passés, il est prévu que Monsieur Cuttoli fasse parvenir par écrit avant le 15 août sa décision de renoncer au projet de la place Gambetta. Ainsi, en 1966 et 1967, Monsieur Gillet
établit un projet d'aménagement circulaire de la plac

DAN 04/01/2012 08:44



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B58 04/01/2012 03:02


Comme mon commentaire a été coupé, voici la suite.


 


2° par l'octroi d'une subvention que nous avons sollicité du Ministère d'État aux affaires culturelles, lequel nous a fait connaître par lettre en date du 29/12/61 qu'il était disposé à apporter
à la ville du Havre cette aide financière qui serait de ..................................................... 800.000 Frs


Total ......................... 983.000 Frs ».


 


Le ministre de la reconstruction aussi en possession du dossier donne son aval et estimant qu'il y a urgence, il impose de prendre toutes les dispositions en vue de la réalisation effective du
projet. Ainsi pour assurer la bonne intégration de l'opération dans les programmes de reconstruction. Il estime nécessaire de faire nommer Monsieur Gillet comme architecte chargé de la direction
des opérations. Cette décision du ministre entraînait ainsi la résiliation de la convention qui liait les architectes de l'ancien projet à la ville. L'indemnité a été fixée lors d'une réunion
avec les architectes le 2 mars 1962 pour un montant de de 100.000 Frs versée en plus des honoraires qui étaient de 59.000 Frs. Il a aussi fallu payer les honoraires de Monsieur Gillet s'élevant à
16.041,29 Frs. Admettant qu'il y avait eu fait du prince, cela signifie que l'administration dispose d'un pouvoir de modification unilatérale du contrat. Ces modifications entraînent des
conséquences financières dans l'exécution du contrat. Le cocontractant voit ses charges aggravées par la décision de l'administration. Cette décision est le fait du prince. La théorie élaborée
permet de compenser l'excédent de charge né de cette décision de l'administration. Le ministre a remboursé à la ville la somme de 11.277,45 Frs. Le 5 avril 1962, le conseil municipal adopte le
projet de reconstruction à 19 voix contre 18. La partie du projet concernant le théâtre pouvait ainsi être opérationnelle.


 


II) En ce qui concerne le bowling


Début novembre 1960, la société « la compagnie financière » filiale de la société Brunswick international démarche les grandes villes françaises pour promouvoir l'installation de ses
premiers établissements en France. La ville du Havre est intéressé est le 25 novembre, elle obtient des renseignement supplémentaires sur la possible installation. Au mois de mars 1961, la ville
est à nouveau démarchée par la même société. Le projet intéresse toujours la mairie et le projet de théâtre prendra cela en compte. Face aux difficultés quant à mener à bien le projet, la société
va finalement se désengager en 1962.


 


III) En ce qui concerne la partie du casino et la société du casino Marie-Christine


Pour resituer la situation, le 25 février 1960, le directeur du casino Marcel Baudard décède et le casino doit être démoli à partir du mois d'avril. Or rien n'est prévu pour réinstaller le casino
ni même pour déménager le mobilier. A la hâte, ses fils Claude et François trouve un local au 113 Rue de Paris et 72 Rue d'Estimauville. A partir du 22 mars, le mobilier du casino va être
déménagé dans Rue de Paris. Le 30 juillet une demande est faite pour demander l'autorisation de transférer les jeux de l'ancien casino au nouveau local. Suite à des controverses, le conseil
municipal va finalement donner l'autorisation mais seulement à titre provisoire pour une durée de 3 ans. Entre les héritiers, la question se pose alors de savoir qu'elles seront les conséquences
financières d'une telle décision et notamment si il y a un intérêt à rouvrir un casino provisoire. Un rapport établi par le cabinet Lefèvre quant à cette réinstallation fait ressortit le fait
qu'au départ de l'exploitation, il y aura une perte sèche de 2.000.000 Frs notamment à cause de la location de l'immeuble. En ce mois d'octobre aucun devis n'a encore été demandé pour
l'aménagement de l'immeuble mais il semble que cela s'approche de 5.500.000 Frs. Le 26 novembre 1960, l'autorisation est donnée par le ministre pour le transfert des jeux. Claude sera directeur
de la société et son frère membre du comité des jeux et vice versa pour le casino d'Etretat. Très vite, au début de l'année 1961, face aux sommes à investir pour une installation qu'à titre
provisoire, décision est prise de vendre les parts de la société du casino du Havre. Le 2 février, les notaires effectuent de la publicité pour la vente dans deux journaux belges, dans le journal
l'hôtellerie et dans le Figaro. Durant l'été, un acquéreur se fait connaître, Monsieur Beauchet. Mais celui-ci étant partie au Maroc, cela complique les négociations et retarde la vente. Le but
de ce rachat est qu'ainsi, en rachetant la société, il acquiert le matériel, les licences de bar, le monopole des jeux, ... pour pouvoir exploiter le casino prévu dans le projet du théâtre. La
condition pour que la vente soit conclue est que la ville du Havre s'engage à ce que la reconstruction du casino soit effectuée selon le projet établi. Cet engagement devait être pris le 20
décembre 1961, mais cela fut repoussé au 20 janvier. Un rendez-vous général est donc pris entre les héritiers au 29 janvier pour une mise au point du protocole définitif d'accord avec les
acquéreurs. Voici la situation des opérations relatives à la construction du théâtre vues du côté de la société du casino :


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Le 7 février, Monsieur Duvivier de la mairie du Havre informe les notaires qu'un accord était en cours de validation entre la mairie et les architectes, ce qui ferait tomber un premier obstacle à
la vente. Cette accord est intervenu en mars. Le 19 mars, une nouvelle réunion des héritiers a lieu et en raison de l'absence d'engagement de la part de la ville, la date du 10 avril initialement
prévue pour l'adjudication des parts est alors repoussée. Le 28 mars, le silence finit par tomber. Même si la situation n'est pas définitive, les acquéreurs ont le matin même donné à la ville du
Havre une lettre où il est précisé qu'ils s'engageaient à conclure l'affaire sous la seule condition que le gros oeuvre de l'ensemble projeté ne dépasse pas un total de 1.200.000 Frs, les
aménagements n'étant pas compris dans ce montant. Sur ce point, les architectes et les intermédiaires estiment la chose possible, ce qui conforte l'acquéreur qui attend toujours un engagement de
la part de la ville. Cela est prévu pour le conseil municipal du 5 avril. Ce n'est que le 6 que la situation sera fixée définitivement en fonction des décisions prises. Ce n'est qu'à partir de là
que pourra être fixée une nouvelle date pour l'adjudication des parts de la société du casino. Le conseil municipal du 5 avril finit par statuer sur la question de la reconstruction du
casino-théâtre. L'engagement souhaité par les acquéreurs est ainsi pris à 19 voix contre 18. Le financement prévu pour la partie concernant le casino doit être réalisé ainsi :


« - 1° par l'acquisition, par les futurs concessionnaires de la créance de dommages de guerre de 980.000 Frs appartenant à la SARL du casino Marie-Christine, les acquéreurs ayant obtenu une
option enregistrée chez le notaire,


- 2° par un apport en espèces des futurs concessionnaires pour la différence entre le coût de construction des éléments immobiliers propres au casino et le montant des créances précitées ».
Les obstacles s'aplanissent les uns après les autres et les notaires sont confiant sur l'issu de l'opération. Monsieur Beauchet étant absent et ne revenant pas avant le 14 avril, c'est
l'intermédiaire, Monsieur Moulard qui lui demandera sa signature définitive. Le 18 avr

DAN 04/01/2012 08:44



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B 58 04/01/2012 02:53


Bonsoir, voilà l'histoire de la reconstruction du grand théâtre en partant de 1944 jusqu'aux volcans. Cette histoire est liée au casino et si il n'avait pas été démoli, les volcans n'auraient
peut être pas pas vu le jour. Cette histoire étant extrêmement compliquée, j'ai donc tenté de la décomposer selon les grandes lignes (le théâtre, le bowling et le casino) pour essayer d'avoir une
certaine clarté.


 


I) En ce qui concerne le théâtre et son projet de reconstruction


Le théâtre municipal a été détruit lors du bombardement du 5 septembre 1944. En octobre 1945, dans une interview, Perret a déclaré : « A l'emplacement du théâtre, nous bâtirons un
ensemble qui sera le centre de la vie intellectuelle et artistique du Havre ». C'est donc un projet d'ambition qui est réservé pour cet emplacement. A partir de ce moment, treize
projets sont soumis aux différentes municipalités, dont ceux de Gérard du Pasquier, Gaston Delaune et Jacques Lamy en 1951, de Guy Lagneau et Raymond Audigier en 1954. Lors du conseil municipal
du 20 décembre 1954, il est dit que la préférence était pour la construction du théâtre seul car l'édification d'un bâtiment public ne doit pas être grevée de constructions privées. Qu'il y
aurait ainsi des risque de conflits. Lors de sa séance du 16 juillet 1957, le conseil municipal finit par adopté un avant-projet de reconstruction du théâtre municipal présenté par les
architectes Gleize, Boutet de Monvel, Delaune, Du Pasquier et Lamy. Cet avant-projet prévoyait la construction d'une salle de spectacle de forme arrondie et d'une contenance de 2.200 places. Lors
de l'élaboration du projet, il avait été précisé aux architectes que le montant des travaux de reconstruction ne devaient dépasser le montant des dommages de guerre attaché au théâtre, soit 237
millions d'anciens francs. Le problème a alors été que bien qu'ayant un projet avec le maximum d'économies, le montant estimatif des travaux est de 50 millions supérieur à la créance des dommages
de guerre. Pour faire des économies et réduire le montant du projet, certains travaux devaient être différé comme le revêtement des sols et la décoration de la salle de spectacle. Ainsi, lors
d'une réunion le 16 avril 1958, Monsieur Gleize pour arriver à boucler le projet enlève les éléments facultatifs pour avoir le stricte minimum nécessaire au fonctionnement du théâtre. Il dresse
une liste des équipements réalisés ultérieurement, notamment :


« - la construction de la coupole intérieure qui ne nuira pas au fonctionnement de la salle,


- les revêtements de sol, de dernier pouvant supporter une chape de ciment momentanément sans subir de dommage,


- un certain nombre de loges parmi toutes celles prévues parce que non indispensables,


- la charpente de soutien du plateau de scène dont le plancher est envisage en sapin plus léger,


- les installations sanitaires de loges supprimées,


- les générateurs de production d'eau chaude des sanitaires,


- tout ce qui peut être momentanément écarté dans l'agencement électrique en ménageant toutefois une installation qui permette de travailler ainsi que toute l'installation de sécurité
indispensable,


- toutes les peintures concernant les parties réservées et les revêtements muraux décoratifs de la salle,


Dans l'estimation, les aménagements scéniques proprement dits et les fauteuils ne sont pas prévus ». Malgré cela, le montant totale arrivait à 283.392.074 Frs. Pour pallier au problème, le
conseil municipal a voté le 2 juin 1958 l'autorisation d'utiliser pour le théâtre la créance immobilière relative à divers éléments mobiliers comme les installations scéniques et les fauteuils.
En 1959, le montant des travaux est réévalué et il aurait fallu un supplément de 200 millions pour pouvoir livrer un bâtiment complet notamment à cause de l'augmentation du prix des matériaux et
de la main d'oeuvre. Même si la créance des dommages de guerre a été réévaluée à 3.438.000 Frs la ville aurait dû supporter une dépense supplémentaire de 2.500.000 Frs. De plus, il a été question
du coût de l'exploitation. Dans le cas où la salle serait construite avec le stricte minimum pour être exploitée, il n'aurait pas été au vu de la situation financière possible d'avoir une troupe
sédentaire. L'année 1959 étant marqué par un changement de municipalité, le projet est à nouveau repensé. Il est alors proposé de réaliser un projet plus modeste d'une part en raison de la
situation financière de la ville mais aussi du fait que la direction des arts et des lettres ne consente une aide importante à la ville que si elle accepte de construire une salle de moins de
1.300 places. Cette diminution de la salle de spectacle entraîne une réduction des surfaces bâties. Il a alors été craint que cela ne détruise l'harmonie qui devait exister entre la masse du
bâtiment et la grandeur de la place Gambetta. Jacques Tournant préconise alors de coupler des commerces avec le théâtre. En 1961, la décision fut prise par la ville du Havre de reconstruire le
théâtre. La société INTERORGA dépendant du conseil général d'organisation proposa à la ville la construction dans une enveloppe commune d'un casino et d'un théâtre.


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La société serait alors disposée à rechercher un groupe financier acceptant de prendre en charge la construction d'un casino et de céder gratuitement les éléments immobiliers à la ville si
celle-ci autorisait l'implantation dans une enveloppe commune du casino et du théâtre. Deux groupes financiers ont été trouvés. D'une part, pour la partie du casino, il s'agit de Monsieur
Beauchet, président directeur général des sociétés immobilières et des casinos de Marrakech, de Casablanca, de Tanger et de Beyrouth et président directeur général du Moulin Rouge, du Billard
Palace et du Cercle de Paris. Pour ce qui est de la partie du Bowling, c'est l'AMF, filiale de l'American Machine and Foundry Overseas Corporation de Genève. Ces propositions furent accueillies
favorablement par la municipalité et le ministre de la reconstruction a été averti du nouveau projet. Il a alors chargé Monsieur Guillaume Gillet, architecte en chef des bâtiment civils et Palais
nationaux d'établir un projet permettant d'examiner les conditions dans lesquelles la construction nouvelle pourrait être réalisée et à quel prix. L'étude fut rendu en juin 1961, il en ressort
que le coût total de l'opération serait d'un montant de 6.883.700 Frs soit pour la partie du théâtre de 1.157 places un montant de 4.414.400 Frs. Or le montant des dommages de guerre a été fixé à
3.438.000 Frs, il y a donc une différence de 980.000 Frs. Pour réaliser l'équilibre financier, il est alors proposé :


« 1° le transfert de trois créances de dommages de guerre qui sont les seules pour lesquelles, la Ville n'a pas encore pris position au sujet de leur utilisation.


Il s'agit :


a) de la créance consort Durecu achetée par la ville du Havre .................... 90.000 Frs


b) du solde de la créance de l'école maternelle de la Rue de l'Alma ............ 60.000 Frs


c) de la créance du Patronage laïque de Graville ......................................... 33.000 Frs


Soit au total...................................................................................... 183.000 Frs


 


2° par l'octroi d'une subvention que nous avons sollicité du Min

DAN 04/01/2012 08:44



Bonjour B58.
Je vais répondre complètement à la dernière page de ce très très intéréssant commentaire -/-



B58 01/10/2011 16:00



Bonjour, voici le programme officiel du casino pour l'année 1914.











Dans le programme, pour attirer les clients, il y a des photos de l'intérieur du casino. La première est celle de la grande salle de jeu avec encore le jeu de petits chevaux en marche.





Avec cette photo, on peut facilement imaginer les joueurs en action, le monde qu'il pouvait y avoir et l'ambiance de l'époque. D'ailleurs, ce jeu n'a pas fait long feu au casino car il déchaînait
les foules et il y a eu plusieurs incidents et problèmes qui en ont découlé.


L'autre photo, est celle de la terrasse couverte du café-glacier du casino, à l'époque, cette galerie sur la mer n'était pas fermée, mais elle le sera très vite au début des années 1920 et des
radiateurs y seront même insatllés pour agrandir l'établissement. On peut facilement s'imaginer en été, assis sur l'une des chaises, sirotant une boisson bien fraîche ou dégustant une glace, face
à la mer en regardant les paquebots partir. cela devait pour le coup être très agréable.






DAN 01/10/2011 23:09



Bonsoir B-58. Aaah je constate que vous avez trouvé de véritables petits trésors  aux archives, ce dessin du programme est tout simplement fantastique et bien
dans le style "art nouveau" que j'affectionne.
Nul doute que si cette terrasse existait encore, elle aurait un succès fou, surtout avec le temps que l'on a en ce moment. La seule chose qui manquerait peut
être,  serait ces paquebots qui parcouraient l'atlantique nord, bien qu'avec les bateaux de croisières qui viennent régulièrement faire escale au Havre, l'ambiance serait bien restituée



Bonne fin de semaine B-58 



B58 30/09/2011 14:09



Bonjour, j'ai aujourd'hui tenté de percer le mystère de la photo du casino que vous m'avez envoyé.





Cette photo où l'on voit le casino bombardé porte dans le livre Les Havrais et la Mer la légende : état du casino à la fin de guerre. Cette photo
est donc un précieux témoignage, mais elle est encore plus incroyable. En effet, la chose qui me dérangeait, était que le théâtre qui est le sujet de la photo, est certes bien endommagé, mais il
semble réparable. De plus, dans les papiers de mon arrière grand père, il était écrit que :"après un autre bombardement, les allemands ont fait murer les fenêtres". Or ici, point de murs. Au
début, j'ai pensé qu'ils avaient pu être rouverts à la Libération mais non.


Voilà une photo de 1945 que j'ai trouvé aux archives du Havre.





On voit clairement que les baies du casino étaient encore murées.


Mais la solution vient avec cette photo, toujours prise à la Libération





On voit bien ici que les ouvertures sont encore murées mais on remarque également qu'en ce qui concerne le théâtre, tout s'est effondré y compris le mur soutenant le dôme. Cet éboulement est sans
doute dû d'une part à l'affaiblissement de la structure par l'infiltration de l'eau dans les murs, le toit ayant été démoli, mais lors des bombardements de 1944, la maison à l'angle de la Rue
Maupassant, aujourdh'ui cabinet Renard a été détruite, on peut alors penser que l'on de choc des bombes si ce n'est une bombe qui a à nouveau frappé le casino, est à l'origine de cela. Par
conséquent, la première photo censée être de 1945 est en réalité une photo qui a été prise en 1941, juste après le bombardement et juste avant que les allemands ne fassent murer les ouvertures.
De plus, une autre photo, d'une toute autre époque pourrait trouver sa place ici car lors de la démolition du dôme en 1960, le mur qui est ici affaissé, a été démoli et malgré tout le dôme est
tombé au bout de 3 jours ce qui signifie que le bâtiment était vraiment très solide.



DAN 30/09/2011 15:21



Bonsoir B-58
La conclusion à propos de la photo, du livre « les havrais et la mer » n'était pas facile à trouver, et à y regarder de près après analyse, il ne
fait aucun doute que cette photo, sans les baies occultées, ne pouvait être prise qu'après le bombardement du début de la guerre. Les charpentes calcinées n'ont pas pu rester en l'état pendant toute la durée du conflit. Donc on ne pouvait à la fois avoir ces
charpentes et ces baies encore non murées qu'au début de la guerre, et les baies murée sans les charpentes qu'en 1945.
Cela à l'air évident comme ça, mais même les grands historiens peuvent se tromper quant à la chronologies de ces évènements. Ce qui rend vos conclusions très
intéressantes et remettent ces évènements dans leur chronologie exact .
Merci pour cet excellent  travail B-58, et bonne soirée



B58 26/09/2011 19:18



Bonsoir, j'ai enfin trouvé la réponse à une question que nous nous étions posé sur une liste de patins au casino. Nous avions conclu alors que cela pouvait être pour les employés mais non. En
recoupant mes documents et les informations trouvées aux archives, la solution est enfin apparu et elle est loin de ce que l'on pouvait imaginer. En effet, nous avions cette liste assez
déroutante :





Dans l'inventaire du casino de 1922, dans la partie du café, il y avait aussi ceci : piste de skating.


Et dans le livre de Monsieur BETTON sur le quartier Saint Vincent, voilà ce que je trouve :


"A la fin de la guerre de 1914-1918 [...] on dansait le charleston et le tango. Il y avait de nombreux concours de danse. Je me rappelle que j'allais au casino Marie-Christine dont une partie de
la salle de danse avait été réservée au skating (danse sur patins à roulette)".


Et voilà donc la réponse à toute cette affaire. Ainsi donc pendant les années 1920, la piste de skating était dans la salle de bal et les fameux patins étaient donc des patins à roulettes. Cette
attraction devait alors être le nec plus ultra.



DAN 26/09/2011 19:32



Bonsoir B-58. En parlant de patins à roulettes, je ne peux m'empêcher de penser au film de Charlie-Chaplin, où on le voit danser le "skating" !
Effectivement, il était beaucoup plus commercial de louer ces patins, plutôt que de venir avec les siens propre. On retrouve ce type de location aujourd'hui, mais
avec les patins à glace.
J'ai fait de ces patins à roulettes dans ma jeunesse, ces patins avaient 4 roues côte-a-côte, ce qui donnait une certaine stabilité,  même au débutant, cela n'a
rien à voir avec les actuels rollers où les roues sont dans l'alignement et non deux par deux comme ceux loués au casino.
Il n'empêche que les chutes devaient être fréquentes car danser avec ces "engins" ne devait pas être très facile.
Bonne soirée B-58 !



B58 14/09/2011 23:48



Bonsoir, grâce à mes recherches aux archives, et en complétant les éléments trouvés par des informations lus dans les livres aux archives, il m'est maintenant possible de retracer la journée du
15 septembre 1940. Voilà un bond dans le temps de 71 ans.


Ainsi, le 15 septembre 1940, cela faisait un mois que les allemands occupaient le casino. Cette date du 15 à l'époque était très importante pour les allemands. En effet, le maréchal Goering
espérait qu'à cette date la défense aérienne britannique soit détruite pour permettre le débarquement du 17. En pleine bataille d'Angleterre, la Grande Bretagne étaitécrasée sous les bombes
allemandes malgré les efforts de la RAF. Mais cela n'était rien puisque le 15, donc, près de 1000 avions allemands s'acharnent sur Londres.


Pendant ce temps là, au Havre, le 15 au matin, des rumeurs commencent à circuler. A l'origine de cela, le fait que la veille, le 14, de nombreux costumes et robes de galas sont arrivés au
pressing de l'hôtel de Ville pour être rafraîchis de toute urgence. Plus la matinée avance et plus les rumeurs semblent indiquer que le maréchal Goering se rendra à une réception donnée au casino
le soir même. Etant donné le rôle du personnage et vue la situation, un court message radio est envoyé vers Londres via Sanvic. Les anglais ne pouvant se permettre de louper une telle occasion,
décident donc de lancer leur premier grand raid aérien sur Le Havre avec pour principales missions de détruire la flotte allemande dans le port et de bombarder le casino.


La journée passe, le soir arrive et la réception commence. Pas moins de 150 officiers sont réunis. Le dîner se passe sans problème et à la fin, vers 23 heures, l'attaque du port commence. Les
bombardiers anglais commence leur mission et les bombes pleuvent sur le port avant que la sirène ne soit déclenchée.  La défense anti aérienne réplique alors, mais la sirène
d'alerte reste muette. Au casino, les convives encore présents se pressent sur la terrasse pour admirer le spectacle s'offrant à eux pensant que c'est une démonstration donnée en leur honneur. A
ce moment précis, deux bombardiers légers de la RAF surgissent et larguent 2 bombes qui frappent la terrasse, l'une touche le pilier gauche de l'entrée principale et l'autre atteind le coin du
mur d'enceinte de la Rue Guy de Maupassant. Sur la terrasse, c'est la panique, il y a des blessés, des morts, la façade du bâtiment est endommagée et les bris de verre ont volé dans tous les
sens. Sur le Boulevard, c'est alors l'embouteillage, des ambulances françaises et allemandes emportent les blessés, les voitures d'état major remportent leur occupants en sang. Les blessés
légers étaient soignés au Havre alors que les autres étaient conduits à l'hôpital de Rouen. Dans les jours qui suivirent, les pages d'entrée de l'hôpital furent arrachées, la
quarantaine de décès sera annoncée dans les journaux de manière espacée. Les blessés quant à eux resteront chez eux pour cause de maladie.


Ce raid sera un succès pour les anglais puisque le débarquement prévu pour le 17 sera annulé. Pour ce qui est de la présence de Goering ou non ce soir là au casino, le mystère reste. Semble-t-il
qu'il effectuait alors une tournée des aérodromes normands pour soutenir le moral de ses soldats dans la bataille d'Angleterre, il aurait pu ainsi être au casino et serait parti plus tôt dans la
soirée évitant ainsi le bombardement. Il semblerait aussi qu'il se soit blessé à la jambe à Trouville et que soigné à l'hôpital de Rouen, la rumeur ait voulu qu'il ait été tué dans le
bombardement du casino. Pour certains, c'était un parent à lui qui était présent ce soir là. Au final pendant plus d'un mois cette rumeur fera son chemin jusqu'à Paris. La plupart des traces
de cette histoire ont été effacées tel que les registres d'entrées des hôpitaux et les rapports de la police havraise, eux ne mentionnement aucune victime civile passant sous silence les victimes
militaires.


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DAN 15/09/2011 00:39



Bonjour B-58. Un récit de ce bombardement comme si on y était. Le bilan de ce bombardement est différent selon les source semble t-il, pourquoi cacher le résultat et
le bilan de ce raid ? Une question à éclaircir, car ce n'était certainement pas pour tromper l'ennemi alors pourquoi ?
Quant à la présence ou non de Goering, je pense effectivement qu'il ne devait pas être au Havre à ce moment la.
Et quant à savoir si ce raid a changé quoi que ce soit de la part des allemands s'agissant du débarquement en Angleterre , il faut lire à ce sujet l'excellent livre
de André-Georges Vasseur : Boulogne 1940 Ce qui a sauvé le monde. Édité par la société académique du boulonnais. Ce livre explique très bien les raisons de l'abandon de l'invasion de
l'Angleterre par les allemands. Il n'en reste pas moins que les anglais avaient eu vent de cette invasion, et tout ce qui permettait de dissuader les allemands d'envahir l'Angleterre a été fait,
notamment ce bombardement sur le havre et, bien sûr, sur le casino.
Bonne journée B-58 !



B58 17/08/2011 23:30



Après avoir vu l'histoire de la construction, je vais revenir sur le fameux plan dont l'histoire que j'ai raconté était assez confuse. Ce plan date de 1924, mais a y regarder de plus près, il y a
plusieurs détails qui n'ont jamais fait partie du casino et des détails qui ont été modifiés lors de la construction.





Les détails les plus flagrants, sont la fenêtre de ce qui aurait dû être le bureau du directeur, les fenêtres du côté de la Rue Guy de Maupassant pour le café et la même chose à l'opposé
pour le salon des dames et également, l'angle de la terrasse. Ainsi, ces détails les plus marquants n'ont jamais fait partie du casino mais ils se  trouvent sur la gravure du casino qui a
servi d'entête au papier à lettre de la société du casino mais aussi de carte postale.





Cette gravure n'étant qu'une vue du projet tel qu'il aurait dû être et non de ce qu'il a été, est ce qui m'a fait dire que ce plan de 1924 est une copie du plan d'origine datant de 1909-1910.


L'explication à cela pourrait être que pour les demandes d'autorisation pour pratiquer les jeux, il fallait fournir le plan de l'établissement, cela d'origine étant sans doute trop abimé,
l'architecte plutôt que de se casser la tête à aller sur place pour prendre les mesures, ... aura certainement recopier le plan abîmé. Le prix aura sans doute été moins important.



DAN 18/08/2011 11:17



Bonjour B-58
Là je comprends mieux la différence entre le « nouveau » et « l'ancien » Casino. Il est vrai qu'il y a toujours une différence entre un projet et sa réalisation. Ainsi ce qui est amusant, c'est
de voir sur la gravure la mer arrivée au ras du boulevard maritime, alors que, dès la construction du casino elle se trouvait déjà au delà du cordon de galets bordant le rivage. Ces détails
techniques sont presque invisibles sur les cartes postales, vu que la plupart du temps elles sont prise face au casino.
On peut comprendre aussi qu'ils aient repris cette gravure pour la demande d'autorisation, après tout c'est bien normal d'abaisser le plus possible le coût de cette opération. En tous caqs bravo
pour cette fine observation et bonne journée B-58 !



B58 11/08/2011 11:00



 


Pour situer l'action, nous sommes alors en 1907, le Havre possède alors 2 casinos : Marie-Christine et Frascati tous deux dirigés par Henry Vivier, malgré tout, la concurrence fait rage entre les
2 établissements et la coexistence est difficile. En parallèle, à Saint-Adresse, Dufayel construit de nombreuses villas et mène à bien un projet de casino-Palais des Régates devant être inauguré
le 28 juillet. La situation est tendue.


Un coup de foudre va alors retentir. Le 15 juin 1907, une loi réglementant les jeux de casino est promulguée. Jusqu'à alors, les autorisations de pratique les jeux pour les casinos étaient
données au cas par cas par le préfet. Désormais, c'est le ministère de l'Intérieur qui délivre les autorisations après avis de la municipalité et l'établissement d'un cahier des charges. Tout est
chamboulé. Le projet de casino de Dufayel est mis en suspend momentanément, Monsieur Vivier quant à lui, début juillet, procède aux demandes d'autorisations pour ses casinos. Mais en même temps,
la Société du Grand Hôtel et des Bains Frascati fait aussi une demande pour le casino Frascati. La situation est alors très confuse et le litige sera porté devant le tribunal de commerce. Le
casino Frascati semble dans une fâcheuse position et la situation tourne en faveur du Marie-Christine. De plus, Dufayel est venu trouver le maire du Havre en lui disant qu'il n'avait pas
l'intention de créer un casino à proximité de ses propriétés si la ville du Havre était susceptible d'en avoir un pouvant donner satisfaction à ses clients. Dans le cas contraire, il précise
qu'il n'hésiterait pas à en créer un (d'ailleurs, il ne lui manque que l'autorisation pour le Palais des Régates). Il pose comme condition que le casino du Havre soit à une distance raisonnable
de Saint-Adresse. La mairie du Havre pour préserver ses avantages réagit de suite et contacte Monsieur Vivier. Ce dernier par lettre du 16 août informe la municipalité de sa volonté de créer un
casino municipal : « ce casino serait élevé sur le terrain de l'ancien Palais de la Reine Marie-Christine, sur des plans soumis à la municipalité et comportant les améliorations des
établissements modèles de ce genre en France ». En effet, le terrain du casino Marie-Christine est le seul à requérir toutes les qualités pour l'établissement d'un projet d'ampleur, c'est à
dire : un terrain d'environ 6000 m², à proximité de Saint-Adresse, de plus, il y a deux autres avantages, depuis quelques années, le Boulevard Maritime devient un centre attractif et le terrain
appartient déjà à Monsieur Vivier. Le budget prévisionnel du projet est alors fixé :


- Terrain.................................. F. 400.000


- Constructions........................ '' . 500.000


- Aménagements et mobilier .. '' . 100.000


Ensemble ... '' . 1.000.000


Ainsi donc, en novembre 1907, la construction d'un nouveau casino de grande ampleur semble inévitable et le conseil municipal adopte le principe à l'unanimité. Il ne reste alors qu'à fixer les
modalités du projet de casino municipal, chose qui fait débat au sein de la municipalité.


Les discussions vont durer encore une bonne année. Au final, le projet d'un casino municipal va être abandonné au profit d'un projet privé. En effet, dans le cadre du premier projet, le casino
serait construit par Monsieur Vivier et au bout de 36 ans, il deviendrait la propriété de la ville. S'ajoute à cela, le versement chaque année à la ville d'une certain somme prélevée sur le
produit des jeux. Mais cette solution présente certain désavantage comme l'implication de la mairie dans la gestion de l'établissement, c'est pour cela que c'est la deuxième solution qui sera
retenue. Dufayel semble lui aussi avoir tiré quelques bénéfices de cette affaire puisqu'en mars 1909, Gustave Rives son architecte et ami, est choisi pour réaliser le projet, il sera secondé par
Auguste Boeswillwald, architecte havrais, chargé du suivi sur place. Le 17 septembre 1909, les plans sont terminés et le 30 du même mois, le permis de construire est délivré. A cette date, le
casino Frascati ferme définitivement et le Marie-Christine qui vient aussi de fermer, s'apprête à être démoli. Les travaux en principe peuvent commencer mais la nature du terrain pose problème.
Ainsi, il faut repenser les fondations et effectuer des gros travaux de terrassement. En octobre, la société parisienne Hennebique spécialisée dans les fondations en béton armé est donc chargé de
résoudre le problème et dès le 19, les plans des fondations sont près, le chantier peut se mettre en route. Le battage des pieux commence mais le chantier a déjà pris du retard sur l'objectif
prévu.








 


Pour rattraper le temps perdu, les ouvriers travaillent d'arrache-pied, les pierres de taille sont amenées prêts à poser pour gagner du temps, à la grande surprise des promeneurs. Pendant que les
couvreurs terminent les toitures, la climatisation est installée dans les sous-sols. Le casino avant même d'être terminé est l'attraction du Boulevard. De nombreux articles de l'époque racontent
la vitesse à laquelle le projet avance. En février 1910, le cahier des charges est signé entre la ville et la société du casino. L'autorisation des jeux est donnée pour le 1er juin, date à
laquelle, le casino doit ouvrir. Mais le retard accumulé entraîne que début juin, rien n'est près. D'ailleurs, voici une photograohie prise le 4 juin, soit 3 jours après l'ouverture prévue.





 


La situation est critique, la saison commence et la société perd de l'argent. Malgré tout, les travaux continus. La décision est prise alors pour accélérer le train, de décorer les salles
provisoirement et de finir la décoration définitive ultérieurement. Enfin, l'inauguration est annoncée pour le 23 juillet. La journée du 23 est assez particulière, pendant que dans la salle de
théâtre, l'orchestre et les chanteurs répètent une dernière fois Manon, de Massenet et que les croupiers peaufinent leur entraînement, les ouvriers finissent de démonter à la hâte les
échafaudages, d'enlever les pots de peinture restant, ... A huit heures, quelques instants avant l'ouverture des portes, la tension est à son comble. Dès l'ouverture, la foule curieuse se masse
dans le hall et les salles. A neuf heures, la salle de spectacle donne sa première représentation. Dans les salles à côté, les jeux tournent à plein. La première soirée du casino est une grande
réussite, elle sera d'ailleurs saluée unanimement dans les journaux locaux. Pour arriver à un tel résultats, il n'aura fallu que 10 mois et un travail prodigieux de la part des ouvriers.



DAN 11/08/2011 15:28



Bonsoir B-58
Extraordinaire, je n'ai pas d'autres mots pour qualifier votre travail de recherche, et cette partie de la construction du Casino est telle que je l'espérais,
détaillée et précise. La partie administrative n'ai pas dépourvu d'intérêt bien au contraire, elle nous dévoile les petits secrets qui ont présidés à la mise en œuvre du Casino.
L'attitude de Dufayel a donc été déterminante pour favoriser le "Marie-Christine" plutôt que le "Frascati". Ce qui est à souligner aussi c'est la rapidité avec
laquelle ce casino a vu le jour, quel dommage que ces dispositions à sa réalisation n'aient pas été de mise lors de la reconstruction, cela aurait été réglé beaucoup, plus vite, mais je ne
reviens pas sur le sujet.
En tous un grand merci pour ces précieux commentaires qui nous permet de retracer la genèse de ce Casino Marie-Christine.
Bonne soirée B-58 !
DAN.



B58 10/08/2011 12:15



Bonjour, je suis plus que d'accord avec vous en ce qui concerne : l'intérêt qui s'attache à voir disparaitre l'actuel Casino donc l'aspect est loin de servir le
caractère touristique du boulevard... Ce qui est d'autant plus consternant et qui révèle en même temps les réelles aspirations
de la municipalité et que cette phrase n'est pas issue d'une simple lettre mais des délibérations du conseil municipal. Le but est donc clairement affiché.





Dans un précédent commentaire, nous avions déjà longuement évoqué le fait que promoteurs et municipalité s'étaient entendus pour
libérer l'emplacement du casino. Jusque là, nous ne pouvions faire que des hypthèses mais là, les écrits sont là. En feuilletant le dossier, j'ai tenté coûte que coûte de rester le plus objectif
possible en me disant que finalement mon arrière-grand-père pouvait être le seul responsable de ce massacre architectural mais malgré tout, je concluerait plutôt en disant qu'il a été le "dindon
de la farce" dans cette histoire.


D'ailleurs, l'extrait suivant d'une lettre de septembre 1959, du CRIC à la mairie tend bien à confirmer toutes ces manoeuvres car
sinon, pourquoi la municipalité aurait besoin d'"apaisements" et aurait des "craintes" si ce n'est qu'en voulant le beurre et l'argent du beurre, en récupérant l'ancien casino sans faire le
nouveau, elle ait quelques cas de conscience.





A mon tour d'être un peu grossier mais je trouve toute cette affaire assez "dégueulasse" et pas seulement parce que cela touche mon
arrière-grand-père. Cela rejoint ce que j'avais eu l'occasion de dire à Géo sur son blog, c'est à dire que si une mairie décide de faire quelque chose, ou plutôt dans le cas du Havre de démolir
quelques choses, malgré tous les efforts, c'est toujours elle qui aura le dernier mot.


Mais bon ainsi va la vie et d'ailleurs, après tout, les légendes ne naissent telles pas d'histoires avec des fins à la Shakespeare, il
n'y a qu'à voir le Havre et ses paquebots. Pour terminer sur une note plus positive, j'annonce déjà la couleur, je ferais mon prochain commentaire sur la construction du casino, ce qui est
nettement plus réjouissant.


 



DAN 10/08/2011 13:37



C'est vrai que plus vous avancez dans les archives, plus vous confirmez la collusion entre promoteurs et municipalité. De vague au départ l'hypothèse se confirme de
plus en plus, et j'ajouterais hélas, car votre arrière grand père en a fait les frais.
Pour ce qui est de la volonté de démolir de la part de la municipalité, et malgré les efforts de certains blogueurs comme geo ou moi pour les éviter, je crains, là
aussi, que l'on nous berne en nous assurant que notre point de vue est pris en compte. Mais si, l'on ne faisait rien nous aurions aussi mauvaise conscience, alors continuons le
"combat".
Je vais attendre avec impatience votre prochain commentaire sur la construction de ce Casino, alors à très bientôt B-58 !



B58 10/08/2011 00:10



En 1959, le projet de nouveau casino est relancé face à la passivité de la municipalité, celle-ci va alors faire sauter tous les obstacles pour faire avancer celui-ci mais depuis 1953, le terrain
où doit avoir lieu la reconstruction est inaliénable et donc la mairie sait que le projet est impossible. Malgré tout, en apparence, le projet paraissant en bonne voie, il fallait alors trouver
le financement, donc vendre le casino actuel. Le CRIC se porte de suite acquéreur et en août, un premier compromis est signé. La lettre adressée à la municipalité et accompgnant le compromis et
une des preuves qui accrédite que tout était prévu pour libérer la place coûte que coûte. Ainsi le paragraphe mentionnant l'absence de clause suspensive de la part de la société du casino
montre d'une part que la mairie avait peur qu'il soit possible que une fois le projet de nouveau casino soit tombé à l'eau, la société récupère la casino, mais aussi que ce projet ne pouvait
aboutir et que le but de la municipalité n'était donc pas d'aider à construire un nouveau casino, mais de démolier l'ancien. 





A la suite de cela, le CRIC va vouloir accélérer les choses et veut que les autorisations de constuire le Ponant soient données pour la fin de l'année 1959. Dans sa délibération de novembre, la
municipalité va écrire un petit paragraphe, qui vient confirmer le tout.





D'ailleurs, si le projet de nouveau casino n'avait pas paru aussi avancé que ce que la mairie a bien voulu le montrer, il est quasiment certain que mon arrière-grand-père n'aurait pas vendu car
il se serait ainsi retrouvé sans rien. Malheureusement, c'est ce qui s'est passé et le 113 Rue de Paris n'y a rien changé.



DAN 10/08/2011 09:40



Après lecture attentive et passionnante de ces archives, le regret de ne plus voir le casino est encore plus vivace au vu des témoignages fournis.  Que penser
en effet qu'après deux ans de travaux on puisse laisser ce casino dans l'état alors qu'il aurait suffit d'un dernier effort pour le restaurer complètement  et lui donner ainsi toutes les
chances d'être encore plus important et rémunérateur. Sans compter l'impact qu'il aurait eu en attirant les touristes et donc d'avoir une chance supplémentaire d'être plus rentable.
D'après l'avis du responsable de l'entreprise qui l'a restauré, ce casino était solide et aurait pu tenir encore longtemps ainsi.
Avec le regard que l'on a aujourd'hui et en constatant le succès de l'actuel casino, nul doute que l'établissement de votre arrière grand-père aurait trouvé
facilement sa place parmi les infrastructures touristiques de notre ville.
Et que dire de cette phrase lu dans la demande d'avis, phrase qui m'afflige au plus haut point phrase qui stipule : Compte tenu de l'intérêt qui s'attache à voir disparaitre l'actuel Casino donc l'aspect est loin de servir le caractère touristique du boulevard...,
excusez-moi de l'expression que j'emploie ici, mais je n'ai rien lu de plus con s'agissant de ce casino. C'était vraiment un manque total de discernement s'agissant de l'intérêt que pouvait
revêtir l'architecture auprès des visiteurs venant au Havre.
En tout état de cause la municipalité de l'époque n'a vraiment rien fait pour faciliter sa restauration.
Tout cela laisse un goût de gâchis total, mais que cela ne vous empêche pas de continuer vos recherches et votre travail à propos de ce Casino.
Toutes mes félicitations pour ce travail digne d'un historien , et je n'ai qu'une hâte, c'est de pouvoir lire la suite de vos recherches, alors à très bientôt
j'espère. !



B58 09/08/2011 23:34



Bonsoir, j'ai commencé à regarder mes trouvailles et les choses s'éclairent autour de la sombre histoire qui entoure la démolition du casino. Je reviendrai en détail sur plusieurs points
mais voici la trame de fonds.


 


A la sortie de la guerre, le casino est très lourdement endommagé. Commence alors le temps de la reconstruction. Dans un livre sur le quartier Saint-Vincent écrit par Gilbert Betton, on trouve
une citation de mon arrière-grand-père disant que : « les salles de boule et de baccara, le café qui borde la rue Guy de Maupassant, les petits et moyens dancings, les appartements et les
sous-sols sont en état ou n'ont que peu souffert et leur réfection est donc relativement facile. Même la façade est, elle aussi, facilement réparable. Ce n'est qu'une question de menuiserie, de
vitrerie ou d'autres matériaux. Si l'autorisation que j'ai sollicité m'est accordée, je puis moi-même faire entreprendre les travaux et redonner en peu de temps, au casino du Havre, son prestige
d'autrefois ». Les travaux sont donc entrepris pour ouvrir en 1946. A noter que l'autorisation ne sera donner à la société qu'en août 1949. Cette reconstruction devait alors s'effectuer en 3
parties : en premier les salles ayant peu souffert (celles précédemment citées), puis la grande salle de boule pour servir de théâtre provisoire, les galeries et la petite salle de restaurant,
enfin la dernière tranche de travaux devait comprendre le grand hall et la salle de théâtre. La réouverture a eu lieu le 13 juillet 1946 avec la fin de la première tranche. D'ailleurs
l'entrepreneur de l'époque, monsieur Lesueur a pu dire : « chef de chantier d'une grande entreprise parisienne, je fus amené à travailler à la réparation du casino du Havre. Ma première
impression en arrivant devant l'établissement fut que celui-ci ne paraissait pas trop en mauvais état, en tout cas, moins que ce que m'avait dit ma direction. Ce fut ma première erreur car
derrière la façade aux grandes baies murées par les Allemands, je pus constater l'étendue des ravages laissés par la guerre. Dans ce bel édifice, le spectacle était bien triste : murs affaissés,
corniches tordues et menaces d'effondrement des murs de soutènements minés par les infiltrations d'eau venant de sources ou de canalisation crevées. C'est dans ce climat plutôt désenchanté que je
dus engager une équipe de maçons et une de couvreurs pour travailler à la conservation d'une partie de l'établissement. Je suis reste de mars 1946 à juillet 1948 et je peux vous affirmer que j'ai
eu avec moi une équipe d'ouvriers de haut niveau technique et d'un courage exemplaire. Le travail fut parfois pénible car nous manquions de matériel mais aussi de matériaux. Pendant ces deux
années, nous avons permis à ce casino de reprendre son activité – certes plus modeste qu'avant-guerre mais tout de même dans des conditions acceptables. Nous avons pu remettre en état le
café-dancing, une salle de baccara, plusieurs bureaux pour l'administration, les galeries, l'escalier monumental et deux appartements de l'étage. Une grande partie des murs extérieurs furent
repris, les grandes baies réparées ainsi que la réfection de l'entrée sur le boulevard, mais aussi la remise en état des terrasses et des toits. Je n'ai pas terminé ce chantier et j'ai quitté ce
casino avec regret car il restait encore beaucoup à faire dont la rénovation du théâtre. Je suis parti du Havre avec la fierté d'un beau travail accompli et je fus bien triste lorsque j'appris,
par un ami, la destruction de ce casino dans les années 1960. Quel gâchis d'avoir permis une telle abomination ». Un problème ne venant pas seul, en plus des tracas des travaux, arrive le
problème du financement des travaux. En novembre 1946, déjà 10,000,000 de francs avait été dépensés et les dommages de guerre n'avaient encore rien versé, mon arrière-grand-père a dû emprunter,
mais le taux d'intérêts était de 5%. La ville du Havre, sous prétexte que le produit des jeux est l'une des principales ressources de la commune et que sa situation financière est dramatique,
refuse de faire une remise même partielle sur le produit des jeux.








En 1948, alors que la deuxième tranche de travaux s'achève, les travaux ont coûté depuis le début 30,000,000 de francs et le ministère de la reconstruction n'a alors débloqué qu'un tiers des
fonds dûs. En mars 1948, la commission interministérielle de priorité devait se réunir, mon arrière-grand-père a alors cherché l'appui de la municipalité pour soutenir ses dossiers de
reconstruction pour le casino et les bains Marie-Christine et pour le casino d'Etretat. C'est ici un tournant décisif, car si le dossier est retenu, cela permettra de reconstruire le théâtre et
de terminer pour la fin d'année la reconstruction totale du casino. Mais le dossier ne passera ni pour le casino du Havre, ni pour celui d'Etretat.








Ainsi au début des années 1950, la position du casino est assez difficile. Bien que les parties remises en état tournent à plein régime, mais les dommages de guerre n'ont toujours pas été versés
et l'absence de théâtre l'empêche de retrouver son activité d'autrefois (ce qui lui vaudra des problèmes avec le ministère de la culture, ... jusqu'à sa démolition). En 1954, un avant-projet est
réalisé pour la reconstruction du hall et du théâtre. En juin 1955, un permis de construire doit être déposé au ministère de la reconstruction. Au dernier moment, mon arrière-grand-père demande à
l'architecte de surseoir à ce dépôt. A cette époque, il a l'idée de vendre le casino actuel et de transférer les dommages de guerre pour la reconstruction d'un nouveau casino. A ce revirement, il
y a plusieurs motifs, d'une part, les dommages de guerre n'étant toujours pas verser, le financement du projet aurait encore dû être avec ses propres deniers et même s'il devait être remboursé
par le ministère plus tard, cela pourrait prendre du temps et lui faire perdre beaucoup d'argent. De plus, en parallèle, il mène la reconstruction du casino d'Etretat sans les dommages de guerre,
cette reconstruction se faisant avec son argent personnel et celui du casino du Havre, ce qui n'est pas pour avantager ce dernier (jusqu'à 1960, le casino d'Etretat sera débiteur du casino du
Havre de 3,000,000 de nouveaux francs dûs à la reconstruction). Enfin, il semblerait que le ministère de la reconstruction soit plus enclin à verser les sommes pour des projets nouveaux plutôt
que pour de la réparation. En témoigne le désarroi dans lequel mon arrière-grand-père se trouve alors dans son testament de 1955, puisqu'il veut clairement que ses enfants « pour leur bien
être », vendent le casino. En octobre 1956, le projet est présenté au maire. Pour appuyer le projet est tenté d'avoir le soutien de la mairie (qui n'a jusqu'alors rien fait pour le
Marie-Christine), mon arrière-grand-père invoque le fait que dans l'état actuel, le casino ne peut plus répondre aux attentes des clients. A partir de là, la mairie va se livrer à un étrange
manège qui va aboutir à la démolition du casino. L'affaire du nouveau casino va traîner. En 1958, mon arrière-grand-père voyant la situation va puiser dans les fonds destinés à son projet pour
créer un cabaret. La même année, il demande à la mairie de l'autoriser à ouvrir un compte spécial pour que les recette du casino puisse servir à financer le nouveau casino. La mairie abonde dans
ce sens car elle veut en fait libérer la place du casino.






DAN 10/08/2011 09:07



Bonjour B-58. Je réponds complètement à ces deux nouveaux commentaires dans le deuxième.



B58 08/08/2011 22:45



 


Bonjour, j'espère que vous avez passé de bonnes vacances. Pour ma part, la semaine dernière je me suis trouvé au Havre. A cette occasion, j'en ai profité pour prendre d'assaut les archives (850
clichés en 2 jours) et même si je n'ai pu tout voir en un séjour, le peu que j'ai, éclaircit pas mal l'histoire du casino, ce qui promet encore quelques commentaires. La seule ombre qui demeure
est malgré tous les documents, les circonstances menant à la démolition de 1960 mais j'y reviendrai bientôt.


Pour le moment voici un tout petit aperçu de ce que j'ai pu trouver. Ci dessous, du papier à lettre avec une gravure du casino en 1887. On remarque d'une part que le boulevard n'est pas encore
là, ce qui est normal, tout comme pour les bains mais le casino n'a pas encore l'allure qu'il a sur les cartes postales. A cette époque, il est vrai que la dénomination casino est assez pompeuse.





Ensuite après de multiples péripéties et de nombreux changements de propriétaires, le casino est agrandi en 1897, c'est à ce moment qu'il prend la silhouette que l'on voit sur de nombreuses
cartes, entre temps, l'établissement de bain a été créé.





Voici ensuite un plan où l'on voit la disposition des bâtiments du premier casino.





Enfin, voici un plan que j'ai trouvé in extremis à 15 minutes de mon départ, il s'agit du rez de chaussée du nouveau casino. Ce plan semble-t-il date de 1924, mais je soupçonne d'après
certains détails que l'architecte ait repris le plan du projet de 1910 puisque certaines fenêtres qui apparaissent sur le plan, ... sont sur la gravure du projet sur le papier à lettre mais n'ont
jamais fait partie de la réalisation finale.





Aux archives, j'ai eu aussi la chance de rencontrer le fils d'une des cuisinières du casino qui a pu me raconter ses souvenirs de l'époque y compris lorsque mon arrière grand père le laissait
jouer avec son revolver. Il ma aussi parler d'une chose dont je n'ai jamais trouvé de trace et lui non plus d'ailleurs. En effet, il m'a dit que lorsqu'il avait dix ans, dans les années 1955, il
allait parfois jouer dans un souterrain dont l'entrée se situait dans la pièce au sous sol du casino qui avait 3 portes et justement  derrière l'une d'elle, il y avait un escalier et ce
souterrain passait sous le boulevard pour déboucher sur la plage. D'ailleurs, il paraît que c'est là qu'étaient stockés les réserves de boissons pour les bains. Est ce que cela vous dit quelque
chose, à vous qui avez connu le plage à l'époque du casino.



DAN 08/08/2011 23:21



Bonsoir B-58. Oui merci  j'ai passé d'excellentes vacances sur les traces des Étrusques et des Romains, ma passion pour l'histoire n'ayant pas de
frontière.
Dommage que je ne fus pas au havre lors de votre venue, cela nous aurait permis de nous rencontrer, mais ce n'est que partie remise j'en suis sûr.
Vos recherches aux archives ont été fructueuses, j'avais vu les cartons qui restaient à explorer, et je constate que vous avez passer un bon moment à les compulser.
Les archivistes étant très compétant et sympathiques je suis sûr qu'ils vous auront réservé le meilleur accueil.
pour en revenir à notre cher casino, vous avez remonter dans le temps en découvrant les premiers témoignages du casino, c'est un travail de fourmi que vous avez
accompli là, on découvre la genèse de cet établissement, avec ces documents. C'est sûr qu'il reste beaucoup de travail de recherches a faire pour écrire l'histoire complète du casino, mais vous
avez déjà fait là du bon travail.
Par contre il y a un détail que je ne comprends pas dans votre commentaire, vous parlez d'un plan du "nouveau" casino datant de 1924, et reprenant certains détails
du plan de 1910, ne s'agit-il pas du même casino ?
Enfin, cerise sur le gâteau, si je puis dire, le témoignage du fils d'une cuisinière. Voila le type de rencontre qu'il faut absolument ne pas louper et dont le
témoignage est très enrichissant et précieux. Pour le souterrain menant à la plage, bien qu'ayant connu ce casino, je n'en ai jamais entendu parler et n'en ai pas connaissance. Mais c'est fort
possible qu'il existât puisque qu'ainsi le personnel n'avait pas à traverser le boulevard pour apporter les boissons sur la plage. Je pense que l'on ne pourra en trouver traces que dans les plans
et archives, car sur le lieux même......
Merci de votre fidélité à ce site, et je vous souhaite une excellente fin de soirée !



B58 17/06/2011 22:53



Bonsoir, dans un commentaire précédent, on avait pu voir que les meubles du casino lors de la réquisition britannique avaient été transporté dans 3 lieux différents, d'une part dans la Rue Dumé
d'Aplemont, à l'école et chez les pompiers, dans la salle des ventes de Sotteville lès Rouen et dans les étables de la ferme de Fréville. Dès 1940, les meubles Rue Dumé d'Aplemont avaient été
totalement détruits. Voilà la suite, ce qui s'est passé en 1944 pour les meubles de Sotteville. Suite aux bombardements de la ville, il a fallu rapatrier en vitesse les meubles à Fréville et
c'est seul que le directeur s'est occupé de cette tâche avec son camion. Voilà une suite de lettres de l'époque racontant cette épopée pour sauver les meubles notamment le dernier voyage sous les
bombes. J'en profite ici pour mettre des extraits un peu plus large pour illustrer la vie à l'époque.


Mardi mai 1944


Mon cher François,


Avant de commencer ma lettre, je tiens à te recommander la prudence plus que jamais.


Tu sais que la salle à Sotteville a été sinistrée, les portes et fenêtres et les toitures des trois constructions ont de gros dégâts.


Depuis la place V. jusqu'à la mairie et même au delà, ce n'est qu'un amas de maisons détruites si bien qu'il ne reste plus personne. J'ai donc été obligé de fermer et de déménager tous les
meubles, il m'en reste encore un camion que je ferais un peu plus tard. Le tout est arrivé dans la grande étable, mais quel travail !


A la ferme, les évènements suivent leur cours. Nous manquons d'eau et depuis longtemps, pas de pluie. J'ai fait creuser une mare dans le grand herbage, j'espère aussi ne plus avoir àbesoin de
porter l'eau.


Rouen a subi de grands dégâts, la ville est bien triste.


On nous prédit de grands évènements pour bientôt – débarquement ou fin de la guerre, qu'y a-t-il de vrai dans tout cela ? Pour ma part, je crois que la fin n'est pas encore proche, à mon grand
regret.


Au bord de la mer, impossible maintenant d'entrer au casino. La construction est minée, à l'intérieur, il ne reste plus rien même pas les parquets.


Nous voulions t'expédier un colis mais c'est interdit en ce moment sauf pour les prisonnier.


 


Jeudi 22 juin 44


Mon cher François,


Un mot en toute hâte du marché de Pavilly. Combien d'évènements nouveaux depuis ma dernière lettre si tu l'as reçue.


Débarquement des anglo-saxons – par suite une semaine d'arrêt de la vie normale.


Bombardement de Rouen – impossible d'y retourner sans danger.


Tous les meubles de la salle de Sotteville sont amenés à la ferme dans la grande étable.


Au dernier voyage, le mardi, j'ai failli y rester, une demi heure de bombardement ont tout détruit dans Saint Sever, obligé de passer à Bourg Achard, les ponts étaient démolis.


Quel cauchemar – enfin, c'est passé. Je ne sais si tu recevras cette lettre, le courrier marchant si mal.


Bien entendu, il ne faut plus compter sur mon arrivée à Cosne, les permis de circuler étant supprimés.


Nous attendons chaque jour de tes nouvelles. La nouvelle armée allemande fait quelques ravages dans les environs.


J'espère que tu et toujours tranquille dans ton coin et suis satisfait de te savoir à Cosne en raison des évènements présents et à venir.


 


Le 22 juillet 1944


Mon cher François,


Bien reçu ta lettre du 4 juillet 1944. A la ferme tout marche normalement. Aux environs, c'est à dire 10km, il y a quelques bombardements. Du côté de Caen, les évènements sont à peu près
stationnaires. Nous espérons passer au travers.


Des tranchées de 5 m de long, de 0,70 de large et 1 m 60 de profondeur sont creusées par les habitants à 50 m les unes des autres sur toutes les routes pour le passage des troupes et ce en
prévision d'évènements militaires.


Les permis de circulation ont été supprimés mais je vais à Rouen tous les samedis avec un permis spécial.


Il ne faut pas compter sur moi pour aller à Cosne, à moins que je me décide à faire la route à bicyclette mais ce serait un bien long voyage pour moi.


J'ai appris par le journal que Nevers avait été bombardé. Je crois qu'il n'y a pas de coin tranquille en ce moment, mais à la Folie vous serez tranquille, je l'espère.


 


Dimanche 16 juin 1945


Marcel et Albertine (concierges du casino) retrouvent leur famille aujourd'hui.



DAN 17/06/2011 23:24



Bonsoir B-58.
Vous avez bien fait de mettre ces extraits de lettres dans votre commentaire. Les témoignages de cette époque sont très importants et ils permettent de se faire une
idée plus précise des conditions de vie à cette période. Surtout qu'ici ce sont des lettres écrites au moment des faits, et non d'un témoignage plus tardif sur ces conditions de vie. On a beau
dire mais rien ne remplace les témoignages tels ceux-ci écrits sur place. On devine aussi l'état dans lequel le casino devait être, et la récupération des meubles a été une aventure mouvementée
c'est le moins qu'on puisse dire. De plus, vu l'époque des récits, c'est à dire peu avant et après le débarquement, on devine aisément que les conditions de voyages devaient être encore plus
restrictives qu'au cours de la guerre, et faire un voyage en vélo dans la France d'alors devait être une aventure encore plus dangereuse pour le directeur, et je comprends sa décision de ne pas
le faire.
Si vous êtes décidé à écrire la vie du casino, il faut absolument l'associé à la vie de son directeur, les deux destins sont des plus passionnants pour un lecteur de
2011. Merci de continuer à écrire des commentaires à ce sujet et je vous souhaite une bonne continuation dans cette tache, bonne fin de semaine B-58



B58 23/05/2011 16:19



Bonjour, voilà un commentaire sur la vie quotidienne au casino qui au fil de mes recherche apparaît comme plutôt atypique. En effet, lorsque l'on parle de casino, il vient toujours à l'esprit
l'image des réceptions, des bals, des tenus élégantes, ... Il en est de même pour son directeur, ... D'ailleurs cela s'illustre avec cette  photo du Régent (mon grand-père est de face en bas
à droite).


Mais en réalité, l'envers du décor est bien différent de tout cela et au Marie-Christine, tout le monde devait mettre la main à la pâte. En témoigne cette photo prise au même endroit également
dans les années 50.


Le fait était simple mon arrière-grand-père faisait travailler tout le monde comme ici pour faire le ménage, mais cela pouvait aussi être de la maçonnerie, ... Cela me rappelle deux anecdoctes
dans le même genre. Ma grand-mère m'a un jour raconté qu'elle détestait aller au Havre car lors des bals, elle était obligé de danser avec les clients, elle disait notamment : "il
fallait que l'on fasse danser les jeunes le temps que les parents aillent jouer". Une autre histoire est arrivée le jour où il a manqué un pianiste dans l'orchestre. Le frère de
mon grand-père qui jouait très bien du piano et alors monté sur scène en plein bal pour jouer sans le dire à son père. Le dancing étant à côté du bureau de la direction, lorsque son père est
sorti et qu'il l'a vu, il a tout simplement piqué une crise et a ramené son fils devant tout le monde, dans son bureau pour avoir des explications.


Je ne sais pas comment cela se passe dans les autres casinos, mais je pense qu'avec ces petites anecdotes cela désacralise un peu l'image du casino et le rend plus humain, ce qui est plutôt une
bonne chose



DAN 23/05/2011 19:05



 


Bonsoir B-58
En effet, c'est tout à fait dans l'air de l'époque où tout le monde mettait la main à la pâte, car en pleine reconstruction le Havre manquait de
main-d'œuvre. Un exemple, mon père, travaillait pour le Guillaume-Tell, une grande brasserie 'avenue Foch, « embauché » au noir comme on dit car le patron de cet établissement ne trouvait pas
d'entreprise pour faire le travail. Que le casino ait connu les même soucis n'est pas pour me surprendre,
A lire votre témoignage c'est toute la famille qui était « mobilisée » pour faire tourner le casino, aussi bien avant que pendant les heures d'ouverture.
C'est très intéressant car enrôler le frère du grand-père pianiste à ses heures, votre grand-mère, ouvrant le bal, et les autres membres affecté à des taches diverses, c'est vraiment une affaire
familiale le casino Marie-Christine à cette époque.
Aujourd'hui rien de tel, car casino rime avec argent, il n'est qu'à voir celui qui fonctionne au havre, où tout est fait afin que ceux qui viennent passer
une soirée y dépensent leur argent, avec en premier lieu les machines à sous. Donc rien à voir avec l'époque que vous cité hélas !
Bonne soirée B-58.



B58 06/05/2011 22:34



Je remet le tableau car il manque la fin, celui-ci va de 1919 à 1960.


 



















Saison


V e n t i l a t i o n


Total


EUR













Fiscale


Boule


Baccara


.


(2008)













1919


692 299





692 299


1,23344













1920


1 056 076





1 056 076


0,88435













1921


675 742


261 105


936 847


1,01893













1922


533 550


435 580


969 130


1,04157













1923


585 199


351 465


936 664


0,95654













1924


633 313


298 875


932 188


0,83698













1925


733 538


286 900


1 020 438


0,78118













1926


835 217


234 920


1 070 137


0,59330













1927


807 528


160 520


968 048


0,57159













1928


789 885


335 680


1 125 565


0,57159













1929


858 781


250 630


1 109 411


0,53874













1930


1 134 494


320 775


1 455 269


0,53262













1931


1 083 142


107 950


1 191 092


0,55798


















DAN 07/05/2011 13:40



Bonjour B-58
Mes félicitations pour ce travail de recherche, félicitations qui vont aussi à monsieur Marc-André Reynckens qui a fait là un travail remarquable. Je ne suis pas très versé dans le domaine des
chiffres, mais sans être un spécialiste on constate quand même la progression du chiffre au fur et à mesure des années. Vous avez mis un deuxième message comportant les chiffres qui devaient
aller jusqu'en 1960 mais ils s'arrêtent à 1931. Peu importe ce qui compte c'est de voir toujours ce gâchis alors que ce casino était rentable.
Plus d'une fois dans nos échanges nous avons fait le constat de la bonne santé financière du casino, et dernièrement une personne m'a parlé de nos échanges et du casino regrettant, comme
nous,  sa disparition.
Bon week-end B-58



B58 06/05/2011 22:31



Bonsoir, voilà une nouvelle pièce qui m'a été remise par Monsieur REYNCKENS et qui est à ajouter dans le dossier du casino. Ce tableau statistique qu'il a élaboré sur la base de multiples
documents correspond au produit brut des jeux du casino, c'est à dire aux sommes d'argent perdues par les joueurs. C'est un tableau qui au fur et à mesure de son analyse suscité plusieurs
commentaires mais rien qu'au premier coup d'oeil, il y a de rager quelque peu de la démolition du casino.


(chiffres récoltés à diverses sources et rassemblés par Marc-André REYNCKENS)



















Saison


V e n t i l a t i o n


Total


EUR













Fiscale


Boule


Baccara


.


(coefficient de transformation FRF > EUR pour 2008)













1919


692 299





692 299


1,23344













1920


1 056 076





1 056 076


0,88435













1921


675 742


261 105


936 847


1,01893













1922


533 550


435 580


969 130


1,04157













1923


585 199


351 465


936 664


0,95654













1924


633 313


298 875


932 188


0,83698













1925


733 538


286 900


1 020 438


0,78118













1926


835 217


234 920


1 070 137


0,59330













1927


807 528


160 520


968 048


0,57159













1928


789 885


335 680


1 125 565


0,57159













1929


858 781


250 630


1 109 411


0,53874













1930


1 134 494


320 775


1 455 269


0,53262


















B58 26/04/2011 22:12



Bonsoir, voilà des nouvelles des recherches sur le casino, ces recherches pourraient-t-on dire deviennent grandeur nature. En effet, voilà ma dernière découverte, des morceaux d'une des cabanes
de plage des bains Marie-Christine (environ 4,10mx2,90m).








Voilà des vues de cette cabanes probablement celle la plus à droite.








Pour la petite histoire, cette cabane date de 1946 et de la reconstruction de l'établissement de bains. Chaque hiver elle était démontée et traversait le boulevard pour être rangée dans les
sous-sols du casino. Chaque été, elle faisait le chemin inverse, les morceaux de chaque côté étaient boulonnés entre eux puis le toit était posé par dessus, fixé par 4 crochets. Cette cabane
était sans doute celle pour la location du matériel de plage. A la fin du casino, les bains ont aussi connu la leur et on été démonté. Cette cabane est sans doute l'une des dernière si ce n'est
la dernière de son époque et a été sauvé de justesse. Malgré tout, l'histoire ne s'arrête pas là et comme tout ce qui touche le casino, elle est très compliquée. Stockée dans un hangar pour
attendre des jours meilleurs, ce dernier est durement touché par une tornade en 1981.


Des morceaux ont ainsi été détruits mais les plus compliqués ont résisté et donc à la longue, il sera possible de reconstruire les parties manquantes et de remonter cette cabane comme au temps du
casino.


 



DAN 26/04/2011 22:40



Bonsoir B-58. Alors la, j'en reste sans voix, déjà voir ces "reliques" au sens noble du terme, m'émeus quelque peu, mais si j'étais devant ce serait pire. Ce type de
cabane n'existe plus, celles d'aujourd'hui, bien que pour certaines assez vieilles, sont toutes des cabanes de particuliers avec le toit semi-arrondi. C'est quand même une chance que ces panneaux
aient résisté à la fois au temps, mais aussi à la tornade.
Ne restera, si j'ose dire, qu'à remonter cette cabane entièrement, avec les parties restantes et les photos comme documents, je pense que ça ne devrait pas poser
trop de difficulté, mais il faut voir ça devant les morceaux restant.
En tous cas ces jours-ci au Havre, avec le montage des cabanes, bon nombre de Havrais seraient à même de donner des conseils de montage, car, même si les cabanes
actuelles ne sont pas tout à fait les mêmes que les anciennes, la technique de montage ne doit pas trop avoir changée, comme on peut le constater sur la photo ci-dessous.

Merci B-58 pour ces nouvelles fraîches et bon courage pour la suite !



B58 06/04/2011 21:28



Bonsoir, pour l'escalier, voilà quelques vues qui permettent de le situer dans le hall.















DAN 06/04/2011 23:03



Bonsoir B-58. Ah oui là je comprends mieux la disposition de cet escalier. Démonter de cette manière c'est parfaitement clair. Voila un travail admirablement
maitriser.
Merci B-58, et bonnes recherches !



B58 05/04/2011 21:09



Bonsoir, grâce aux plans et à la photo du rez de chaussée du hall, voilà à quoi ressemblait l'étage du hall illuminé par la grande baie du dôme.









DAN 05/04/2011 22:56



Bonsoir B-58. Je n'avais pas fait attention à l'ouverture du plafond du rez-de-chaussée, et que, évidemment que l'on retrouve à l'étage supérieur, avec cette grande
ouverture qui donne vue sur le rez-de-chaussée. Alors l'escalier qui mène à cet étage se trouve donc au fond sur le deuxième dessin. Mais on ne voit pas où abouti la deuxième partie de cet
escalier à double montée ?
Déjà ce que vous aviez fait était très bien, et ces dessins viendront les compléter judicieusement !


Bonne fin de soirée B-58 !  



B58 23/03/2011 21:49



Bonsoir et merci pour les photos. Comme on le dit chez moi, il faut battre le fer tant qu'il est encore chaud alors je m'empresse de commenter la photo du hall qui est incroyable. Tout d'abord,
ce qui est est impressionant est cet escalier qualifié si souvent de monumental, maintenant on peut comprendre pourquoi. Une anecdocte à propos de celui-ci se situe dans les années 1934-1935. Mon
grand-père est arrivée au casino à l'âge de 12 ans et avec son frère jumeau, et vu la configuration de l'escalier, il est assez facile de s'imaginer les courses en descente sur les rampes au
grand damne de leur père. Une autre chose à remarquer, se sont les entrées du théâtre à gauche de la photo. Ensuite, la verdure et la banquette au centre donnent au lieu un véritable cachet.
D'ailleurs, si l'on compte que le casino a été ouvert environ 38 anées complètes avec une moyenne de 30000 visiteurs par an, cela nous fait pas moins de 1140000 personnes qui ont franchi les
portes de ce hall. 





Sur cette photo de la démolition du casino, on a l'étage de ce hall, il faut alors imaginer que c'était une seule et même grande pièce qui allait jusque sous le dôme avec autour de la trémie 4
grands piliers. On distingue un peu sur la gauche les 3 anciennes baies vitrées qui avant guerre donnaient sur la grande salle de jeu. Il faut aussi s'imaginer qu'en face, il y avait l'entrée du
balcon du théâtre et de la cabine cinématographique. D'après cette photo, on pourrait penser que la partie détruite est le résultat de la démolition, mais en réalité cette partie n'a jamais été
reconstruite après guerre, elle a été démolie lors du grand bombardement du 20 avril 1941 qui emporta aussi le théâtre. En visualisant grâce à ces photos la configuration des lieux, on peut
s'imaginer les dégâts causés puisque la bombe touchant non seulement l'étage, du fait de la trémie, de l'escalier et des baies, les dommages ont été étendus à tout le hall et la grande salle de
jeux. Remarque à part, on peut aussi voir sur cette photo l'entrée qui menait à l'intérieur du dôme.





Aujourd'hui, sur internet j'ai trouvé une affiche du casino, la voici.






DAN 24/03/2011 10:25



Bonsoir B-58


Ça pour être monumental, il l'est cet escalier, et je comprends que votre grand père ait pu descendre cette rampe à califourchon, mettons
nous un moment à leur place et nous en aurions sans doute fait autant.


La banquette au milieu de ce hall a quelque chose de surréaliste, au premier regard on ne pense pas à une banquette, et le style de tout ce
hall est bien dans son époque de l'art nouveau où les plantes et dessins de plantes avaient une prépondérance certaine.


Pour le chiffre des entrées là je vous fais confiance, et c'est fort probable même qu'il en eut plus encore. Pour en revenir au hall et de
son dôme, c'est vraiment dommage de ne pas avoir une photographie prise du bas en direction du dôme lui même. On pourrait ainsi se rendre compte de la magnificence de ce hall avec cet éclairage
de la lumière venant du dôme.


Du fait que ce hall n'ait jamais été restauré suite au bombardement, votre déduction sur les photos de la destruction est tout à fait
exacte.


Quant à l'affiche je ne la connaissais pas, on peut ainsi voir et comprendre, à quoi, en 1929, les Havrais se distrayaient.
Merci pour toutes ces précisions et bonne journée B-58 !  



B58 22/03/2011 20:04



Bonsoir, grâce aux archives, voilà une vue d'ensemble bien que partielle de la vie de la société du casino. Créée en avril 1882, elle sera finalement dissoute en septembre 1962, elle aura donc
duré 80 ans, 80 ans entre faste et tragédies.


En avril 1882 donc, Blaise Desbrosses s'associe avec M. Lauce pour créer dans le parc de la "Villa Mon Désir" (devenue la même année l'hôtel Marie-Christine), un casino et l'exploiter. Après
avoir dépensé le capital de 50000 Frs, la société fait faillite et le casino est mis aux enchères le 26 avril 1883. Il est alors racheté par une société en commandite simple et dans les années
1890, la société est rachetée ainsi que celle de l'hôtel par Henry Vivier. Une nouvelle transformation a lieu qui donne naissance à la société anonyme du casino du Havre. Henry Vivier
s'associe avec Maxime Bertrand et sous leur impulsion, le nouveau casino ouvre ses portes en 1910. A partir de ce moment, Vivier et Bertrand sont les co-gérants de la société et le directeur du
casino est Antoine Vaucheret. En 1927, la société est à nouveau transformée et sera désormais la SARL du casino du Havre. Cette société est alors détenue par André Brachet, directeur du casino et
Jeanne Lafaye, veuve de Maxime Bertrand et gérante de la société. En mai 1934, Madame Lafaye cède ses parts sociales et la gérance à Marcel Baudard et Monsieur Brachet cède ses parts à
Robert Tremblay. La direction passe à Marcel Baudard. Cela reste inchangé jusqu'à février 1960. A partir de ce moment, les parts sociales de Messieurs Baudard et Tremblay vont à Marcelle
Latruffe, Denise Nion, Claude Baudard et François Baudard. La gérance et la direction seront assurées par Claude Baudard jusqu'à la dissolution de la société en septembre 1962.



DAN 22/03/2011 23:05



Bonsoir B-58. Voila un résumé clair et limpide sur les directeurs du casino. Cela pourrait servir de trame à un livre consacré à cet établissement, mais vous
connaissez mon point de vue sur cette question.
Par contre moi aujourd'hui, mardi, j'ai été fort occupé et n'aie pas eu le temps de prendre la photo que je vous ai promise hier. Demain matin j'ai encore une
matinée chargée mais dans l'après midi cela (normalement) devrait pouvoir ce faire.
A bientôt donc B-58 !