la vraie "fin" du casino Marie Christine (A-1 sur plan)

Publié le par DAN

  Tout, ou presque, a été dit à propos de la fin du casino Marie-Christine, mais certains détails sont absents des livres d'histoire, aussi je vous propose un récit inédit de la fin de ce bâtiment prestigieux, raconté par Alexandre Boucher-Baudard l'arrière petit-fils du dernier directeur de cet établissement, Marcel Baudard.

Son témoignage est basé sur les nombreux documents qu'il a pu recueillir, soit aux archives municipales du Havre, mais le plus souvent dans ses propres dossiers familiaux.
Cet article peut paraître un peu long, mais cette mise au point est nécessaire pour comprendre la complexité du dossier.

Sources :
AMH / A.B. Baudard / DAN.

 

casino (13)Le casino après le bombardement de 1940. (coll particulière)


Je laisse la parole à Alexandre :

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Alexandre Boucher-Baudard :

 - A la Libération, le casino est en partie en ruine. L'aile nord a souffert des bombardements de 1940, le dôme pend dans le vide. Seules deux salles de jeux, le café-dancing et les bureaux sont encore debouts.


casino (12)

Les dégâts de la partie nord bien visibles sur ce détail de carte postale. (coll DAN)

 

Fin 1945, un programme de restauration en 3 étapes est élaboré.

La première phase vise à remettre en état les salles qui ont peu souffert de la guerre.

La deuxième consiste à réparer la terrasse, les galeries et la grande salle des fêtes.
La dernière, doit permettre la reconstruction du théâtre et du grand hall.

Début 1946, les travaux commencent sans l'accord de l'administration ni les fonds des dommages de guerre.
Le financement est alors assuré par un emprunt personnel du directeur qu'il relate dans le "Havre Libre" :

« j'ai pris une décision sans doute un peu hardie, celle de reconstruire le casino sans pour l'instant me préoccuper des formalités administratives, sauf, bien entendu l'accord des services intéressés qui m'a d'ailleurs été aimablement accordé. Car, en définitive, c'est un peu du prestige de la ville qu'il s'agit et aussi de ses finances ».


Marcel Baudard

Marcel Baudard, le dernier directeur du casino Marie-Christine.

(photo collection A. B. Baudard.)

 

En 1948, des fonds sont demandés pour permettre le lancement de la dernière tranche des travaux pour les casinos du Havre et d'Étretat.*
Seul un accord pour celui d'Etretat est donné.
Sans le soutien financier espéré, le chantier du Marie-Christine s'arrête en juillet 1948.
(*) Dont il était également propriétaire .


casino (15)

Le casino en cours de restauration (coll DAN.)


Après six ans d'immobilisme, une nouvelle demande de financement est faite en 1954 pour l'achèvement des travaux au Havre et à Étretat.
Un accord est donné pour Etretat. ( 38.000.000 frs en dommage de guerre).

A l'opposé, les fonds  pour le casino du Havre (75.000.000 frs ) sont  bloqués par l'administration.

A l'été 1956, le casino d'Etretat est inauguré.
Au havre le statut quo persiste. Face à cette situation, le directeur va lancer un projet d'un autre casino sur le terre-plein de la plage. Initiative qui, à ses yeux, devrait avoir plus la faveur du ministère de la reconstruction.


plage et casino

Le terre-plein de la plage au moment de la reconstruction, le casino est désigné par la flèche rouge. (Coll DAN)

 

Avec l'étude de ce nouveau projet, la boîte de Pandore est ouverte, en effet l'emplacement exceptionnel du casino Marie-Christine attire l'avidité des promoteurs immobiliers.

Néanmoins, en 1957, le ré-aménagement du cabaret "le Régent" dans la rotonde nord est réalisé.

les travaux sont financés par le casino et par les deniers personnels du directeur, mais avec la désaprobation de la municipalité qui aurait voulu que ces fonds soient uniquement utilisés pour la construction d'un nouveau casino.


casino (20)

Le cabaret le régent (Photo collection A.B.Baudard).

 

En mai 1959, la mairie annonce que le projet du nouveau casino est impossible à réaliser. Au mois de juillet, sans aucune solution de rechange, le directeur se résout à signer un compromis de vente avec le CRIC.
Le projet du Ponant est adopté en conseil municipal le 30 novembre et l'acte de vente du casino est signé le 4 janvier 1960.
Marcel Baudard décède  le 25 février à l'âge de 75 ans, sans avoir trouvé un local de remplacement pour son établissement.
L'aile sud est détruite en dernier, permettant ainsi le fonctionnemant des jeux jusqu'au 21 juin 1960.
Passé cette date, le chantier du "Ponant" peut démarrer...

***********

Quelques extraits de la presse havraise de l'époque :

 

casino (3) 

Extrait du conseil municipal. Sans commentaire...

 

 

 

casino (10)

Extrait de la presse de l'époque (1960) la légende dit ceci :
Le campanile tel qu'il était demeuré hier soir après les vains efforts des démolisseurs. Dans le cercle le câble attaché à la poutre ; à l'extrémité de la flèche un ouvrier découpant celle-ci au chalumeau.

 

Mais dès le lendemain........

 

casino (1)Le lendemain le dôme tombe de lui même.

  casino marie christine (3-2)Le "Ponant" en superposition, dans les mêmes proportions,  sur le casino.

 

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Merci à Alexandre pour son remarquable travail de recherches et merci à tous de votre visite.

 

 

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B58 14/11/2012 08:22


(Suite et fin)


Courant juillet, Monsieur Cuttoli devait reprendre contact avec la mairie pour permettre l'insertion de son projet dans le nouveau projet élaboré par les architectes. Tenant compte de ses
expériences passés, il est prévu que Monsieur Cuttoli fasse parvenir par écrit avant le 15 août sa décision de renoncer au projet de la place Gambetta. En l'absence de réponse, le projet est
définitivement abandonné. Ainsi, en 1966 et 1967, Monsieur Gillet établit un projet d'aménagement circulaire de la place Gambetta comprenant des
commerces, un parking souterrain et le théâtre. En 1972, la municipalité décide de surmonter les hésitations du Ministère des Affaires Culturelles et impose l'architecte Oscar Niemeyer. En 1973,
une étude de programmation municipale est réalisée par le Bureau d'études pour les travaux d'équipements culturels et sportifs. Puis Niemeyer entre également en concertation avec les Havrais pour
préciser le programme. En 1974, il présente un avant-projet au grand public, suivi d'un film sur son œuvre et d'un débat. Suite à plusieurs projets dont le fonctionnement est jugé trop
avant-gardiste, Niemeyer entreprend un aménagement global de la place pour être en accord avec la municipalité. En 1976, le projet de ce nouvel ensemble culturel et commercial est interrompu par
le Secrétariat d'État à la Culture, mais une importante campagne publique de pétition menée par le Conseil d'administration de la Maison de la Culture du Havre permet de le relancer en 1977. Les
travaux de construction débutent en 1978 et se termine en 1982. Il aura ainsi fallu près de 40 ans pour que le Havre retrouve un théâtre municipal.

DAN 15/11/2012 13:34



Bonjour Alexandre,
J'ai mis un peu de temps à te répondre ici, car je voulais lire tout tes commentaires précédents, et doucement d'où ce petit retard dans ma réponse.
Je pourrais dire que tu as tout dis dans ces commentaires, et d'une façon très détaillé. On suit bien les arcanes du pouvoir entre la ville le ministère de la reconstruction les architectes
etc
Ce qui est remarquable de ta part c'est le rapport et l'explication qu'il y a entre le casino Marie Christine et le théâtre du Volcan aujourd'hui. Au départ on se demande quel rapport peut-il y
avoir entre ces deux bâtiments séparés par la distance mais aussi par les années. Mais grâce à tes nombreux documents et explications on suit parfaitement la trame de l'histoire.
Nul doute que cela représente un somme de travail très très importante, et j'ai hâte de voir toutes tes recherches en livre afin d'avoir une lecture plus aisée de cette aventure.
Ma réponse est bien courte au regard de tes commentaires, mais j'aimerai te féliciter en mon nom, mais au nom de tous les lecteurs, de la peine que tu as pris pour nous raconter cette histoire,
et sans doute n'est-elle pas terminée.
Alors encore merci Alexandre et bonne continuations dans tes diverses occupations. 


 



B58 14/11/2012 08:20


(Suite)


Monsieur Beauchet étant absent et ne revenant pas avant le 14 avril, c'est l'intermédiaire, Monsieur Moulard qui lui demandera sa signature définitive. Le 18 avril de nouvelles nouvelles arrivent
par l'intermédiaire de Monsieur Moulard, Monsieur Beauchet serait partie pour faire le tour de ses casino au Maroc. Il aurait dû revenir au début du mois d'avril mais cela fait 20 jours qu'il ne
donne plus signe de vie. Il semblerait alors que son retour n'intervienne qu'après les fêtes de Pâques. L'intermédiaire perplexe, précise qu'il attend à tout moment un coup de téléphone de son
mandant qui est toujours d'accord et qui aurait emporté avec lui le dossier du casino. Le 19, des nouvelles plus précises arrivent, l'acquéreur est à Marrakech et rentre le mardi suivant.
Monsieur Moulard devra le contacter aussitôt et quand bien même celui-ci se déroberait, un autre acquéreur vient de sa manifester. Par la suite, les choses se tassent, plus de nouvelles et le 13
juin, coup de théâtre, Monsieur Beauchet annonce qu'il va venir au Havre pour traiter directement avec le notaire. Les négociations échouent et l'acquéreur renonce à l'affaire. Face à cette
situation, le 17 septembre 1962, il est décidé de dissoudre par anticipation la société et de la liquider. Dans la continuité de la liquidation, la créance de dommages de guerre doit être vendue.
L'institut professionnel Lemonier de Caen s'est porté acquéreur. Cette mutation est soumise à l'avis de la ville du Havre. Le 22 octobre 1962, la ville oppose un refus catégorique et écrit au
ministre de la reconstruction dans ce sens. Elle argumente sur le fait que cela risque de faire échouer la reconstruction du théâtre si le projet de casino ne pouvait aboutir, que l'accord obtenu
entre la ville du Havre et Monsieur Beauchet avait fait l'objet de nombreux mois de négociations et que les conditions étaient très favorables à la ville. Elle précise que chercher un autre
acquéreur qui n'aurait pas besoin d'alléger sont apport par l'achat des créances de dommages de guerre retarderait considérablement l'exécution du projet et cela pourrait être moins favorable à
la ville. Cela remet aussi en cause l'aide qui devait être apportée par la direction des arts et des lettres, les tractations ne pourront reprendre qu'après que le refus du transfert des dommages
de guerre soit intervenu. La décision de refus est finalement donnée par le ministère de la reconstruction mais il y a une situation de blocage créée par le fait que les créances de dommages de
guerre sont nécessaires à la reconstruction du casino mais l'acquéreur ne veut pas les acheter aux conditions prévues. Suite à tout ces aléas, Monsieur Beauchet finit par se désengager.





 INTERORGA trouve immédiatement un remplaçant aux mêmes conditions, Messieurs Cernay et Cuttoli. Sans doute que se sont les acquéreurs évoqués par les notaires au mois d'avril. Le 1er avril
1963, il est précisé par la mairie que l'autorisation des jeux doit être demandée par Messieurs Cuttoli et Cernay lors du conseil municipal à venir, en même temps que sera voté leur participation
financière au projet et l'exploitation du casino qui leur sera accordée. Depuis que Monsieur Cuttoli a pris la succession de Monsieur Beauchet dans le projet, il a proposé d'acheter la créance de
dommages de guerre à la société du casino aux même conditions que l'institut Lemonier. Les notaires ont alors demandé à obtenir des garanties financières pour permettre de traiter efficacement
avec lui. Mais après de multiples relances inefficaces, le 2 mai 1963, les notaires obtiennent que Monsieur Cuttoli soit définitivement considéré comme défaillant. Finalement, le 10 mai, la
mairie envoie une lettre au ministère de la reconstruction pour préciser qu'elle ne s'oppose plus au transfert de la créance des dommages de guerre. Dans cette lettre, la mairie précise que se
sont les acquéreurs qui ont renoncé à l'acquisition aux motifs que d'une part, il n'y avait pas de condition suspensive concernant l'obtention au préalable l'autorisation de jeux et d'autre part
au motif qu'ils souhaitent garder la pleine maîtrise des éléments immobiliers et donc de ce fait ne pas rendre la mairie mandataire. De plus, elle expose les possibilités d'équilibre financier
pour l'opération qui existent et précise que l'opération est préférable sans les créances.


 


L'opposition de la ville à l'opération de cession des dommages de guerre étant levée, cela va permettre de terminer la liquidation de la société du casino et c'est ainsi que se termine
définitivement l'implication de la société du casino dans le projet de reconstruction du théâtre mais également l'histoire du casino Marie-Christine tout court.


 


IV) La continuation du projet


Partant ainsi sur de nouvelles bases, le 31 mai, un nouveau protocole est élaboré entre la municipalité et Monsieur Cuttoli. Au début du mois d'août, Monsieur Gillet doit établir un nouveau
projet mais il se plaint de l'imprécision des renseignements qui lui sont donnés et du manque d'implication du futur concessionnaire et de la société INTERORGA. Le 27 décembre, la mairie commence
à perdre patience face aux réactions de Monsieur Cuttoli. Il est en effet précisé que face à des demandes précise concernant la caution personnelle et solidaire, les réponses restent très vague.
De plus, ce qui inquiète la mairie est qu'elle vient d'officialiser le projet alors que Monsieur Cuttoli vient de lui dire qu'il n'a pas fini ses négociations avec les organismes financiers pour
obtenir les crédits nécessaires mais également que les conditions que la ville lui imposent lui paraissent difficiles. Le 29 janvier 1964, le conseil municipal donne un avis favorable pour que
soit accordé l'autorisation de jeux mais les tensions s'accroissent car les garanties financières demandées n'arrivent toujours pas. Le 21 février 1964, les formalités administratives pour
commencer les travaux sont en cours et la mairie tout comme l'architecte sont optimistes quant à fixer la date de début des travaux ente le 1er octobre et le 1er novembre. Au mois de mars, aucun
obstacle au niveau départemental n'a été soulevé, le projet est en bonne voie mais Monsieur Cuttoli garde toujours le silence en ce qui concerne les garanties personnelles qu'il doit donner pour
le financement. Le 1er juillet 1964, face à l'attitude de Monsieur Cuttoli, le ton monte, la mairie lui envoie un recommandé pour qu'il respecte ses engagements. Dans un lettre du 10 adressée à
la société INTERORGA, il est précisé « qu'il est absolument indispensable qu'il tienne, cette fois-ci, ses promesses sinon la municipalité aura définitivement une mauvaise opinion du futur exploitant du casino et il est à prévoir que, dans ce cas, les rapports qui devront
obligatoirement continuer d'exister entre celui-ci et la ville seront assez tendus ». Le 20 août, les promesses faites ne sont toujours pas tenus alors que le projet définitif doit être présenté
lors du conseil municipal du mois de septembre. Le 28, une réunion est décidée pour le 15 septembre, pour mettre les choses au point entre les différents acteurs du projet. Le 20 octobre, un
rappel est à nouveau envoyé à Monsieur Cuttoli pour ses promesses. Face aux problèmes de financement, le projet de casino va être mis en sommeil, ce qui va compromettre le projet de
reconstruction du théâtre pour l'année 1965. Le 11 juillet 1966, un entretien a eu lieu entre la mairie, Monsieur Cuttoli et INTERORGA pour envisager sous un nouvel aspect la construction du
casino. Pour des raisons d'ordre financier, Monsieur Cuttoli ne peut plus assurer la construction du casino et il cherche alors une location ou une acquisition d'un immeuble pour abriter le
casino. Courant juillet, Monsieur Cuttoli devait reprendre contact avec la mairie pour permettre l'insertion de son projet dans le nouveau projet &

DAN 15/11/2012 13:18



.../...



B58 14/11/2012 08:09


(Suite)


2° par l'octroi d'une subvention que nous avons sollicité du Ministère d'État aux affaires culturelles, lequel nous a fait connaître par lettre en date du 29/12/61 qu'il était disposé à apporter
à la ville du Havre cette aide financière qui serait de ..................................................... 800.000 Frs


Total ......................... 983.000 Frs ».


 


Le ministre de la reconstruction aussi en possession du dossier donne son aval et estimant qu'il y a urgence, il impose de prendre toutes les dispositions en vue de la réalisation effective du
projet. Ainsi pour assurer la bonne intégration de l'opération dans les programmes de reconstruction. Il estime nécessaire de faire nommer Monsieur Gillet comme architecte chargé de la direction
des opérations. Cette décision du ministre entraînait ainsi la résiliation de la convention qui liait les architectes de l'ancien projet à la ville. L'indemnité a été fixée lors d'une réunion
avec les architectes le 2 mars 1962 pour un montant de de 100.000 Frs versée en plus des honoraires qui étaient de 59.000 Frs. Il a aussi fallu payer les honoraires de Monsieur Gillet s'élevant à
16.041,29 Frs. Admettant qu'il y avait eu fait du prince, cela signifie que l'administration dispose d'un pouvoir de modification unilatérale du contrat. Ces modifications entraînent des
conséquences financières dans l'exécution du contrat. Le cocontractant voit ses charges aggravées par la décision de l'administration. Cette décision est le fait du prince. La théorie élaborée
permet de compenser l'excédent de charge né de cette décision de l'administration. Le ministre a remboursé à la ville la somme de 11.277,45 Frs. Le 5 avril 1962, le conseil municipal adopte le
projet de reconstruction à 19 voix contre 18. La partie du projet concernant le théâtre pouvait ainsi être opérationnelle.


 


II) En ce qui concerne le bowling


Début novembre 1960, la société « la compagnie financière » filiale de la société Brunswick international démarche les grandes villes françaises pour promouvoir l'installation de ses premiers
établissements en France. La ville du Havre est intéressé est le 25 novembre, elle obtient des renseignement supplémentaires sur la possible installation. Au mois de mars 1961, la ville est à
nouveau démarchée par la même société. Le projet intéresse toujours la mairie et le projet de théâtre prendra cela en compte. Face aux difficultés quant à mener à bien le projet, la société va
finalement se désengager en 1962.


 


III) En ce qui concerne la partie du casino et la société du casino Marie-Christine


Pour resituer la situation, le 25 février 1960, le directeur du casino Marcel Baudard décède et le casino doit être démoli à partir du mois d'avril. Or rien n'est prévu pour réinstaller le casino
ni même pour déménager le mobilier. A la hâte, ses fils Claude et François trouve un local au 113 Rue de Paris et 72 Rue d'Estimauville. A partir du 22 mars, le mobilier du casino va être
déménagé dans Rue de Paris. Le 30 juillet une demande est faite pour demander l'autorisation de transférer les jeux de l'ancien casino au nouveau local. Suite à des controverses, le conseil
municipal va finalement donner l'autorisation mais seulement à titre provisoire pour une durée de 3 ans. Entre les héritiers, la question se pose alors de savoir qu'elles seront les conséquences
financières d'une telle décision et notamment si il y a un intérêt à rouvrir un casino provisoire. Un rapport établi par le cabinet Lefèvre quant à cette réinstallation fait ressortit le fait
qu'au départ de l'exploitation, il y aura une perte sèche de 2.000.000 Frs notamment à cause de la location de l'immeuble. En ce mois d'octobre aucun devis n'a encore été demandé pour
l'aménagement de l'immeuble mais il semble que cela s'approche de 5.500.000 Frs. Le 26 novembre 1960, l'autorisation est donnée par le ministre pour le transfert des jeux. Claude sera directeur
de la société et son frère membre du comité des jeux et vice versa pour le casino d'Etretat. Très vite, au début de l'année 1961, face aux sommes à investir pour une installation qu'à titre
provisoire, décision est prise de vendre les parts de la société du casino du Havre. Le 2 février, les notaires effectuent de la publicité pour la vente dans deux journaux belges, dans le journal
l'hôtellerie et dans le Figaro. Durant l'été, un acquéreur se fait connaître, Monsieur Beauchet. Mais celui-ci étant partie au Maroc, cela complique les négociations et retarde la vente. Le but
de ce rachat est qu'ainsi, en rachetant la société, il acquiert le matériel, les licences de bar, le monopole des jeux, ... pour pouvoir exploiter le casino prévu dans le projet du théâtre. La
condition pour que la vente soit conclue est que la ville du Havre s'engage à ce que la reconstruction du casino soit effectuée selon le projet établi. Cet engagement devait être pris le 20
décembre 1961, mais cela fut repoussé au 20 janvier. Un rendez-vous général est donc pris entre les héritiers au 29 janvier pour une mise au point du protocole définitif d'accord avec les
acquéreurs. Voici la situation des opérations relatives à la construction du théâtre vues du côté de la société du casino :


" />


 


Le 7 février, Monsieur Duvivier de la mairie du Havre informe les notaires qu'un accord était en cours de validation entre la mairie et les architectes, ce qui ferait tomber un premier obstacle à
la vente. Cette accord est intervenu en mars. Le 19 mars, une nouvelle réunion des héritiers a lieu et en raison de l'absence d'engagement de la part de la ville, la date du 10 avril initialement
prévue pour l'adjudication des parts est alors repoussée. Le 28 mars, le silence finit par tomber. Même si la situation n'est pas définitive, les acquéreurs ont le matin même donné à la ville du
Havre une lettre où il est précisé qu'ils s'engageaient à conclure l'affaire sous la seule condition que le gros oeuvre de l'ensemble projeté ne dépasse pas un total de 1.200.000 Frs, les
aménagements n'étant pas compris dans ce montant. Sur ce point, les architectes et les intermédiaires estiment la chose possible, ce qui conforte l'acquéreur qui attend toujours un engagement de
la part de la ville. Cela est prévu pour le conseil municipal du 5 avril. Ce n'est que le 6 que la situation sera fixée définitivement en fonction des décisions prises. Ce n'est qu'à partir de là
que pourra être fixée une nouvelle date pour l'adjudication des parts de la société du casino. Le conseil municipal du 5 avril finit par statuer sur la question de la reconstruction du
casino-théâtre. L'engagement souhaité par les acquéreurs est ainsi pris à 19 voix contre 18. Le financement prévu pour la partie concernant le casino doit être réalisé ainsi :


« - 1° par l'acquisition, par les futurs concessionnaires de la créance de dommages de guerre de 980.000 Frs appartenant à la SARL du casino Marie-Christine, les acquéreurs ayant obtenu une
option enregistrée chez le notaire,


- 2° par un apport en espèces des futurs concessionnaires pour la différence entre le coût de construction des éléments immobiliers propres au casino et le montant des créances précitées ». Les
obstacles s'aplanissent les uns après les autres et les notaires sont confiant sur l'issu de l'opération.

DAN 15/11/2012 13:18



.../...



B58 14/11/2012 08:08


Bonjour et merci Jean-Michel pour ce document qui vient en réalité conclure le projet de casino-théâtre puisque concernant le casino, dès 1966, le projet a du plomb dans l'aile et cette
délibération est de 1967. Je sais que cela est un peu long mais voici l'histoire qui a aboutis à la construction des volcans, cela permettra de comprendre ce document et les demandes du maire au
Ministre. De plus, cela permet de voir que si le casino Marie-Christine n'avait pas connu le sort qu'il a eu, il n'y aurait sans doute pas eu les volcans mais une autre construction à la place.


I) En ce qui concerne le théâtre et son projet de reconstruction


Le théâtre municipal a été détruit lors du bombardement du 5 septembre 1944. En octobre 1945, dans une interview, Perret a déclaré : « A l'emplacement du théâtre, nous bâtirons un ensemble qui
sera le centre de la vie intellectuelle et artistique du Havre ». C'est donc un projet d'ambition qui est réservé pour cet emplacement. A partir de ce moment, treize projets sont soumis aux
différentes municipalités, dont ceux de Gérard du Pasquier, Gaston Delaune et Jacques Lamy en 1951, de Guy Lagneau et Raymond Audigier en 1954. Lors du conseil municipal du 20 décembre 1954, il
est dit que la préférence était pour la construction du théâtre seul car l'édification d'un bâtiment public ne doit pas être grevée de constructions privées. Qu'il y aurait ainsi des risque de
conflits. Lors de sa séance du 16 juillet 1957, le conseil municipal finit par adopté un avant-projet de reconstruction du théâtre municipal présenté par les architectes Gleize, Boutet de Monvel,
Delaune, Du Pasquier et Lamy. Cet avant-projet prévoyait la construction d'une salle de spectacle de forme arrondie et d'une contenance de 2.200 places. Lors de l'élaboration du projet, il avait
été précisé aux architectes que le montant des travaux de reconstruction ne devaient dépasser le montant des dommages de guerre attaché au théâtre, soit 237 millions d'anciens francs. Le problème
a alors été que bien qu'ayant un projet avec le maximum d'économies, le montant estimatif des travaux est de 50 millions supérieur à la créance des dommages de guerre. Pour faire des économies et
réduire le montant du projet, certains travaux devaient être différé comme le revêtement des sols et la décoration de la salle de spectacle. Ainsi, lors d'une réunion le 16 avril 1958, Monsieur
Gleize pour arriver à boucler le projet enlève les éléments facultatifs pour avoir le stricte minimum nécessaire au fonctionnement du théâtre. Il dresse une liste des équipements réalisés
ultérieurement, notamment :


« - la construction de la coupole intérieure qui ne nuira pas au fonctionnement de la salle,


- les revêtements de sol, de dernier pouvant supporter une chape de ciment momentanément sans subir de dommage,


- un certain nombre de loges parmi toutes celles prévues parce que non indispensables,


- la charpente de soutien du plateau de scène dont le plancher est envisage en sapin plus léger,


- les installations sanitaires de loges supprimées,


- les générateurs de production d'eau chaude des sanitaires,


- tout ce qui peut être momentanément écarté dans l'agencement électrique en ménageant toutefois une installation qui permette de travailler ainsi que toute l'installation de sécurité
indispensable,


- toutes les peintures concernant les parties réservées et les revêtements muraux décoratifs de la salle,


Dans l'estimation, les aménagements scéniques proprement dits et les fauteuils ne sont pas prévus ». Malgré cela, le montant totale arrivait à 283.392.074 Frs. Pour pallier au problème, le
conseil municipal a voté le 2 juin 1958 l'autorisation d'utiliser pour le théâtre la créance immobilière relative à divers éléments mobiliers comme les installations scéniques et les fauteuils.
En 1959, le montant des travaux est réévalué et il aurait fallu un supplément de 200 millions pour pouvoir livrer un bâtiment complet notamment à cause de l'augmentation du prix des matériaux et
de la main d'oeuvre. Même si la créance des dommages de guerre a été réévaluée à 3.438.000 Frs la ville aurait dû supporter une dépense supplémentaire de 2.500.000 Frs. De plus, il a été question
du coût de l'exploitation. Dans le cas où la salle serait construite avec le stricte minimum pour être exploitée, il n'aurait pas été au vu de la situation financière possible d'avoir une troupe
sédentaire. L'année 1959 étant marqué par un changement de municipalité, le projet est à nouveau repensé. Il est alors proposé de réaliser un projet plus modeste d'une part en raison de la
situation financière de la ville mais aussi du fait que la direction des arts et des lettres ne consente une aide importante à la ville que si elle accepte de construire une salle de moins de
1.300 places. Cette diminution de la salle de spectacle entraîne une réduction des surfaces bâties. Il a alors été craint que cela ne détruise l'harmonie qui devait exister entre la masse du
bâtiment et la grandeur de la place Gambetta. Jacques Tournant préconise alors de coupler des commerces avec le théâtre. En 1961, la décision fut prise par la ville du Havre de reconstruire le
théâtre. La société INTERORGA dépendant du conseil général d'organisation proposa à la ville la construction dans une enveloppe commune d'un casino et d'un théâtre.


 


La société serait alors disposée à rechercher un groupe financier acceptant de prendre en charge la construction d'un casino et de céder gratuitement les éléments immobiliers à la ville si
celle-ci autorisait l'implantation dans une enveloppe commune du casino et du théâtre. Deux groupes financiers ont été trouvés. D'une part, pour la partie du casino, il s'agit de Monsieur
Beauchet, président directeur général des sociétés immobilières et des casinos de Marrakech, de Casablanca, de Tanger et de Beyrouth et président directeur général du Moulin Rouge, du Billard
Palace et du Cercle de Paris. Pour ce qui est de la partie du Bowling, c'est l'AMF, filiale de l'American Machine and Foundry Overseas Corporation de Genève. Ces propositions furent accueillies
favorablement par la municipalité et le ministre de la reconstruction a été averti du nouveau projet. Il a alors chargé Monsieur Guillaume Gillet, architecte en chef des bâtiment civils et Palais
nationaux d'établir un projet permettant d'examiner les conditions dans lesquelles la construction nouvelle pourrait être réalisée et à quel prix. L'étude fut rendu en juin 1961, il en ressort
que le coût total de l'opération serait d'un montant de 6.883.700 Frs soit pour la partie du théâtre de 1.157 places un montant de 4.414.400 Frs. Or le montant des dommages de guerre a été fixé à
3.438.000 Frs, il y a donc une différence de 980.000 Frs. Pour réaliser l'équilibre financier, il est alors proposé :


« 1° le transfert de trois créances de dommages de guerre qui sont les seules pour lesquelles, la Ville n'a pas encore pris position au sujet de leur utilisation.


Il s'agit :


a) de la créance consort Durecu achetée par la ville du Havre .................... 90.000 Frs


b) du solde de la créance de l'école maternelle de la Rue de l'Alma ............ 60.000 Frs


c) de la créance du Patronage laïque de Graville ......................................... 33.000 Frs


Soit au total...................................................................................... 183.000 Frs 

DAN 14/11/2012 19:22



Bonsoir Alexandre,
Je suis un peu débordé (là c'est vraiment le cas) ces jours-ci aussi je vais te répondre complètement sur ton dernier commentaire aussitôt que possible.
A bientôt Alexandre !



Le casino du Havre évoqué au Parlement 13/11/2012 21:46


Bonjour


En faisant une recherche j'ai trouvé ce texte ( page 1 et 2 du pdf ) où le député René Cance évoque le casino du Havre au parlement. Le ministre de la construction, au début des années 1960
( il n'est pas nommé mais c'est sans doute Pierre Sudreau, décédé en janvier 2012)  avait mandaté un architecte. Ce dernier avait proposé de coupler la maison de la Culture à un
casino ! La réponse serait intéressante à lire. Amicalement.


JMH

DAN 13/11/2012 22:56



Bonsoir Jean-Michel,
Voila qui est très intéressant, car cette délibération fait suite à la proposition de Marcel Baudard qui proposait de construire un casino sur le terre-plein de la plage.
Je pense qu cela va intéresser Alexandre qui aura ainsi une pièce de plus à verser dans son dossier.
Je crois me souvenir qu'il avait fait allusion à ce nouveau théâtre, car son arrière grand-père cherchait un nouvel endroit pour construire un nouveau casino.
Reste à savoir si la municipalité de l'époque à entièrement budgété ce nouveau théâtre, ou si une partie des dommages de guerre n'aient pas été "détournés" à cette fin.
Bon ce ne sont qu'hypothèses de ma part, il faudrait avoir l'avis d'Alexandre sur ce sujet
En attendant, bonne fin de soirée Jean-Michel, et merci pour ce document !




jps 05/11/2012 11:14


Toute la vérité dévoilée après tant d'années !!  des commentaires fameux et détaillés, fabuleux B58 dont le nom sonne comme une appellation de bombardier ! tout est là, détails, photos,
dessins, courrier, factures..que du bonheur ce jeu des commentaires/réponses, on ne voit pas le temps passer ..Un grand BRAVO ..


Amitiés casinotes et non pasinardes ...

DAN 05/11/2012 11:33



Salut Jean-Pierre,
Oui, Alexandre nous a donné le fin mot de cette histoire du casino, il était temps de le faire, car plus le temps passait plus la vérité aurait été difficile à dire.
J'ai pas mal d'exemples "historiques" où la vérité ne peut plus être dites car le public en général les bouquins en particulier te prouveraient le contraire. Alors c'est très bien qu'Alexandre
ait pris les devants en étudiant et diffusant toute sa documentation à ce sujet.
Là, c'est une véritable page d'histoire du Havre qui se conclue.
Bonne journée Jean-Pierre ! 


 



eva 05/11/2012 09:44


plus que jamais on sent bien la force d'inertie de la tutelle administrative, ou des pouvoirs publics, plus que jamais dans ce récit, la volonté désespérée du directeur et du personnel pour
sauver (pas seulement un instrument de travail mais un édifice qui leur tient à coeur parce qu'il a une histoire) est pathétique... Quelle tristesse... Bon début de semaine Dan !

DAN 05/11/2012 10:04



Bonjour Eva,
Ce bâtiment restera dans le cœur de beaucoup de Havrais comme une erreur de l'avoir démoli. J'ai pu faire l'expérience d'interroger les passants (d'un certain âge quand même)  en leur
demandant "innocemment" où se situait le casino Marie Christine, tous m'ont répondu exactement et ont regretté sa disparition. Mais, en effet, l'inertie, voire une certaine "ineptie", de
l'administration a fait que ce casino a disparu aujourd'hui.
Bonne journée Eva !



B58 03/11/2012 21:31


Bonsoir,


Merci pour l'information JMH. Dommage de ne pas être au Havre pour voir cela, une telle photographie doit vraiment valoir le coup.

DAN 03/11/2012 22:46



Bonsoir Alexandre,
J'essaierai de faire un tour dans cette salle de vente, mais c'est un endroit qui, personnellement, me fait un peu peur, je n'ai jamais assisté à une vente par elle même.
Quand il s'était agit de la vente de la collection Baly, j'avais été la veille voir la "marchandise", ce que j'ai vu et entendu ce jour là ma un peu, voire beaucoup "refroidit" de retourner dans
ce lieu pour la vente elle-même. Mais peut être ais-je tort après tout.
En tous cas, c'est une bien belle photo montrant l'endroit du premier casino certainement avant la construction du boulevard maritime, et rien que ça indique que le prix final de cette
photographie sera inabordable pour ma pension de retraité ! ! !
Bonne fin de soirée Alexandre  !



Vente photo aux enchères. 03/11/2012 20:58


Bonjour


juste un bref passage pour mettre en lien une photo des jardins du casino qui sera vendue aux enchères le 12 novembre 2012 au Havre (boulevard de Strasbourg).


Cette histoire de casino ferait un bon roman ou un bon film !


Bon week-end


JMH


 


 

DAN 03/11/2012 22:35



Bonsoir jean-Michel,


Voila une photo tout à fait intéressante, où l'on voit le premier casino sous un angle inaccoutumé.
Merci Pour l'information  Jean-Michel, le seul "hic' si je puis m'exprimer ainsi, c'est que l'on ne sait pas la mise à prix de cette photo, car connaissant un peu le milieu des
collectionneurs je doute fort que cette photo soit abordable, en tous cas on peut toujours voir.
Merci et bonne fin de soirée Jean-Michel ! 



l'père Cantoche 26/10/2012 09:02


Bonjour Alexandre et merci pour toutes ces informations passionnantes sur le Casino et toutes ces photos émouvantes, c'est de l'Histoire avec un H majuscule et grâce à
Dan cela devient aussi l'Histoire du Havre et des Havrais. Oui, Georges Buchard avait un palmarés digne des plus grands :


 Jeux olympiques


Médaille d'or en épée par équipe en 1924

Médaille d'or en épée par équipe en 1932

Médaille d'argent individuelle à l'épée en 1928

Médaille d'argent individuelle à l'épée en 1932

Médaille d'argent à l'épée par équipe en 1928

Médaille de bronze à l'épée par équipe en 1936



Championnats du monde


Médaille d'or à l'épée en 1927

Médaille d'or à l'épée en 1931

Médaille d'or à l'épée en 1933

Médaille d'or à l'épée par équipe en 1934

Médaille d'or à l'épée par équipe en 1935

Médaille d'argent à l'épée par équipe en 1933



petite rectif, fâché depuis toujours avec les maths, je me suis trompé sur l'age de ce grand champion s'il était toujours de ce Monde, né en 1893 il aurait 119 ans et donc avait 17 ans de
plus que mon père...


Le document que je vous ai envoyé n'étant pas très lisible, vous trouverez ci-dessous un complément plus exploitable, ainsi que le lien où j'ai déniché tout cela hier soir après vous
avoir adressé mon tout premier commentaire...


il suffit de demander à Monsieur Google : Escrime casino Marie Christine.


Bonne journée, cher Ami.


 



https://www.google.fr/search?sourceid=navclient&aq=&oq=escrime&hl=fr&ie=UTF-8&rlz=1T4SUNC_frFR354FR356&q=escrime+au+casino+marie+christine&gs_l=hp..4.0l4j41.0.0.0.5132...........0.riGvJ7NAQR0&pbx=1


 



 


CERCLE D ESCRIME DU HAVRE


( seine maritime )


GRANDE SOIREE DE GALA .


suivie de BAL .


CHALLENGE DU CINQUANTENAIRE


1902 ..... 1952 .


GRAND PRIX D HONNEUR


de la FEDERATION FRANCAISE D ESCRIME .


sous la présidence d' honneur de M. Pierre COURANT .


sous la présidence de Louis BONTEMPS de la fédération française d'escrime .


sous le patronnage de la LIGUE DE NORMANDIE .


au casino MARIE CHRISTINE et la salle de l' ECOLE RASPAIL .


les 4 et 5 octobre 1952 .


une dédicace au Maître Louis BRETON ( signature difficile à lire
)


le programme des deux parties, et les équipes participantes ,


( 3 pages )


dimensions : 27,5 cm x 21 cm .


état : correct ( la tache est trés amplifiée par rapport au visuel réel )


 


 

DAN 26/10/2012 10:50



Bonjour l'père cantoche,
Merci pour toutes ces informations concernant l'escrime et le casino Marie Christine. J'en apprends tous les jours à ce sujet grâce aux commentaires.
Alors peut être que le lien ne fonctionne pas en effet, alors je le remet ici afin que tout le monde puisse en profiter :
http://www.dencheres.fr/120872443158/escrime-d%C3%A9dicace-challenge-du-cinqantenaire-1952-le-havre-seine-maritime.html


Merci et bonne journée Thierry !



B58 26/10/2012 08:01


Merci à vous, Père Cantoche pour cette formidale anecdote et pour la photo (il me semble d'ailleurs lire tout en bas à gauche Casino Marie-Christine avec la date sans doute le 8 octobre 1952).
Monsieur Buchard avait en effet un très beau palmarès. Quand je retournerai au Havre, avec maintenant une date où chercher, je regarderai dans les journaux de l'époque, il doit y avoir sans doute
quelques photos. Je pense que le tournoi devait avoir lieu dans la grande salle des fêtes, assez grande pour accueillir la piste de 14m de long.

DAN 26/10/2012 10:45



Bonjour Alexandre,
Formidable cette anecdote n'est-ce pas, peut être que d'autres souvenirs pourront être ici divulgués et par d'autres lecteurs. Les blogs ont ceci de bon c'est qu'ils permettent une réactivité
entre son auteur et ses lecteurs, encore faut-il répondre, mais ça c'est pratique courante ici ! .
bonne journée Alexandre !



l'père Cantoche 26/10/2012 00:32


Encore moi,


histoire d'ajouter :





 

DAN 26/10/2012 10:39



Et en plus tu nous envoies le document, alors là bravo car ce n'est pas facile à faire cette manip, en tous cas Alexandre apprécie !
Bonne journée "couche-tard"  !



l'père Cantoche 26/10/2012 00:18


et d'ajouter un T à d'ajouer, ce qui fait... d'ajouter, par le fait


bon il est temps que j'aille faire dodo.


Bonne nuit, les petits !

DAN 26/10/2012 10:36



Bon, depuis, j'espère que tu as passé une bonne nuit, alors sans aucun doute vas-tu passer une bonne journée également 


@ + Thierry



l'père Cantoche 26/10/2012 00:13


il convient d'ajouer RD à bucha... et le lien Wikipedia fonctionne.


On n'arrête pas l'progrès !

DAN 26/10/2012 10:34



En effet comme ça le lien fonctionne :


http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Sp%C3%A9cial%3ARecherche&profile=default&search=Georges+Buchard&fulltext=Search&searchengineselect=mediawiki


@ + Thierry



l'père Cantoche 26/10/2012 00:03


De l'escrime au Casino Marie Christine...


Mais oui, mais c'est bien sûr !


Cela me revient maintenant... mon Papa était très ami avec un Monsieur Georges Buchard avant et après la guerre, ils auraient 102 ans et 107 ans aujourd'hui s'ils étaient encore de notre Monde...
Monsieur Buchard a remporté plusieurs médailles aux Jeux Olympiques et a été plusieurs fois Champion du Monde en escrime entre 1924 et 1936... je me souviens très bien d'un grand tournoi
d'escrime au casino Marie Christine où il avait invité mes parents, mes deux frères et moi même... c'est comme si c'était hier mais ça devait être tout au début des années 50, j'avais tout au
plus 8/10ans, j'en ai 70 aujourd'hui... c'était sans doute une manifestation du Cercle d'Escrime Havrais car son fils, ami de mon frère ainé, était escrimeur et y participait, je me souviens
l'avoir vu escrimer, et la soirée s'était terminée fort tard dans la nuit chez mes parents autour d'une bonne coupe de Champagne... j'ai le souvenir d'un bon et beau géant, une force de la
nature... tout du moins, c'est sans doute ainsi que mes yeux d'enfant voyait le " potavrais " de mon Papa... et j'étais trés fier de leur amitié.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Buchard


 

DAN 26/10/2012 10:32



Bonjour l'père cantoche,
Excellente cette anecdote, voila qui plaira à Alexandre comme aux lecteurs.
Je savais qu'en faisant ce blog j'aurais des témoignages du temps passé, témoignages qui ne sont pas automatiquement consignés, mais ici, sans être gravés dans le marbre, il peuvent être diffusés
et enrichir la mémoire de ceux les lisent.
J'ai vu que tu a fais d'autres commentaire alors j'y cours !
@ + Thierry



B58 25/10/2012 19:08


Bonsoir, je pense que Otto Graf nous a fait une magnifique conclusion qui synthétise bien tous les éléments.


Je voudrai remercier tous ceux qui ont pris le temps de lire cet articles et ceux qui ont laissés des commentaires (ceux-ci m'ont donné de nombreux éléments pour me faire une idée de l'activité
qui régnait au casino).


Je voudrai aussi remercier Dan et Nicéphore sans qui tout cela n'aurait pas été possible. En effet, si j'ai entrepris mes recherches sur le casino c'est après avoir lu l'article de mai 2010 et
après avoir constaté dans les nombreux commentaires laissés l'attachement des havrais à leur casino.


Je termine en disant que même si le bâtiment a disparu, le casino reste "vivant" dans la mémoire et c'est là l'essentiel. De plus, le paradoxe est qu'il reste presque plus d'objets et de
meubles de l'intérieur que de photos de celui-ci, mais malgré tout cela permet de se donner une idée de l'ambiance. Pour preuve cette "grande" découverte, les restes d'une cabanes de plages
des bains Marie-Christine destinée à ranger le matériel.





@ Otto Graf, votre idée de faire du casino un centre d'exposition, de congrès est très séduisante. Mais cela était déjà le cas à l'époque, puisque de nombreuses personnes ou sociétés, ...
faisaient leurs banquets, réunions au casino. De nombreuses expositions, présentation de haute couture, ont pris places dans les salles du casino y compris des tournois sportifs tels que de
l'escrime, ... Enfin, le casino était aussi un lieu destiné à la culture entre le théâtre, le cinéma, la danse, le cabaret, ...


Pour exemple, dans un courrier de 1949, il est précisé :





@Dan, je me suis rendu aujourd'hui à la FNAC de Clermont pour commander ton livre et le vendeur m'a dit qu'il fallait attendre le 8 novembre. Je vais donc attendre avec imaptience et par la
suite, je monterai jusqu'au Havre où j'espère que l'auteur voudra bien me faire une petite dédicace


 

DAN 25/10/2012 19:44



Bonsoir Alexandre,
Il ne fait aucun doute que l'histoire du casino passionne beaucoup de Havrais. Tu as pu le constater avec les deux articles que "Havrais-dire" a publié sur ce sujet. Non seulement ces articles
ont plut, mais ils ont suscité un grand nombre de commentaires, alors peut être que j'y suis un peu pour quelque chose, mais c'est surtout toi et ta parfaite connaissance du dossier qui à permis
de faire ce "score" si j'ose dire.
Alors je te renouvelle mes remerciements pour ce travail accompli.
______________________________________________________________________________________


Pour mon livre, bien entendu je te le dédicacerai avec plaisir, surtout qu'il y a un article (page 7) consacré au casino au bas duquel est écrit ceci :
"récit tiré en grande partie des travaux d'Alexandre Boucher-Baudard, arrière petit-fils du dernier directeur du casino".Ce n'est pas bien
sûr le récit tiré de ce présent article, mais celui que j'avais publié en mai 2010, car ce livre a été en étude depuis un an, donc je ne pouvais pas reprendre certains éléments ici présents.

Bonne soirée Alexandre et à très bientôt j'espère !



otto graf 25/10/2012 14:48


Conclusion de tout ça ?


Le Casino n’était pas très beau, en tous cas ne plaisait pas à tt le monde
(c’est d’ailleurs un consensus diffcile).


Dommage qu’il ait été endommagé.


Il aurait pu être reconstruit.


Mais on l’a démoli, les raisons en sont discutables.


Mais c’est fait.


Et ce qui est à la place, n’est pas
« géniâââl ».


…………………


Alors…. p’t’êt ben qu’aujourd’hui, avec un bon entretien, et plus tard des
améliorations/innovations il rallierait un max de suffrages et figurerait comme une curiosité touristique utile (*) de l’avant-guerre. Dufayel y contribuant par ailleurs. Ce n’est pas si courant
en France….


C’est donc dommage, finalement !


Otto.


(*) utile dans le sens d’un témoignage d’architecture de fin- XIX ème S
(car c’est son style) pas dans le sens des jeux.


Cela pouvait constituer un magnifique lieu d’accueil d’expositions ou de
congrès (face mer, Nom d’une Pipe ! ce n’est pas rien).


Autre remarque : plus de 50 interventions sur le blog prouve l’intérêt
porté à la question !

DAN 25/10/2012 18:53



Bonsoir otto graf,
Chacun maintenant, au vu de ce dossier, peut se faire une idée plus précise des causes de la disparition du casino.
Etait-il beau ou pas je ne sais pas, car, personnellement, j'aurais préféré contempler cet édifice aujourd'hui plutôt que cette barre d'habitation.
De plus, si le bombardement de 1940 n'avait pas été aussi violent et destructeur, peut être qu'à la sortie de la guerre aurai-il fallut moins d'argent pour le restaurer, mais avec des
si....
Toujours est-il que  s'il était encore parmi nous il aurait bénéficié des techniques modernes de conservation du patrimoine construit.
Et votre conclusion est très juste concernant son "utilité'", cela aurait pu être un témoin de cette architecture du début XX siècle qui en vaut bien une autre.
Quant aux interventions des lecteurs le chiffres des commentaires parle de lui même !
Bonne soirée otto graf !



l'père Cantoche 25/10/2012 00:25


Cher Daniel, le lien qui nous est indiqué par Claude ne fonctionne pas...


Damned !... il y était question de ton livre...


Rien ballot !


Tu peux faire quelque chose, je sais que tu ne dors pas encore, montigars...


Bon, pi après, coucouche panier... que diantre !

DAN 25/10/2012 00:37



Bonjour l'père cantoche (ben oui vu l'heure)
Bon voici ce lien qui, en fait, mène sur le blog de Jean-Michel Harel.
http://lehavreblog.blogspot.fr/
En effet il y est question de mon livre qui vient tout juste de sortir, mais je ne suis pas encore certain qu'il soit en rayon, d'ailleurs je vais m'en assurer demain en allant à la Galerne.
En effet je ne dors pas mais après ce message je vais confier ma peau au drap !
Bonne nuit Thierry !



Sunsam 24/10/2012 23:36


woow Vous avez fait un très joli documentaire, exposé et et un bon reportage. Je suis Jeune, je n'ai pas vraiment connu Le Havre d'avant guerre.


Mon Papy et mes mamy n'arretent pas de répéter que c'est mieux avant, surtout d"avant guerre.


Quand j'ai vu les photos de votre blog, j'avoue que ils ont raison, c'est joli surtout coté plage et bassin. Le reste, pas vraiment. Enfin chacun a son gout.


J'ai lu votre blog depuis mai, et j'ai l'impression que les Havrais eux  même n'aiment pas leur ville. Enfin disons l'indifférence générale.... Des beaux monuments comme Marie Christine,
Caserne, etc...; Peu des havrais ont fait d'effort de sauvegarde, même le maire qui se fiche complétement le casino..... Donc les promoteurs immobiliers en profitent. C'est pour ca que je trouve
moche coté plage, aujourd'hui....


Pourquoi cet indifférence générale des Havrais ?


Bien sur, il y a des Havrais qui aiment et font tout pour le sauvegarder mais ils sont trop peu nombreux à mon gout.


Ce n'est pas à cause que ces jolis monuments sont réservé aux Parisiens ou quelque chose comme ca. Les Havrais ne réagissent pas par vengeance ? A propos le casion, mon papy me disait que c'est
souvent les Parisiens y viennent la pour jouer avant de partir pour USA par paquebot. Il n'a pas voulu me dire plus.


JE sais qu'il y a une guerre puis bombardement mais on peut faire des efforts pour sauvegarder et reconstruire. Le Casino peut entrer dans le plan Perret, il suffit d'avoir une petite volonté !


Je suis très étonné que le Maire se fiche complétement le sort de Casino...


Désolé si c'est trop long


Sunsam

DAN 25/10/2012 00:11



Bonsoir sunsam,
Les Havrais en effet ne sont pas tous réceptifs vis-à-vis de leur patrimoine, mais ça ne représente pas pas la majorité. Vous pourrez trouver ici beaucoup de témoignages de Havrais qui regrettent
la disparition de notre maigre patrimoine.
Mais c'est ainsi depuis la création de cette cité où démolitions et constructions alternent.
Parfois on essaie bien de sauvegarder ce patrimoine, mais c'est peine perdue car à chaque fois, on nous ressort presque les mêmes arguments à savoir que c'est trop vétuste, qu'il y a dans le bois
de la charpente la mérule, ce champignon qui pourrie tout, que ce n'est plus adapté aux normes de notre temps, et que sais-je encore, alors à force les Havrais se découragent et ne réagissent
plus devant les destructions.
Certes il y en a de nécessaires tout de même, mais ici les démolitions sont quasiment systématiques, ainsi cette chapelle des Franciscains rue Barrey, pourquoi la démolissent-ils ? Tout
simplement pour une question d'argent, et là quand on évoque cette question c'est la lutte du pot de terre contre le pot de fer !
Alors que faire ?
En tous cas, merci d'être passé par ici et à bientôt peur être ? 



B58 24/10/2012 22:07


Depuis dimanche, il est évoqué la vision que les havrais avait de la démolition du casino en 1960. Les articles de journaux qui suivent montrent parfaitement les différents points de vue. Grâce à
cela, on peut même arriver à connaître à peu près l'âge du journaliste.


Ainsi les articles ci-dessous proviennent du journal Le Havre Libre. Les auteurs comme on peut le ressentir au travers des lignes ont connu le casino avant guerre. On sent très bien la nostalgie
qu'ils en ont et la résignation à le voir disparaître.











L'article suivant vient du journal Le Havre et est décomposé en 2 parties, l'une racontant les évènements et l'autre, un historique du casino. Les 2 parties sont d'auteurs différents et cela se
ressent. La partie exposant les évènements est plus nuancée sur le casino, il n'y a pas vraiment de nostalgie, le casino est présenté comme un vieux bâtiment fatigué mais cela s'arrête là, ce qui
tranche avec la seconde partie. L'auteur de cette partie devait être plus jeune puisque le casino apparaît comme totalement hors d'âge et bon non pas à donné aux lions mais aux démolisseurs.





 





Ces différents articles exposent bien la vision nuancée que les havrais avaient à l'époque entre nostalgie pour les anciens, indifférence pour ceux de la tranche du milieu et pour les plus
jeunes, ce n'est qu'un témoin d'un temps passé qui doit laisser la place à la jeunesse et à la modernité.


Je sais Dan, tu me l'avais dis à plusieurs reprises que tu voulais savoir ce que les havrais avaient pensé de tous cela à l'époque. Je pense que toi et tes lecteurs, à travers ces quelques
articles auraient une vision complète de ces points de vue.


Et voilà, je pense maintenant que tous les éléments sur "la vraie fin du casino" sont maintenant sur le blog. Tout un chacun pourra désormais avec tous les éléments en main se faire une idée
de ce que fut réellement cette épopée du Marie-Christine à sa fin.


Demain, je terminerai avec un note un peu plus positive.


 

DAN 24/10/2012 23:24



Bonsoir Alexandre,
Ces articles de journaux ont un "parfum de modernité", car aujourd'hui c'est avec les mêmes mots que l'ont démoli à tour de bras. Dans ces articles aucun témoignage direct d'un Havrais, ce ne
sont que des récits de journalistes qui pensent traduire les sentiments des habitants de la ville.
Certes les anciens ayant connu le casino avant guerre le regrettent, mais rien n'est mis en action pour essayer de le sauver.
Aujourd'hui encore avec cet éternel "conflit des générations" la conclusion serait la même avec les tenants du conservatisme et les tenants de la modernité, comme si  ces derniers ne
pouvaient vivre en conservant ce qui fut le passé de leurs aïeux.
On pourrait fort bien faire du "moderne" tout en conservant l'ancien, j'ai tellement vu de villes en France et à l'étranger faire de cette manière, que je m'étonne toujours que ce soit bizarre de
l'évoquer pour le Havre.
En tous cas ces articles de journaux nous éclairent sur la façon de penser de cette époque, où tous les yeux étaient tournés vers un avenir "radieux".
Avec mes parents qui ont connu cette époque je sentais bien que le passé avait été détruit de leur mémoire par la guerre et les bombardements de 1944. Tout était fait pour oublier cette guerre et
ses désolations, et tout était fait pour le renouveau et la reconstruction.
Ceci, bien sûr, n'est que mon opinion, je laisse les lecteurs se faire la leur avec la lecture de ces coupures de presse.
E tous cas merci beaucoup Alexandre de ces documents offert à la lecture pour les lecteurs.
Je te souhaite une agréable fin de soirée !



Papy Scham 24/10/2012 20:00


BRAVO et applaudissements à l'occasion de la sortie de ton livre. Le couronnement d'un énorme travail. Souhaitons-lui grand succès (d'ailleurs, je n'en doute pas).


Bonne soirée.


Amitiés: papy Scham

DAN 24/10/2012 20:07



Bonsoir Papy Scham,
Merci ami lointain , j'espère aussi qu'il sera apprécié par les lecteurs, je ferai bientôt une
annonce ici sur ce blog, pour indiquer exactement le jour de sa sortie dans les librairies et son prix exact.
Dès demain d'ailleurs j'irai voir la librairie qui se propose d'organiser une séance de dédicace pour cet ouvrage, alors à partir de ce moment là, quand j'aurai toutes les informations elles
seront diffusées ici.
En attendant très bonne soirée et encore merci Papy Scham


 



B58 24/10/2012 12:31


Je termine, mon commentaire a été coupé.


Donc après le revers de mai, choix surprenant, Monsieur Baudard père décide de signer un compromis de vente avec le CRIC en juillet sans avoir de solution pour déplacer le casino. Par la suite,
il ve demander le renouvellement de son autorisation de jeu jusqu'en 1966. Cette demande est faite pour le seul immeuble du casino (cela posera de nombreuses difficultés pour le transfert en
juillet 1960). Au casino rien ne bouge. Le renouvellement est voté fin novembre 1959 ... en même temps que le projet du Ponant est adopté. Par la suite, la vente est signée en janvier et ce n'est
qu'en février, sur demande de la mairie que Monsieur Baudard père commence à monter un dossier de transfert de l'autorisation de jeu pour ... personne ne sait où. Pour la suite de l'histoire, il
n'en verra pas le bout puisqu'il décède fin février avant même d'avoir commencé le déménagement de ses meubles.

DAN 24/10/2012 13:05



Re bonjour Alexandre,
je pense que les lecteurs peuvent désormais, grâce à tous tes documents, se faire une idée plus précise des causes de la disparition du Casino.
Chacun pourra juger, au vu des pièces du dossier, ce qu'il en était exactement de l'état de casino tant au point de vue architectural que du point de vue administratif.
mon souhait serait que tu édites une plaquette ou un livre retraçant, point par point, cette fin du casino.
Il ne faudrait pas que cela reste seulement des documents dans tes dossiers, ni même les présentations ici sur ce blog. Il serait nécessaire d'éditer une plaquette ou un livre chez un éditeur
afin d'en garder un trace.
Je suis prêt, personnellement, à t'aider dans cette démarche si tu le souhaites.
En attendant je te souhaite bonne continuation dans cette recherche.
A bientôt Alexandre !



B58 24/10/2012 12:24


Pour répondre plus précisèment à la question de JMH qui me demandait le resenti de Monsieur Baudard père sur les évènements d'après guerre, le plus simple va être pour moi de reprendre différents
extraits de lettres écrites toutes au long de cette période et d'y ajouter quelques réponses pour resituer le tout. Ces quelques éléments montreront également que la municipalité havraise a eu un
comportement plutôt étrange durant ces années. Ce dossir peut paraître un peu long, mais se sont les documents les plus importants dans cette histoire qui permettent d'avoir les visions directes
des protagonistes. Dans un autres commentaire, je mettrai comme Dan l'a indiqué plusieurs fois, les articles sur la démolition avec le point de vue de la population à l'époque.


 


En premier lieu voici la lettre envoyée à MOnsieur Coty en 1946. Alors que le Havre est complètement en ruines, la municipalité esttrès favorable à une reconstruction rapide du casino.
L'explication est simple, la mairie comptait se refaire une santé financière avec les taxes sur les jeux.





Voici ensuite une notice explicative du casino.


Dans une lettre de 1949, le directeur du casino explique la reconstruction du Marie-Christine et les problèmes déjà présents au niveau des dommages de guerre pour les 2 premières tranches.





Voici une lettre de 1955 pour la justification de l'effort artistique du casino. En effet, tout casino doit ou en tout cas devait justifier d'un effort artistique au ministère de la culture. Pour
le Marie-Christine, plus le temps passait plus le ministère grinçait des dents car 10 ans après la reprise de l'activité, cet effort était quasiment inexistant en raison de la destruction du
théâtre. Dans cette lettre, on voit encore tout l'espoir de terminer la reconstruction.





Voici ensuite une réponse de la mairie du Havre à la mairie de Menton qui recherchait un casino de même ampleur que le sien pour comparer l'effort artistique.





Petite vue de l'opinion publique sur le casino en 1956.





En 1957, un candidat se présente à la mairie du Havre pour prendre la direction de l'établissement pensant que celui-ci est municipal. Preuve que le casino n'allait pas si mal après guerre.





 


Au cours de l'année 1957, des travaux sont entrepris, le cabaret prévu avant 1955 est réalisé dans l'aile nord à la place de l'ancien restaurant, il portera le nom « le Régent » comme
celui réalisé à Étretat l'année précédente. Le coût de l'opération est de 2.161.926 Frs, financés par un compte spécial autorisé pour les casinos destinés à mettre en réserve les recettes
supplémentaires pour financer une amélioration et un embellissement des équipements touristiques (de 1955 à 1957 : le Marie-Christine avait ainsi mis en réserve 1.052.207 Frs dont le but initial
était de financer le nouveau casino). Le 3 février 1958, la mairie du Havre envoie une lettre à la direction du casino pour l'informer de son désaccord sur la création du cabaret. En effet,
l'utilisation des fonds en réserve devait être soumise à un vote du conseil municipal et à une modification du cahier des charges du casino. En l'espèce, l'accord n'a pas été demandé du fait que
le projet de cabaret ait été prévu avant le 3 avril 1955, date de la loi créant la réserve des recettes supplémentaires. La mairie va alors dire que le projet de cabaret ne peut être considéré
comme travaux d'investissement et donc ne peut bénéficier du financement du fond spécial. Le maire conseille alors ua directeur de demander une autorisation spéciale au préfet pour faire mettre
en réserve la somme de 1.052.207 Frs. Le directeur s'exécute est demande la mise en réserve pour la création d'un nouveau casino. Le 7 mars, la mairie envoie une lettre aux architectes chargés
des plans du futur casino pour leur dire que la municipalité a accueilli favorablement la mise en réserve des fonds pour le futur casino.


Voici ensuite une lettre adressée à la mairie en 1957, on y voit toujours la volonté de reconstruire le hall et le théâtre puisqu'il est utilisé le terme "pas encore reconstruit", ce qui implique
qu'ils le seront.





Voici ce que disait la mairie à propos du casino en 1957. Elle met en avant le nouveau projet de casino et en reprenant les propos du directeur dit que le casino actuel n'est plus adapté. Cette
version restera la justification donnée pour la démolition. Or ce qu'il manque c'est que le casino certes n'est plus adapté à la clientèle mais en raison de l'absence de la salle de spectacle de
900 places. D'ailleurs dans un commentaire précédent, j'ai démontré que si le casino avait été si inadapté, le nouveau projet tout comme celui d'Etretat n'aurait pas repris le modèle du
Marie-Christine.





Voici l'historique du projet de construction du nouveau casino, on voit très bien que le projet a été débuté à partir de mi 1956 alors que le dossier des dommages de guerre du casino était depuis
un an dans les couloirs de l'administration. Une explication du lancement de ce projet semble être la pression que le ministère de la culture faisait peser sur le casino pour retrouver une
activité artistique digne de ce nom. On peut voir également que la mairie tant emballée par le projet dans ses lettres, ... n'a en réalité pas fait beaucoup d'efforts. Le plus marquant est que la
première réunion a lieu en octobre et dès cette date pourtant en 1956, les journaux annonçaient déjà la démolition du casino ??





Suit la réponse de la mairie en mai 1959. Ce qui est troublant est que le projet n'est pas réalisable alors que la mairie savait dès le début que cela ne pouvait aboutir.





Après tout va très vite, le compromis de vente est signé avec le CRIC en juillet 1959. L'un des documents les plus marquants est celui qui suit. Une fois le compromis signé, le CRIC se dépêche de
l'envoyer à la mairie. Le plus marquant est cette phrase qui pourrait passer inaperçue : "Espérant que cette pièce vous fournira tous apaisements en ce qui concerne les craintes". La question est
donc qu'elles sont les craintes que pouvait avoir la mairie et qui la facent tant trembler ? Une clause soumettant la vente de l'actuel casino à la reconsruction d'un nouveau était-elle si
terrifiante ? A chacun de juger.





Par la suite, le CRIC va mettre une pression terrible à la ville pour qu'elle adopte le projet du Ponant avant la date butoir du compromis de peur qu'une fois celui-ci caduque, elle n'arrive pas
à faire resigner Monsieur Baudard père.


Ce dernier pour sa part et selon moi a agi d'une façon assez particulière après la réponse de la mairie en 1959. Il donne l'impression d'un capitaine qui n'ayant plus d'autre choix, prend
l'ultime décision de se jeter sur les récifs. En effet, après le revers qu'il a connu en mai, il ne faut pas oublié qu'il

DAN 24/10/2012 12:55



Bonjour Alexandre,
Je te réponds plus complètement dans le commentaire suivant /...



Claude 23/10/2012 23:10


C'est encore moi, si je reviens ici "Dan" c'est que je viens d'apprendre "LA" nouvelle de l'année....tu sais bien sûr de quoi je veux parler...de
l'aboutissement de ton projet....bravo et félicitations. 


L'information nous est venue de JMH ( tu le sais )....et j'ose espérer que tu ne m'en voudras pas de la répercuter ici :


 


http://lehavreblog.blogspot.fr/2012/10/livre-de-daniel-hate-le-havre-100-ans.html


Bonne soirée et à bientôt .

DAN 23/10/2012 23:21



Non non l'ami, comment pourrais-je t'en vouloir, de plus l'éditeur ne sera pas mécontent de voir cette "promo", moi non plus d'ailleurs. Je vais faire quand même un billet dimanche prochain la
dessus histoire de couvrir "l'évènement", en tous cas les nouvelles vont vite non de d'la...
Bonne nuit les amis !



Claude 23/10/2012 21:39


Belle coopération pour cet excellent sujet....qui s'enrichit de jour en jour..voire d'heure en heure grâce aux nombreux documents inédits d'Alexandre (alias
B58).


Merci à lui.

DAN 23/10/2012 22:37



Bonsoir Claude,
Alexandre lit tous les commentaires et je pense qu'il doit être satisfait de voir que son travail est apprécié, car cela a été un gros travail bien qu'il s'en défende, mais pour avoir eu le
dossier en main je peux t'assurer que ce n'est pas facile de s'y retrouver.
Bonne fin de soirée les amis !



B58 23/10/2012 14:05


Bonjour à tous,comme promis notamment à un havrais, aujourd'hui, je vous offre une petite promenade dans le casino.


 Tout d'abord, voici une description en détail du bâtiment qui avec les plans déjà en ligne permettra de situer les photographies.











Tout d'abord, après avoir franchi l'entrée principale donnant sur le Boulevard, il fallait monter le grand escalier qui donnait sur la terrasse.





Une fois la porte d'entrée franchie, on arrivait dans la grande galerie longue de 50m où en 1937, un grand banquet pour le ministre du travail avait été dressé.





(Source : AMH)


Dans le prolongement de la galerie, arrivait le grand hall avec son escalier monumental.





(source : Les Havrais et la mer, Jean Legoy)


A gauche du hall, se trouvait la salle de spectacle.





(Source : Bibliothèque Armand Salacrou)


A droit du hall, on arrivait dans la grand salle des fêtes.





(Source : AMH)


Dans l'immédiate après guerre, des toiles de fonds du théâtre sont fixées au mur le temps que la peinture soit refaite.








Dans les années 1950, tout comme avant guerre, des bals pour les enfants, ... sont organisés.





Dans le fonds de la photo précédente, on aperçoit la salle de bal.











Photographie d'une partie des employés posant dans la salle de bal avant guerre.





Derrière la salle de bal se trouvait le bureau de la direction et encore derrière, la petite salle de jeu.





(source : Le Havre 1940-1944, 5 années d'occupation en images, JP Dubosq)


Enfin, voici un petit coin de la salle de baccarat, anciennement salon de lecture.



DAN 23/10/2012 14:54



Bonjour Alexandre,
Nous voila comblé avec tous ces documents, photos et texte, un inventaire qui donnera une meilleurs idée de ce que fut ce casino et de ses dépendances.
Merci Alexandre et bonne journée  !



Caroline.K 23/10/2012 11:44


Cher Dan,


J'ai pu faire une longue, longue promenade culturelle sur ton blog, merci. Il me semblait bien avoir déjà entendu parler de ce casino ici même et c'est agréable d'avoir une suite aussi
documentée, là c'est complet. Et alors les commentaires se sont surpassés ou alors j'ai vraiment perdu l'habitude d'une telle qualité. Je ne regrette pas mon retour sur la toile. Merci de ne pas
m'avoir oublié. C'est un plaisir de te lire chez moi, je te sais très occupée, alors j'en suis d'autant plus heureuse.


bien amicalement


CaroLINE

DAN 23/10/2012 12:30



Bonjour CaroLINE,
En effet je suis très occupé, c'est bien connu les retraités sont toujours "débordés" mais moi c'est à cause du livre que je vais bientôt faire paraître, alors entre mon blog, mon livre, mes amis
et leur blog,  et la famille je ne te raconte pas ce qui me reste du point de vue temps, mais je suis très content d’être comme ça !
Bonne journée CaroLINE !



B58 22/10/2012 21:56


Il reste encore quelques documents sur la fin du casino à dévoiler, mais pour finir ce soir, je ne résiste pas à lever le voile sur le dernier reportage photos du casino, celui de sa fin.
























DAN 22/10/2012 22:52



Les photos de cette fin sont très représentatives, je m'en suis servi, en partie, pour illustrer l'article, merci de les avoir toutes publiées ici.
Bonne fin de soirée Alexandre !



B58 22/10/2012 20:38


@Otto Graf, et oui, les nivernais ont envahis la France sans faire de bruit, moi même pendant mes études à Clermont je découvre de nouveaux nivernais presque tous les jours. Seul, parait il notre
accent marqué par le terroir nous distingue ...


 


Voilà quelques articles datant de 1946, montrant alors la volonté de reconstruire rapidement le casino et les divers projets qui devaient accompagner le tout. L'article "le casino MC se
reconstruit" apporte d'ailleurs de très intéressantes informations sur ce qu'était le casino avant guerre, les dommages causés par la guerre et le projet de reconstruction des bains.


Dans un interview, mon Baudard père interrogé sur les dommages du casino déclare que ceux-ci selon lui ne dépassent pas 40%, « les salles de boule et de baccara, le café qui borde la
rue Guy-de-Maupassant, les petits et moyens dancings, les appartements et les sous-sols sont en état ou n'ont que peu souffert et leur réfection est donc relativement facile. Même la façade est,
elle aussi, facilement réparable. Ce n'est qu'une question de menuiserie, de vitrerie ou d'autres matériaux. Si l'autorisation que j'ai sollicitée m'est accordée, je puis moi-même faire
entreprendre les travaux et redonner en peu de temps, au casino du Havre, son prestige d'autrefois ».






DAN 22/10/2012 22:48



Bonsoir Alexandre,
Les coupures de presse de l'après-guerre ont une teneur complètement différente de celles des années 60, autant après guerre on accueillait cette reconstruction avec ferveur, autant dans les
années 60 avec dédain !
Bonne fin de soirée Alexandre.



otto graf 22/10/2012 19:43


Bonsoir B58.


Désolé d’intéresser les lecteurs du blog à l’immigration nivernaise en Normandie au cours des siècles.


Je peux vous dire qu’il y a des nivernais de l’arrondissement de Cosne au Havre (ou des descendants d’immigrés : on les reconnaît
à leurs sabots de bois). Mon père arrivant au H en 1924 y a retrouvé un vieux cousin éloigné qui habitait du côté de la Bourse. Signe caractéristique : le bonhomme, célibataire,
collectionnait les paires de chaussures. Il en avait partout dans son appart’. C’est un truc qu’on n’oublie pas ! J'ignore son destin....


On m’a indiqué aussi d’autres immigrés nivernais, plus tard.


Avant guerre, L.H. était une des plus grandes villes de France ayant besoin de main d’œuvre, mais les nivernais ont surtout peuplé
Paris.


.


Otto.

DAN 22/10/2012 19:50



Bonsoir Otto graf,
Ne soyez pas désolé pour ce commentaire, un article, tel celui-ci, permet à la fois de connaitre un fait d'histoire, mais également de mieux connaitre ceux qui les rédigent.
Alors je ne me fais pas plus long et laisse la parole à Alexandre, car du point de vue immigration des Nivernais au Havre, là je dois bien avouer mon incompétence, mais je note quand même au
passage qu'elle a eut lieu, et, comme on dit, c'est toujours bon a savoir !
Bonne soirée Otto graf !



UnHavrais 22/10/2012 18:48


Bonjour, 


Je me permets de remettre un com, parce que vraiment, ce que cette article apporte est franchement assez extraordinaire je trouve ! 


Merci B58 (ou Alexandre :D), c'est vraiment super généreux de nous donner toutes ces informations aujourd'hui sur ce Casino ! 


Moi qui voulais devenir "Historien du Havre" quand j'étais petit, je suis comblé(même si je ne perds pas espoir pour le devenir un jour ;) ) !


Un grand merci à B58 et Dan donc, mais aussi à tous les participants ! :)

DAN 22/10/2012 19:41



Bonsoir UnHavrais,
Mettre un com ici est plus que permis il permet de faire la relation entre un auteur (Alexandre)
et un lecteur toi.
Moi je ne voulais pas devenir spécialement historien, je ne le suis toujours pas d'ailleurs, mais je voulais faire connaitre un aspect du Havre du point de vue architecture sans que ça lasse les
lecteurs, je voulais aussi faire la relation le Havre d'antan avec le Havre d'aujourd'hui grâce à mes cartes postales c'est mon "fond de commerce" comme on dit.
Et merci à toi de venir ici pour apprécier mon travail.
B-58  ou Alexandre c'est du pareil au même
Bonne soirée UnHavrais



Papy Scham 22/10/2012 18:22


Waouhhh ! Géant cet article avec toutes ces illustrations et les réactions qu'il suscite. Et surtout aussi grâce à M. Alexandre qui, je pense, a fait avencer le schmilblick sur ce casino. Je
crois que tu as été comblé. Félicitations et bravo à tous.


Bonne soirée et bonne semaine.


Amitiés: papy Scham

DAN 22/10/2012 19:32



Bonsoir Papy Scham,
C'est à Alexandre que revient tout le mérite de cet article, Nicéphore et moi n'avons que fait sa mise en page, et sans Alexandre il n'y aurait rien alors merci à lui.
En effet cette "affaire" du casino est assez complexe, et ses explications sont les bienvenues pour comprendre la fin de cet établissement.
Sinon tu as raison je suis comblé à la fois parce que j'aime donner la parole à ceux qui témoignent de l'histoire du havre et content aussi des réactions que suscite cet article permettant par la
même de faire vivre ce blog.
Bonne soirée Papy Scham !



louis 22/10/2012 17:32


Sacré travail ! Et tous ces com's intelligents ça med tourne la tête.


Alors vous preferez Partouche aux logements sociaux ? J'avais bien raison de me mefier de vous, les Havrais

DAN 22/10/2012 19:27



Tiens donc, ça te tourne la tête ! fais gaffe alors de ne pas tomber quand même
Logements sociaux, Logements sociaux, comme tu y vas toi, crois moi le prix d'un loyer ou l'achat d'un tel appartement te mettrait à l'abri du besoin pendant un certain temps crois moi,  

Sinon si tu viens au Havre ne crie pas trop fort dans les rues ta dernière phrase, on ne sait jamais ! 


Bon aller je te pardonne, bonne soirée Louis !



B58 22/10/2012 14:40


Voici un petit avant après.


En premier le plan du casino avant guerre :





Et après guerre (Plan de Henri Daigue) :





Voici ensuite un avant après avec des documents issus du cabinet Daigue (sources : AMH)

















Enfin, voici un document qui prouve que le Ponant était prévu de longue date à l'emplacement du casino. Aux archives municipales, personne ne sait d'où sort ce document mais on peut le dater de
1956, 1957. L'immeuble à côté du casino a été rajouté au crayon et la villa Mon Désir vient d'être vendue. Et là, que voit on, le Ponant dessiné à l'emplacement du casino ??? La messe était dite.



DAN 22/10/2012 19:20



Merci Alexandre,
Voila des documents qui éclaireront d'une manière encore plus précise cet article. (ça "cartonne les com )
Bonne soirée et à bientôt 



haspot 22/10/2012 14:09


salut Daniel, quelle chance nous avons de pouvoir lire grâce a toi des commentaires émis par des gens qui ont connus de près et même de très près les évènements .


en ce qui concerne l'architecture de nos casinos , il n'y a effectivement pas photo entre le Pasino et le casino de Deauville , lieu qui nous transporte dans un autre monde que celui de
la modernité .


Merci daniel

DAN 22/10/2012 19:16



Bonsoir Marc.
Nous sommes de la même génération alors forcément nous avons des goûts communs, mais hormis ça je pense aussi que les architectures d'antan étaient plus agréables à regarder, mais c'est quand
même dommage que notre casino ait disparu au nom du profit, mais c'est comme ça hélas.
Bonne soirée Marc et merci de ta visite !



otto graf 22/10/2012 13:50


C'est simple, Dan. Restez là où vous êtes et continuez à nous révéler l'histoire officielle et secrète du Havre, comme vous le faites si bien.


Otto.

DAN 22/10/2012 15:54



Ok Otto graf, pas de problème j'essaierai le plus longtemps possible de faire ce blog, en tous cas merci beaucoup pour toutes vos visites et commentaires déposés ici, car, finalement c'est mon
seul ""salaire"" pour le travail fait ici !
Encore merci et bonne fin de journée Otto graf !



B58 22/10/2012 12:48


@Boboce, je suis entièrement d'accord avec vous, je pense que c'est l'une sinon là raison qui a poussé à bloquer le dossier des dommages de guerre. Je vais tenter de retrouver l'endroit où se
trouve les dossiers de dommages de guerre (peut être Paris ou Rouen) qui sait, il y a peut être des lettres, ... qui permettront d'éclairer la situation et dans le pire des cas, il y a tous les
plans de la reconstruction du casino et de ses possibles successeurs. La question sera alors de savoir si la municipalité a influencé ou non la décision en 1955 du ministère de la reconstruction
car après cette date, ses agissements sont plutôt clairs et en défaveur du casino.


 


@JMH, Pierre Courant a été d'une aide précieuse dans les premières années de reconstruction du casino et il a d'ailleurs vanté à plusieurs reprises le travail entrepris, mais une fois parti à
Paris au ministère, il n'a sans doute pas pu faire ce qu'il voulait ou alors c'est la mairie du Havre qui a pu avoir un point d'appui pour son projet. La seule chose que je sais à propos de
Pierre Courant et qui a peut être entraîné la démolition du casino indirectement est le fait qu'il a fait fait voter une loi facilitant la construction de logements aussi bien au niveau foncier
que financier. Pour le Havre, c'est une loi qui va dans le bon sens, sauf pour le casino. En ce qui concerne Coty, il était un habitué du casino avant guerre (il occupait les places 23 et 25 du
théâtre). Son aide a été requise alors qu'il était député mais malheureusement, je n'ai pas la réponse de ses lettres donc je ne peux rien dire sur son implication. Pour ce qui est de la période
où il a été président, je pense par contre que la reconstruction du casino du Havre était le cadet de ses soucis et qu'au niveau national et international, il avait assez de problèmes.


Pour ce qui est de l'influence d'un potentiel concurrent, même si c'est une piste qui aurait pu être possible, je ne pense pas malgré tout que se soit le cas. Pendant 6 ans, les projets de
casinos vont fleurir après la démolition du casino mais c'est le problème de financement qui interrompra à chaque fois ces initiatives.


Pour ce qui est de l'avis de mon arrière grand père sur la fin du casino, je suis bien embêté car ce dernier est décédé en 1960 un mois après avoir vendu le casino et je n'ai même pas connu mon
grand père décédé en 1984, donc je ne peux que faire des suppositions en connaissant son caractère et sa manière de faire. Je peux juste dire qu'il était très entreprenant puisque dès 1945, il
avait de très nombreux projets rendre le casino attractif comme il ne l'a jamais été. Une chose qui l'a peut être perdu et qu'il voulait se débrouiller par lui même. Une société normale aurait
d'une part attendu le feu vert de l'état, aurait peut être emprunté un peu et surtout aurait augmenté son capital avec des nouveaux associés. Or monsieur Baudard père et c'est son habitude a
voulu tout faire par lui même. (Pour les tennis d'Étretat, il va les faire reconstruire et remettre en état mais il ne fera même pas appel à des architectes, il fera les plans lui même). Je
mettrai d'ici à mercredi des articles où l'on voit sa ténacité et sa volonté sans faille. Étant un homme intelligent, à partir de 1954, il a compris que les choses s'annonçaient mal et avant même
de déposer les dossiers, il prend des dispositions pour que les casinos soient vendus s'il lui arrivait malheur. L'adoption du projet d'Étretat et le fait que celui du Havre traîne dans les
couloirs de l'administration a dû être un coup dur pour lui. Il a compris alors que terminer la reconstruction du casino du Havre serait très difficile. Mais même au pied du mur, il ne s'est pas
laissé démonté et bien qu'il ait mené un projet à bien de nouveau casino pour assurer ses arrières, il a jusqu'à la fin tenté de reconstruire le casino par ses propres moyens.


Pour l'année 1959, en mai, il apprend que le projet de secours est impossible à réaliser et que la mairie le savait depuis le début, ce qui doit être un choc. Il avait alors 74 ans. A cet âge, la
combativité n'est pas la même qu'à 20 ans. Au mois de juillet lorsqu'il signe le compromis de vente, je pense qu'il commençait toute simplement à mettre en ordre ses affaires et arrivera ce qu'il
arrivera. En janvier 1960, sans local de substitution, il dit même dans la presse vouloir aménager le casino dans une cabane en bois sur un terrain vague, je pense que cela montre bien là, où on
en était arrivé. La suite montrera qu'il avait raison puisque le casino est vendu début janvier et il décède le 25 février.


 


@Otto Graf, Donzy, toute une histoire, moi je suis de Cosne sur Loire. « Havrais Dire », il n'y jamais eu de nivernais au Havre mais plutôt des havrais dans la Nièvre. En effet, la
ferme que nous exploitons aujourd'hui a été acquise par le plus grand des hasards. Mon grand père est venu s'y cacher pendant la guerre pour échapper au STO et à cause du fait qu'il avait fait
quelques actions contre l'occupant en Normandie. Après guerre, mon arrière grand père (dont la grande passion était l'agriculture) a placé ses deux fils à la tête d'une exploitation. Mon grand
père connaissant celle de Cosne en a pris la direction sous la tutelle de son père. Après la disparition du casino, il s'est retiré à Cosne. Pour la petite histoire, les seules choses que mon
grand père a gardées en Normandie ont été expropriées par les différentes communes et à Cosne, depuis 1960, nous sommes régulièrement expropriés (encore aujourd'hui) pour développer la zone
d'activité. Quand on n'a pas de chance, on n'a pas de chance. D'ailleurs pousser par l'expansion urbaine, nous exploitons des terres d'Alligny, en passant par Donzy (la Grande Brosse) pour aller
jusqu'au centre géophysique de Garchy (peut être tous ces noms vous parleront).

DAN 22/10/2012 13:01



Eh bien voila qui est dit, merci Alexandre ! les lecteurs apprécieront ! 



otto graf 22/10/2012 12:31


Eh bien ! Monsieur B58 qui me parlez d'une origine nivernaise je peux vous dire qu'une large partie de ma famille est aussi d'origine nivernaise (canton de Donzy).


Il y avait quelques nivernais, au Havre. Y en a-t-il encore ?


J'ajoute : je suis surpris, dans le meilleur sens du mot, de l'intérêt et des commentaires suscités par cette question du CASINO sur ce remarquable blog.


Otto.

DAN 22/10/2012 12:51



Bonjour Otto Graf,
voila donc deux Nivernais réunis par La Havre et par mon blog ! Personnellement je ne sais pas s'il y a d'autres Nivernais dans le Havre, si oui nos colonnes leurs sont ouverte.
Quant au remarquable blog alors là je ne sais plus où me mettre !
Bonne journée Otto graf !



l'père Cantoche 22/10/2012 12:06


Merci B58 pour votre extraordinaire document qui me permet de matérialiser encore mieux la vision que j'ai encore aujourd'hui lorsque je descend la rue Guy de Maupassant pour rejoindre le
Boulevard Maritime.... et comme disait Pierre Dac :


--- Et c'est en couleur


Je suis passionné par la lecture de tous ces comms sur ton blog, mon Ami Daniel...


Tu fais pêter l'Audimat !

DAN 22/10/2012 12:47



Salut l'père cantoche,
T'as raison "l'audimat" est en train de "péter", rares sont les articles suscitant autant de questions, heureusement Alexandre est là pour y répondre sinon je serais quand même quelque peu
"débordé" si je devais rechercher les réponses dans mes archives où aux archives du Havre.
Alors étant retraité et "déjà" débordé....la cause est entendue
Bonne journée Thierry  !  



B58 22/10/2012 11:48


Je profite de la tribune que m'offre Dan pour faire un appel à témoin. Toutes les précisions que vous pouvez m'apporter sur la vie à l'intérieur du casino, les bals, les fêtes pour les enfants,
l'ameublement, ... sont les bienvenus. Par exemple, certaines personnes m'ont raconté que la salle de théâtre provisoire leur donnait l'impression d'être dans une cathédrale. Ces détails, aussi
petits soient ils, sont très importants pour moi qui tente de retracer d'une part, l'histoire du casino mais aussi de la vie et de l'activité qui y régnait. Ces détails peuvent aussi être utiles
pour mon modèle 3D.


Par exemple, pour ceux ayant été à des arbres de noël au casino, y avait-il un grand sapin d'installer et si oui dans quelle pièce ?


De même une autre petite question qui me taraude et celle d'un objet en particulier. En effet, car si tous les meubles du casino était des meubles de style (c'était une grande particularité du
casino), voici celui qui me pose des questions.








En effet, je suis loin d'avoir connu le casino, mais depuis tout petit ce lion qui se trouvait à la maison me faisait peur, or j'ai découvert plus tard, qu'il provenait du casino. Parmi les
enfants qui venaient au casino quelqun se souvient-il de ce lion (qui peut être marquant pour un enfant) et si oui, est ce qu'il lui a fait peur autant qu'à moi ?


 


Je reste à l'écoute de toutes vos histoires et ne manquerait pas de vous répondre et de mettre en ligne de nombreux autres documents.

DAN 22/10/2012 12:43



Vas-y Alexandre, tu va avoir du travail car le casino suscite beaucoup d'interrogations comme celle de Jean-Michel, interrogations mais aussi intérêt comme tu peux le constater dans les
commentaires, alors je te laisse la parole.
A bientôt Alexandre !